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Le gouvernement Trump veut autoriser la détention illimitée d'enfants migrants

Une famille de migrants, libérée de détention, cherchant son chemin, le 12 juin 2019, à McAllen, au Texas.
Une famille de migrants, libérée de détention, cherchant son chemin, le 12 juin 2019, à McAllen, au Texas. Loren Elliott, AFP

Le gouvernement de Donald Trump a annoncé mercredi qu'il comptait lever les limites de temps passé en centres de rétention concernant les enfants migrants, dans le cadre de sa politique de fermeté face à l'immigration clandestine.

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La durée de détention des enfants migrants pourrait considérablement s’allonger. Le gouvernement de Donald Trump a annoncé, mercredi 21 août, qu'il allait retirer les strictes limites régissant le temps passé en centres de rétention par les enfants migrants, dans le cadre de sa politique de fermeté face à l'immigration clandestine.

Le ministère américain de la Sécurité intérieure a déclaré qu'il mettait fin à une décision judiciaire de 1997, dites "Flores", imposant aux autorités fédérales de ne pas maintenir en détention les enfants plus de 20 jours. Une nouvelle règle, qui doit être mise en œuvre sous 60 jours, ne limitera plus le temps passé par les enfants ou leurs familles en centres de rétention.

"Une nouvelle attaque cruelle contre les enfants"

Il s'agit, pour l'administration Trump, de décourager les migrants qui affluent en nombre record à la frontière avec le Mexique, avec l'espoir d'être relâchés rapidement après leur arrestation s'ils sont avec des enfants, et de pouvoir ainsi rester aux États-Unis.

"Pour protéger ces enfants face aux abus et arrêter le flot illégal" de migrants, "nous devons mettre un terme à ces vides juridiques", a déclaré le président des États-Unis, selon un communiqué de la Maison Blanche. "Il s'agit d'un besoin humanitaire urgent."

Les associations de défense des droits humains et l'opposition démocrate ont immédiatement dénoncé cette initiative, promettant de combattre en justice la nouvelle règle, qui doit encore être révisée par un juge fédéral.

"Il s'agit d'une nouvelle attaque cruelle contre les enfants" migrants, a dénoncé une responsable de l'organisation de défense des libertés ACLU, Madhuri Grewal. "Le gouvernement ne devrait pas emprisonner des enfants, et devrait encore moins chercher à mettre plus d'enfants en prison, pendant plus longtemps."

"Il n'y a aucune justification"

Des parlementaires démocrates ont appelé les tribunaux à "stopper immédiatement cette action illégale". "Il n'y a aucune justification à la détention indéfinie des enfants et aucune excuse pour le traumatisme que cette politique va infliger aux familles", a réagi le chef du parti démocrate, Tom Perez.

Parallèlement, Donald Trump a laissé planer le spectre d'un nouveau front, réaffirmant vouloir s'attaquer au droit du sol, qui permet aux enfants nés aux États-Unis de bénéficier de la nationalité américaine. Interrogé sur son intention de revenir sur ce droit inscrit dans le 14e amendement de la Constitution américaine, il a répondu : "Nous regardons cela très, très sérieusement".

"Vous traversez la frontière, vous faites un bébé : félicitations, le bébé est un citoyen américain !", a-t-il ironisé, avant de pester : "C'est franchement ridicule".

"Un flot inédit de familles"

Confronté à l'arrivée chaque mois à la frontière de dizaines de milliers de migrants, le gouvernement républicain a séparé des enfants de leurs parents, gardés, eux, en rétention, au nom du respect de la norme "Flores".

"Nous avons vu cette année un flot inédit de familles, venant surtout d'Amérique centrale, arriver à notre frontière du sud-ouest", a expliqué devant la presse Kevin McAleenan, le ministre par intérim de la Sécurité intérieure.

Plus de 900 enfants migrants séparés

Près de 475 000 migrants arrivés en famille ont été interpellés entre octobre 2018 et juillet, soit trois fois plus que le record précédent, a-t-il déclaré.

Donald Trump avait provoqué une forte indignation, y compris dans son camp républicain, en 2018 avec sa politique de séparation des familles. Il est depuis revenu en arrière. Mais plus de 900 enfants migrants ont été séparés de leur famille à la frontière avec le Mexique depuis un an, avait affirmé fin juillet l'ACLU.

Avec AFP

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