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En quarante ans, 88 % des grands animaux d’eau douce ont disparu

Un crocodile d'eau douce australien.
Un crocodile d'eau douce australien. David J. Stang / Wikimedia Commons

Entre 1970 et 2012, la faune des lacs et des rivières a chuté de manière drastique, selon une étude publiée le 8 août par Global Change Biology. Les auteurs pointent la responsabilité de la surpêche et de la surexploitation.

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"Sixième extinction de masse." Depuis le début de l’année 2019, cette expression revient régulièrement dans les écrits de scientifiques pour dénoncer l’accélération du taux d’extinction d’espèces animales et végétales. Et la faune occupant les eaux douces n’est pas en reste. Selon une étude publiée le 8 août par le journal Global Change Biology, certaines espèces présentes dans les lacs et les rivières ont décliné de 88 % en l'espace de quarante ans.

Bien que les rivières et les lacs ne couvrent que 1 % de la surface terrestre, ils sont les berceaux de plus d’un tiers des espèces vertébrées du globe et de la moitié des poissons. Une étude menée sur une partie de la faune d’eau douce, à savoir les espèces dont le poids est supérieur ou égal à 30 kilos, démontre qu’à l’instar de leurs congénères maritimes, celles-ci sont menacées.

La surpêche et la surexploitation mises en cause

Une équipe de scientifiques s’est donc penchée sur le sort de 126 espèces de grands animaux d’eau douce pour une période allant de 1970 à 2012. Si en moyenne la faune a décliné de 88 % dans le monde, c’est dans l’écozone indomalaise (Inde et Sud-Est asiatique) que ces populations aquatiques sont les plus menacées (-99 %), ainsi que dans le Paléarctique, recouvrant l'Europe, l'Asie et le Nord de l'Afrique (-97 %).

Les premières victimes sont les poissons, comme les esturgeons ou les poissons-chats géants (-94 %), suivis des reptiles, comme les crocodiles, tortues et serpents aquatiques (-72 %). "Les résultats sont alarmants et confirment la crainte des scientifiques impliqués dans l’étude et la protection de la biodiversité en eau douce", explique dans un communiqué Sonja Jähnig, l’une des auteures de l’étude.

Deux raisons sont avancées par les scientifiques pour expliquer le phénomène : la surpêche et la surexploitation de ces étendues d’eau. Fengzhi He, écologue et auteur de l’étude, explique que "malgré une fragmentation des rivières du monde entier déjà très forte, 3 700 barrages sont en prévision ou en construction […], dont plus de 800 dans des zones de grande diversité de la faune d’eau douce comme l'Amazonie, le Congo, le Mékong et le Gange".

Bien que 34 espèces d’eau douce soient présentes sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature, elles sont moins étudiées que celles de la faune terrestre ou marine, et donc moins protégées. Malgré tout, des mesures de conservation efficaces commencent à être mises en place. Treize espèces – dont le castor américain ou l’esturgeon vert – se sont stabilisées ou ont augmenté aux États-Unis, et le nombre de dauphins de l’Irrawaddy présents dans le bassin du Mékong a progressé pour la première fois en vingt ans. Une bonne nouvelle pour cette région asiatique, où d’autres animaux aquatiques comme le poisson-chat géant du Mékong et l’aaptosyax grypus ont quasiment disparu.

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