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Au Cachemire indien, au moins 4 000 personnes interpellées depuis la révocation de l’autonomie

Depuis la révocation, par l'Inde, de l'autonomie du Cachemire,au moins 4 000 personnes auraient été interpellées en vertu de la loi sur la sécurité publique.
Depuis la révocation, par l'Inde, de l'autonomie du Cachemire,au moins 4 000 personnes auraient été interpellées en vertu de la loi sur la sécurité publique. Capture d'écran France 24

Au moins 4 000 personnes ont été interpellées dans la région du Cachemire depuis la révocation, il y a deux semaines, de l’autonomie de ce territoire par New Delhi.

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Ces chiffres, révélés deux semaines après la décision de New Delhi, donnent pour la première fois une idée de l’ampleur des mesures prises par les autorités pour prévenir les manifestations. En effet, depuis la révocation de l’autonomie du Cachemire indien, ce sont au moins 4 000 personnes qui ont été interpellées en vertu de la loi sur la sécurité publique, a prévenu un magistrat sous couvert d’anonymat.

Cette loi controversée permet aux autorités d’emprisonner une personne jusqu’à deux ans sans accusation ni procès.

"La plupart d'entre elles ont été évacuées par avion du Cachemire parce que les prisons n'ont plus de place", a précisé le magistrat, ajoutant qu’il avait eu recours à un téléphone satellitaire qui lui avait été attribué pour collecter les chiffres auprès de ses collègues à travers le territoire.

La famille d'un commerçant a par ailleurs affirmé dimanche que ce dernier était décédé à cause des gaz lacrymogènes répandus par les forces de l'ordre. Celles-ci "ont tiré des grenades lacrymogènes et à cause de la fumée il a suffoqué et il est mort", a déclaré Muddasir Ahmed, le neveu de Sidiq Khan, 62 ans.

"Milliers de personnes emprisonnées"

Interrogé, le gouvernement local interrogé n'avait pas répondu immédiatement. Un seul décès avait jusqu'à présent été signalé : un jeune homme qui s'est noyé en tentant d'échapper à la police.

Jamais les autorités n’ont indiqué officiellement combien de personnes avaient été placées en détention depuis le début de cette crise, se contentant de confirmer l'arrestation d'une centaine de responsables politiques locaux, de militants et d'universitaires dans les tout premiers jours.

Elles ont expliqué ne pas disposer de bilan global des arrestations et ont justifié "les quelques mises en détention préventives [par la nécessité d'éviter] que la paix ne soit troublée" dans ce territoire à majorité musulmane revendiqué par le Pakistan, qui est le théâtre depuis des décennies d'une rébellion séparatiste.

L’AFP a toutefois pu confirmer l'ampleur des rafles auprès de nombreux responsables du gouvernement local à Srinagar, principale ville du Cachemire indien, y compris des membres de la police et des forces de l'ordre.

Un policier, parlant anonymement, a ainsi indiqué qu'à Srinagar, "6 000 personnes environ avaient subi un examen médical après avoir été détenues".

"Elles sont d'abord envoyées à la prison centrale de Srinagar, et ensuite transportées ailleurs par avion militaire", a-t-il précisé.

Un autre membre des forces de sécurité a fait état de "milliers de personnes emprisonnées", ajoutant que ce chiffre ne tenait pas compte d'autres habitants détenus dans des postes de police sans avoir été enregistrés.

Heurts et blessés

Au Cachemire indien, les tensions demeurent vives depuis le 5 août, date à laquelle l'Inde a révoqué l'autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire qu'elle contrôle.

Un black-out sur les communications et de fortes restrictions à la circulation avaient été imposés par les autorités indiennes la veille de l'annonce de la révocation de l'article 370 de la Constitution, qui conférait ce statut d'autonomie spéciale à la région himalayenne.

Ce n’est que le vendredi 16 août que l'Inde a commencé à assouplir certaines de ces restrictions. Malgré cela, des heurts ont été signalés samedi en plusieurs endroits autour de Srinagar, faisant huit blessés, selon les autorités locales.

Les restrictions ont donc été rétablies en conséquence à la suite de ces incidents, selon l'agence de presse indienne Press Trust of India (PTI), citant des fonctionnaires parlant sous couvert d'anonymat.

Précédemment, les autorités avaient nié ou minimisé des informations faisant état de violences, et souligné au contraire que la majeure partie de la vallée du Cachemire était restée pacifique.

L'armée indienne a par ailleurs confirmé qu'un soldat avait été tué samedi lors d'un échange de tirs transfrontaliers "intenses" avec le Pakistan.

Quelque 80 000 paramilitaires indiens supplémentaires ont été déployés dans le Cachemire indien, où un demi-million de soldats se trouvent déjà en temps normal.

L'Inde et le Pakistan, qui se sont partagé le territoire du Cachemire après leur indépendance en 1947, se sont depuis livrés trois guerres, dont deux à propos du Cachemire.

Avec AFP

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