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En Algérie, nouveau vendredi de mobilisation contre le régime

Des manifestants algériens défilent dans les rues de la capitale, Alger, réclamant le départ de la classe dirigeante, le 16 août 2019.
Des manifestants algériens défilent dans les rues de la capitale, Alger, réclamant le départ de la classe dirigeante, le 16 août 2019. Ryad Kramdi, AFP

Pour le 26e vendredi consécutif, les Algériens ont manifesté massivement dans les rues du centre de la capitale, réclamant le départ du pouvoir des fidèles de l'ancien président Abdelaziz Bouteflika.

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Les Algériens ont à nouveau manifesté massivement, vendredi 16 août, dans les rues du centre de la capitale quadrillé par la police, pour la 26e semaine consécutive. Le mouvement s'apprête ainsi à clore son sixième mois sans avancée vers une solution à la crise. Malgré la forte chaleur estivale, la mobilisation, difficile à estimer en l'absence de comptage officiel, a semblé aussi importante que ces dernières semaines.

Amoindrie par les vacances scolaires par rapport aux premières semaines du "Hirak" (le mouvement de contestation né le 22 février), la mobilisation est restée forte à Alger où, comme chaque vendredi, hommes, femmes et enfants de tous âges étaient au rendez-vous dès le début de l'après-midi et se sont dispersés sans incident après plusieurs heures de marche.

>> À lire aussi : "En Algérie, le mouvement populaire cherche toujours sa voix"

"C'est nous ou le pouvoir"

Des manifestations ont également eu lieu dans les principales villes du pays, selon les sites d'information et les réseaux sociaux. "C'est nous ou le pouvoir, on ne va pas s'arrêter", ont notamment scandé les manifestants, continuant de réclamer le départ du pouvoir de tous ceux ayant accompagné et soutenu, durant ses 20 ans de présidence, Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission le 2 avril, sous les pressions conjuguées de la rue puis de l'armée.

Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée devenu le véritable homme fort du pays depuis la démission d'Abdelaziz Bouteflika, est resté une des principales cibles des protestataires."Unis, on fera partir le 'Gang' (au pouvoir) puis Gaïd", ont-ils scandé.

Une élection annulée

Alors que le mouvement de contestation ne semble pas s'essouffler, aucune solution à la crise politique dans laquelle est plongée l'Algérie ne se profile. Le "Hirak" continue de refuser la présidentielle que le pouvoir souhaite coûte que coûte organiser le plus rapidement possible pour élire le successeur d'Abdelaziz Bouteflika. Une élection convoquée le 4 juillet a dû être annulée, aucun candidat sérieux ne s'étant présenté.

"On ne veut pas d'élections organisées par ce gouvernement. Ils trouveront le moyen de frauder. Ce sont des experts de la triche. Qu'ils partent avant les élections", résume Mohamed Benouafek, 45 ans, ingénieur dans une entreprise privée, interrogé dans une rue d'Alger par l'AFP.

Le "dialogue" proposé par le pouvoir à la classe politique et à la société civile pour définir les modalités de cette élection, censé en garantir l'équité, est également rejeté par les manifestants, et "l'Instance de dialogue" mise sur pied pour parler avec les divers acteurs peine à asseoir sa légitimité à leurs yeux.

"Karim Younès à la poubelle !"

Nommé à la tête de cette instance, Karim Younès, ex-président de la Chambre basse et ancien ministre de M. Bouteflika, a été une fois encore conspué vendredi par les manifestants aux cris de "Karim Younès à la poubelle !"

De leur côté, plusieurs partis politiques et organisations de la société civile ont été contraints de reporter une réunion prévue samedi, faute d'avoir obtenu – comme le veut la loi – une autorisation préalable des autorités.

"Au moment où le pouvoir fait la promotion de son offre de dialogue, la réalité est tout autre", s'insurgent les organisateurs dans un communiqué, dénonçant "le verrouillage du débat public, des médias, du dialogue dans la société".

Avec AFP

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