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Situation "explosive" à bord de l'Open Arms bloqué près de Lampedusa avec 134 migrants

Le navire de sauvetage de l'ONG espagnole Proactiva Open Arms, près du port de Lampedusa, le 16 août 2019.
Le navire de sauvetage de l'ONG espagnole Proactiva Open Arms, près du port de Lampedusa, le 16 août 2019. Guglielmo Mangiapane, Reuters

Alors que le navire de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms est bloqué à quelques centaines de mètres du port de Lampedusa, le commandant du navire de sauvetage a décrit vendredi une situation "explosive" parmi les migrants interdits de débarquer.

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Le navire de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms a pu débarquer une poignée de migrants, mais restait à l’ancre, vendredi 16- août, à quelques centaines de mètres du port de l’île italienne de Lampedusa. Le commandant du navire, qui attend la concrétisation d’un accord de répartition européen pour pouvoir accoster a décrit vendredi une situation "explosive" à bord.

Après l'évacuation, sur Lampedusa, d'une dizaine de personnes pour des soins médicaux dans la nuit de jeudi à vendredi, il reste désormais 134 migrants à bord du navire, où ils se trouvent depuis deux semaines.

Samedi après-midi, l'ONG a annoncé que 27 migrants mineurs non accompagnés seraient autorisés à débarquer du navire. "Ils seront évacués par les gardes-côtes de Lampedusa", a tweeté l'ONG après que le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, a concédé à contrecœur l'autorisation de débarquer, tout en exigeant que les 105 adultes et deux mineurs accompagnés restent à bord.

L'ONG espagnole a averti que la sécurité des migrants ne pouvait plus être garantie, les conditions de vie à bord s'étant considérablement dégradées et des rixes opposant régulièrement les passagers excédés.

"Ils veulent se jeter à l’eau"

"Tout le monde est cassé psychologiquement, cette situation est devenue insoutenable", a décrit Marc Reig, le commandant du bateau, à la chaîne de télévision espagnole TVE. "À chaque seconde qui passe, le déclenchement de la bombe se rapproche. Ou quelqu'un coupe le fil rouge et désactive la bombe maintenant, ou alors l'Open Arms va exploser."

"Nous sommes près de la terre ferme et les gens pourraient s'y rendre à la nage", a-t-il ajouté, tout en prévenant : "Ils veulent se jeter à l'eau."

Dans un tweet, l'ONG a également évoqué des menaces de suicide et exige un débarquement général pour "urgence humanitaire".

"Je ne céderai pas"

"Je ne céderai pas", a prévenu vendredi soir le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, dans un communiqué, déclarant que l'ONG espagnole se "moquait du monde pour la énième fois". Commentant l'état de santé de treize migrants évacués d'urgence du bateau, il a estimé qu'ils allaient tous bien sauf une personne souffrant d'une petite "otite".

Selon lui, le navire Open Arms "a fait des pirouettes dans la Méditerranée pendant des jours avec pour unique but de ramasser autant de personnes que possible pour les amener toujours et seulement en Italie".

"Pendant tout ce temps, il aurait déjà fait trois allers-retours dans un port espagnol ! Ces ONG, en définitive, ne livrent que des batailles politiques, sur le dos des migrants et contre notre pays", a-t-il asséné.

Enquête pour séquestration de personnes

Une enquête contre X a été ouverte par le parquet d'Agrigente en Sicile pour séquestration de personnes, à la suite notamment de deux pétitions présentées par les avocats de l'ONG espagnole, rapporte l'agence italienne Agi.

Six pays de l'Union européenne se sont dits prêts, jeudi, à accueillir chacun une partie des migrants de l'Open Arms.

"La Commission a eu des contacts intensifs au cours de la semaine écoulée et nous sommes très reconnaissants de la coopération de la France, l'Allemagne, le Luxembourg, le Portugal, la Roumanie et l'Espagne", a commenté vendredi une porte-parole de la Commission, Vanessa Rock, soulignant que "toute l'Europe" devait trouver des solutions pour pouvoir faire débarquer "rapidement" les migrants secourus.

Le fondateur de l'ONG Proactiva Open Arms, Oscar Camps, présent sur le navire, a interpellé samedi le président du gouvernement, Pedro Sànchez, via Twitter. "Monsieur Sanchez, désolé de vous déranger pendant vos vacances, mais nous sommes citoyens espagnols, victimes d'enlèvements et non de pirates somaliens", a-t-il écrit dans un message accompagnant une vidéo.

"Ports fermés"

De son côté, le ministère de Matteo Salvini a entamé des démarches pour contester de nouveau la décision d'un tribunal administratif italien d'ouvrir les eaux territoriales italiennes au navire espagnol.

Aucune proposition n'est encore tombée pour les 356 migrants secourus par l'Ocean Viking, le navire de SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) qui navigue entre Malte et Lampedusa.

Jeudi, le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, avait vivement critiqué la "concentration obsessionnelle" de Matteo Salvini sur le thème de l'immigration "réduite à la formule 'ports fermés'".

"Mon obsession est de combattre tous les types de délit, y compris l'immigration clandestine", lui a rétorqué le ministre de l’Intérieur. "Avec moi les ports sont et resteront fermés aux trafiquants et à leurs complices étrangers", a-t-il insisté, ajoutant : "Il est clair que sans cette fermeté, l'UE n'aurait jamais levé un petit doigt, laissant l'Italie et les Italiens seuls."

Avec AFP

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