Accéder au contenu principal

Migrants de l'Open Arms : la justice italienne désavoue Matteo Salvini

Le navire humanitaire Proactiva Open Arms, le 28 décembre 2018, prés des côtes espagnoles.
Le navire humanitaire Proactiva Open Arms, le 28 décembre 2018, prés des côtes espagnoles. Jorge Guerrero, AFP

Le navire humanitaire espagnol Open Arms, transportant à son bord près de 150 migrants, a été autorisé, mercredi, à entrer dans les eaux territoriales italiennes, en dépit d'un décret décidé par le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini.

Publicité

La justice italienne désavoue Matteo Salvini : le navire humanitaire espagnol Open Arms qui transporte 147 migrants à bord a obtenu, mercredi 14 août, l’autorisation de la justice administrative italienne à pénétrer dans les eaux territoriales malgré un décret du ministre de l’Intérieur le lui interdisant.

Malgré tout, Matteo Salvini a annoncé un recours "urgent" contre la décision, et a signé un nouveau décret, au motif que le comportement de l'Open Arms depuis le premier décret démontrait son "objectif politique de porter (les migrants) en Italie".

S’abriter du mauvais temps

L'ONG Proactiva Open Arms a assuré qu'elle n'envisageait pas d'accoster de force, comme l'avait fait le Sea-Watch3 fin juin. "Nous avons gagné le recours que nous avions présenté devant un tribunal administratif en Italie", a auparavant déclaré Oscar Camps, fondateur de l'ONG, lors d'une conférence de presse à Madrid. "La seule chose qui manque, c'est qu'on nous assigne un port", a-t-il poursuivi.

Dans la soirée, le navire humanitaire s’est donc dirigé  vers Lampedusa pour, dans un premier temps, s'abriter du mauvais temps. L'Open Arms comme l'Ocean Viking, le navire de SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) qui cherche également un port pour plus de 350 migrants, ont diffusé mercredi des vidéos montrant des creux allant jusqu'à 2,5 mètres qui secouent les bateaux et leurs passagers.

Après un total de trois opérations de secours au cours des 12 derniers jours et une série d'évacuations médicales, l'Open Arms compte désormais 147 migrants à bord, dont près d'une trentaine de mineurs.

Malte n'en a accepté qu'une partie - ceux secourus dans sa zone de compétence.

Des migrants sous tension

Dans une interview, mercredi matin, à la radio espagnole Cadena Ser, Oscar Camps a mis en avant les risques de violences entre les migrants épuisés et stressés. Selon lui, les 19 membres d'équipage de l'Open Arms ont de plus en plus de mal à gérer les tensions provoquées par la promiscuité, l'incertitude et l'état de "stress post-traumatique très élevé" des migrants.

"Imaginez-vous qu'il y a deux lavabos et 180 m2 abrités. Il y a des disputes pour un coin d'ombre, pour un coin de soleil, des disputes pour la nourriture, des disputes pour la queue au lavabo", a-t-il raconté.

À Paris, la présidence de la République a assuré que la France était "active", "en lien avec la Commission européenne", pour trouver une solution pour les quelque 500 migrants des deux navires, tout en rappelant ses deux principes : débarquement dans "le port sûr le plus proche" puis répartition des migrants.

Matteo Salvini, qui réclame une rotation dans les ports de débarquement, avait signé un décret interdisant, au nom de la défense de l'ordre public, les eaux italiennes à l'Open Arms début août, juste après le sauvetage des premiers migrants.

"Quel étrange pays"

En cas d'infraction, l'ONG risquait une amende allant jusqu'à un million d'euros et la confiscation du navire. Jusqu'à la décision judiciaire de vendredi.

"C'est un succès : le droit maritime international prévaut", s'est réjoui Oscar Camps après la suspension de ce décret. Selon la presse italienne, le tribunal a reconnu "un excès de pouvoir" et une violation du droit international en matière de secours en mer.

"Mais quel étrange pays", a raillé Matteo Salvini lors d'un meeting sur une plage de Ligurie (nord-ouest). "Le tribunal administratif du Latium (région de Rome) veut donner l'autorisation de débarquer en Italie à un navire étranger chargé d'immigrés étrangers".

Après avoir sabordé son alliance avec le M5S en réclamant des élections dès octobre, Matteo Salvini, l'homme fort du gouvernement crédité de 36 à 38 % d'intentions de vote, fait face à une tentative de front contre lui entre le M5S et le Parti démocrate (centre gauche).

Dans ce contexte, la question migratoire est explosive : mercredi matin, le PD a demandé au chef du gouvernement Giuseppe Conte de faire débarquer au plus vite les migrants de l'Open Arms.

Matteo Salvini a immédiatement dénoncé "une tentative pour revenir en arrière, recommencer à ouvrir les ports italiens et faire de l'Italie le camp de réfugiés de l'Europe".

Avec AFP

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.