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Washington s'inquiète après la rupture de l'accord de partage militaire entre Séoul et Tokyo

Le président sud-coréen Moon Jae-in, photographié lors d'une réunion organisée à Séoul, le 22 août 2019.
Le président sud-coréen Moon Jae-in, photographié lors d'une réunion organisée à Séoul, le 22 août 2019. Yonhap, AFP

La Corée du Sud a annoncé, jeudi, qu'elle allait rompre un accord de partage de renseignements militaires existant avec le Japon, dans un contexte de tensions entre les deux alliés de Washington.

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Le Pentagone s'est déclaré, jeudi 22 août, "très inquiet et déçu" par la décision de la Corée du Sud de rompre un accord de partage de renseignements militaires existant avec le Japon, dans un contexte de tensions entre les deux alliés de Washington.

Reprochant au Japon d'avoir créé un "grand changement" dans les relations bilatérales, les autorités sud-coréennes sont parvenues à la décision que le maintien de cet accord ne servirait pas les intérêts de la nation, a rapporté le directeur adjoint du Conseil de sécurité nationale, Kim You-geun.

La brouille entre Tokyo et Séoul a connu une nette aggravation ces dernières semaines, après que des tribunaux sud-coréens eurent exigé d'entreprises nippones qu'elles dédommagent des Sud-Coréens qui avaient été forcés de travailler dans leurs usines durant l'occupation japonaise jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Tokyo a riposté le 2 août en décidant de rayer la Corée du Sud d'une liste d'États bénéficiant d'un traitement de faveur, mesure perçue comme une sanction par Séoul qui a répliqué aussitôt avec une radiation similaire.

"Maintenir le dialogue"

L’administration américaine s'est déclarée, jeudi, "déçue" par la décision de Séoul. En déplacement au Canada, le secrétaire d’État Mike Pompeo a appelé les deux pays à "maintenir le dialogue".

"Nous exhortons chacun des deux pays à continuer à coopérer, à maintenir le dialogue", a-t-il réagi lors d'une conférence de presse avec son homologue canadienne Chrystia Freeland. "Il est certain que les intérêts communs du Japon et de la Corée du Sud sont importants, notamment pour les États-Unis", a poursuivi le chef de la diplomatie américaine. "Nous espérons que ces deux pays pourront rétablir leur relation là où elle doit être".

Même son de cloche du côté du Pentagone. "Le ministère de la Défense exprime sa profonde inquiétude et sa déception après la décision du gouvernement Moon de refuser de maintenir l'accord" de partage avec le Japon, a déclaré un porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Dave Eastburn.

"Nous sommes fermement convaincus que l'intégrité de notre défense mutuelle et de nos liens de sécurité doit être maintenue, malgré les frictions dans d'autres secteurs des relations entre la Corée du Sud et le Japon", a ajouté le porte-parole. "Nous maintiendrons une coopération de défense bilatérale et trilatérale avec le Japon et la Corée du Sud, lorsque cela sera possible", a-t-il conclu.

Les relations entre les deux pays sont plombées depuis des décennies par des contentieux hérités de l'époque où la péninsule était une colonie nippone (1910-1945).

Et ce conflit latent est un casse-tête pour Washington, qui compte sur la coopération entre le Japon et la Corée du Sud pour appuyer sa politique dans une région particulièrement tendue du fait de la menace nucléaire nord-coréenne et de la montée en puissance de la Chine.

Avec AFP et Reuters

 

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