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Supercoupe d'Europe : l'arbitre française Stéphanie Frappart entre dans l'Histoire

Stéphanie Frappart a commencé à se faire une place chez les hommes en Ligue 2, où elle a débuté en 2014.
Stéphanie Frappart a commencé à se faire une place chez les hommes en Ligue 2, où elle a débuté en 2014. Franck Fife, AFP

La Française Stéphanie Frappart va devenir la première femme arbitre d'une rencontre masculine majeure. Mercredi, elle sera au sifflet lors du match de Supercoupe d'Europe entre Liverpool et Chelsea.

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La Supercoupe d’Europe, qui voit s’affronter le vainqueur de la Ligue des Champions à celui de l’Europa League, opposera, mercredi 14 août, Liverpool à Chelsea. Dans ce choc 100 % anglais, les regards seront braqués sur les stars Mohamed Salah pour les Reds ou Olivier Giroud pour les Blues, mais aussi sur l’arbitre : Stéphanie Frappart. Pour la première fois, une rencontre masculine majeure de football sera dirigée par une femme.

"Nous devons prouver physiquement, techniquement et tactiquement que nous sommes les mêmes que les hommes. Je n'ai pas peur de ça. Rien ne change pour moi", a déclaré la Française à la veille de cette rencontre qui se déroulera à Istanbul.

"Les décisions et les règles sont les mêmes"

À 35 ans, Stéphanie Frappart a déjà une longue carrière derrière elle. Depuis quelques années, elle a pris l’habitude de faire voler en éclats toutes les barrières. Depuis ses débuts en Ligue 2, en 2014, elle a réussi à se faire une place, en éclaireuse, dans le milieu du foot. En avril dernier, après cinq saisons en deuxième division, elle est devenue la première femme à diriger un match de Ligue 1, un match nul entre Amiens et Strasbourg (0-0) puis Nice-Nantes (1-1) en mai.

Le 7 juillet, devant des millions de téléspectateurs, Stéphanie Frappart a aussi officié lors de la finale du Mondial féminin à Lyon entre les États-Unis et les Pays-Bas. "Cela fait plusieurs années déjà que Stéphanie Frappart prouve qu'elle est l'une des meilleures femmes arbitres non seulement sur la scène européenne mais aussi à l'échelle mondiale", a ainsi estimé Roberto Rosetti, responsable en chef de l'arbitrage de l'UEFA.

"Elle est capable de diriger des rencontres de très haut niveau, comme elle l'a prouvé lors de la finale de la Coupe du monde féminine cette année. J'espère que ce match à Istanbul lui apportera encore plus d'expérience, alors qu'elle est au sommet de sa carrière arbitrale", a-t-il ajouté lors de l’annonce de sa désignation pour la Supercoupe d’Europe.

En plein match, les joueurs l’appellent parfois par habitude "Monsieur l’arbitre". Pour Stéphanie Frappart, cela montre qu’elle se fond dans le décor. Pour elle, homme ou femme derrière le sifflet, il n’y a pas de différence. "Les décisions et les règles sont les mêmes. Je fais les mêmes tests physiques que les garçons. Les joueurs ne vont pas moins vite sur un terrain [lorsqu'ils sont arbitrés par une femme] donc les exigences ne sont pas moindres", avait-elle expliqué dans un entretien accordé au Parisien.

"Il y a un peu plus de respect pour une femme"

L’arbitre, originaire de banlieue parisienne, a pourtant déjà expérimenté le machisme. Mais la plupart du temps, il venait des tribunes. Sur la pelouse, elle était protégée de la violence verbale, contrairement à ses parents qui l’ont souvent enduré à sa place, comme elle l'avait raconté à l'Equipe :"Quand on est sur le terrain, on est dans sa bulle, on n'entend pas. Mais ce n'est pas toujours facile d'être au bord du terrain et d'entendre des mots sur son propre enfant".

Plus récemment, en 2015, elle avait dû faire face au dérapage sexiste de l’entraîneur de Valenciennes David Le Frapper. Alors qu’il estimait que son équipe aurait dû bénéficier d’un pénalty contre Laval,  il avait déclaré à l’issue du match nul (0-0) : "Concernant le penalty, il était bien là mais l'arbitre ne l'a pas vu, elle faisait du patinage peut-être. Quand on est une femme et qu'on vient arbitrer un sport d'hommes, c'est compliqué". Le technicien s’était ensuite excusé auprès de Stéphanie Frappart qui n’avait pas souhaité réagir à ces propos.

L’arbitre sait s’imposer sur et en dehors du terrain. Elle pense même que son statut peut être un avantage : "Je pense qu'il y a un peu plus de respect pour une femme. Dans la virulence des mots, il y a peut-être une barrière qui fait qu'on touche moins à une femme ou qu'on s'adresse à elle de manière un peu plus correcte".  

Ses qualités sont aussi saluées par les joueurs. "Elle a une petite voix mais elle a du charisme, de la personnalité. Elle utilise des mots justes, elle explique, elle est diplomate et on peut discuter avec elle. Elle ne cherche pas à se mettre en avant. Son objectif, c'est vraiment le jeu", estime ainsi le milieu d'Orléans Pierre Bouby, qui l'avait présentée comme "la meilleure arbitre en Ligue 2".

Mercredi 14 août, Stéphanie Frappart ne sera pas seule sur le terrain. Clément Turpin sera en charge de l'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR), tandis que Frappart sera assistée de deux autres femmes, sa compatriote Manuela Nicolosi et l'Irlandaise Michelle O'Neill. Le quatrième arbitre officiel sera un homme, le Turc Cuneyt Cakir. Ce dernier n’a pas manqué de saluer ses collègues féminines avant ce choc entre Liverpool et Chelsea : "Elles sont courageuses, elles n’hésitent pas à prendre des décisions impopulaires, vous verrez demain", a-t-il promis.

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