Accéder au contenu principal

Les élues américaines Ilhan Omar et Rashida Tlaib non grata en Israël

Ilhan Omar et Rashida Tlaib lors d'une conférence après les tweets racistes de Donald Trump à l'encontre quatre élues issues de minorités, à Washington le 15 juillet 2019.
Ilhan Omar et Rashida Tlaib lors d'une conférence après les tweets racistes de Donald Trump à l'encontre quatre élues issues de minorités, à Washington le 15 juillet 2019. Erin Scott, Reuters

Incité par le président américain Donald Trump, Benjamin Natanyahu a décidé d’interdire l'accès à son territoire à Ilhan Omar et Rashida Tlaib, deux élues du Congrès américain accusées de soutenir la campagne de boycott d'Israël.

Publicité

Les autorités israéliennes ont annoncé jeudi 15 août interdire à deux élues américaines d'entrer en Israël en raison de leur soutien à la campagne de boycott de l'Etat hébreu.

Ilhan Omar et Rashida Tlaib, les deux premières femmes musulmanes élues au Congrès et membres de l'aile gauche du Parti démocrate américain, devaient atterrir ce weekend à Tel-Aviv afin de visiter les Territoires palestiniens occupés.

À la suite d'une polémique dans la presse locale et d'une demande du président américain, Donald Trump, dont elle sont de farouches opposantes, le ministère israélien de l'Intérieur a décidé de leur interdire l'entrée en Israël, estimant que leur visite s'inscrivait dans le cadre "d'activités de boycott anti-israélien", selon un communiqué.

"Ces élues utilisent la scène internationale pour apporter leur soutien aux associations BDS (pour 'Boycott Désinvestissement Sanctions', NDLR) qui appellent au boycott d'Israël", a ajouté le ministère.

Ce dernier a justifié sa décision par l'existence d'une loi israélienne permettant, depuis 2017, d'interdire l'entrée aux partisans de ce mouvement qui appelle au boycott économique, culturel ou scientifique d'Israël pour protester contre l'occupation des Territoires palestiniens.

>> À lire aussi : "The Squad" : les quatre parlementaires américaines qui tiennent tête à Donald Trump

"Que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, sous la pression de Donald Trump, refuse l'entrée (en Israël et dans les Territoires palestiniens) de deux représentantes de l'État américain, représente un affront", a réagi dans un communiqué Ilhan Omar.

"Un acte d'hostilité scandaleux"

"La décision israélienne d'interdire aux élues du Congrès Rashida Tlaib et Ilhan Omar de visiter la Palestine est un acte d'hostilité scandaleux contre le peuple américain et ses représentants", a quant à elle déclaré Hanane Achraoui, membre du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dans un communiqué.

"Il s'agit d'un précédent dangereux", a-t-elle ajouté, "et d'une attaque contre le droit du peuple palestinien à nouer un dialogue avec le reste du monde".

Le puissant lobby américain pro-Israël Aipac a également critiqué jeudi la décision de l'État hébreu :

"Nous désapprouvons le soutien" des élues de la Chambre des représentants Ilhan Omar et Rashida Tlaib "au mouvement anti-Israël et anti-paix BDS, mais nous pensons également que tout membre du Congrès devrait être en mesure de se rendre chez notre allié démocratique Israël pour le découvrir en personne", a affirmé sur Twitter l'Aipac, une organisation dont les membres de l'administration de Donald Trump se montrent d'ordinaire très proches.

Un peu plus tôt dans la journée, ce dernieravait estimé, également sur Twitter, qu'Israël ferait preuve d'une "grande faiblesse" s'il acceptait de laisser entrer deux élues musulmanes et pro-palestiniennes sur son territoire.

Rashida Tlaib, représentante américaine d'origine palestinienne, et sa collègue Ilhan Omar "détestent Israël et tous les juifs, et il n'y a rien qui puisse être dit ou fait pour les faire changer d'avis", avait affirmé le président américain.

"Fierté locale"

Née à Détroit (nord-est des États-Unis), Rashida Tlaib est la première élue américaine d'origine palestinienne. Ses deux parents ont grandi en Cisjordanie occupée.

Sa famille attendait avec un patience la venue de la "fierté locale" dans le village de Beit Ur al-Fauqa. Elle devait y rencontrer, dimanche, des organisations locales.

"Nous préparons une fête pour elle et Ilhan. Nous voulons sacrifier un mouton à leur arrivée", avait expliqué la grand-mère de l'élue, Muftia Taleb, 85 ans, peu avant la décision israélienne de leur refuser l'entrée.

Pourquoi lui bloquer l'entrée? "Parce qu'elle défend sa nation et la cause palestinienne", selon son oncle Bassam, 53 ans, qui dit attendre depuis 2006 le retour de sa nièce. "Nous avons été surpris lorsque Trump a récemment demandé à Rashida et Ilhan de retourner dans leur pays d'origine. Aujourd'hui, Rashida veut rentrer chez elle alors pourquoi ils font tout pour l'en empêcher?", ironise-t-il.

Avec AFP

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.