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Gibraltar autorise le départ du pétrolier iranien, malgré la pression américaine

Le pétrolier iranien Grace 1 près des côtes de Gibraltar, le 6 juillet 2019.
Le pétrolier iranien Grace 1 près des côtes de Gibraltar, le 6 juillet 2019. Jorge Guerrero, AFP

Le pétrolier iranien Grace 1, immobilisé depuis le début du mois de juillet à Gibraltar, a été libéré jeudi par les autorités locales, malgré la tentative américaine de blocage.

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Nouveau rebondissement pour le navire Grace 1. La Cour suprême de Gibraltar a autorisé jeudi 15 août ce pétrolier iranien arraisonné début juillet à quitter le territoire britannique. L'Iran a garanti par écrit que la cargaison du Grace 1 n'était pas destinée à la Syrie, frappée par un embargo de l'Union européenne, et Gibraltar a donc demandé à la Cour de lever l'immobilisation.

Le président de la Cour, le juge Anthony Dudley, a en revanche déclaré qu'il n'avait pas été saisi par écrit d'une demande américaine de prolonger l'immobilisation du pétrolier, annoncée dans la matinée par le ministère public de Gibraltar.

En effet, un peu plus tôt dans la journée, alors qu'un accord entre Londres et Téhéran semblait à portée de main, Washington avait déposé une demande d'entraide judiciaire pour que le navire soit saisi.

"Le ministère américain de la Justice a demandé la saisie du Grace 1 en allégant un certain nombre de motifs qui sont en train d'être examinés", a précisé un porte-parole du gouvernement de Gibraltar, ajoutant que l'audience était reportée à 16h (14h GMT).

Téhéran accuse le Royaume-Uni de "piraterie"

Le Grace 1, chargé de 2,1 millions de barils de pétrole, avait été arraisonné le 4 juillet par la police de Gibraltar et les forces spéciales britanniques, provoquant une crise diplomatique entre Téhéran et Londres.

Téhéran assure que le pétrolier naviguait dans les eaux internationales et accuse le Royaume-Uni de "piraterie", réclamant depuis le début que les Britanniques le laissent repartir.

Le 19 juillet, l'Iran a immobilisé dans le détroit d'Ormuz un pétrolier britannique, le Stena Impero, soupçonné de "non-respect du code maritime international".

"Si le Grace 1 est libéré, et ce serait probablement le cas si l'Iran s'engageait en coulisses à ne pas exporter ce pétrole vers la Syrie, alors il est probable que le Stena Impero sera lui aussi libéré", avait analysé auprès de l'AFP Sanam Vakil, chercheuse à l'institut Chatham House de Londres avant l'audience de jeudi.

Selon l'analyste, Téhéran soupçonne les Britanniques d'avoir arraisonné le Grace 1 à la demande des États-Unis, qu'ils considèrent comme l'instigateur d'une "guerre économique contre l'Iran visant à long terme à empêcher l'Iran de reprendre sa part de marché dans le secteur pétrolier. Donc l'Iran tente aussi de défendre sa part".

L'immobilisation du pétrolier et le regain de tensions diplomatiques qui en ont découlé ont brouillé les efforts des États européens qui tentent de sauver l'accord nucléaire avec l'Iran, dont les États-Unis se sont retirés en 2018, imposant de lourdes sanctions à la République islamique.

Avec AFP

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