Accéder au contenu principal

Le musée de la Libération de Paris s'offre un nouvel écrin pour le 75e anniversaire

L'abri de défense passive, situé à 20 mètres sous le musée, dans lequel le colonel Rol-Tanguy avait installé son état-major durant la semaine de l'insurrection parisienne.
L'abri de défense passive, situé à 20 mètres sous le musée, dans lequel le colonel Rol-Tanguy avait installé son état-major durant la semaine de l'insurrection parisienne. Stéphanie Trouillard, France 24

Le 25 août 1944, Paris était libérée. À l'occasion de ce 75e anniversaire, le nouveau musée consacré à cette période est inauguré ce dimanche, place Denfert-Rochereau.

Publicité

Une centaine de marches. Une descente à 20 mètres sous terre. Les visiteurs du nouveau musée de la Libération de Paris vont s’offrir un petit frisson et une vraie plongée dans l’Histoire. Au bout d’un escalier en béton, sous la place Denfert-Rochereau, ils pourront désormais accéder à un lieu jusque-là fermé au public : l’ancien poste de commandement du colonel Rol-Tanguy, le chef des Forces françaises de l’intérieur (FFI) d’Île-de-France, utilisé lors de la libération de Paris.

Ce site était à l’origine un abri de défense passive construit en 1938 pour permettre aux services administratifs de fonctionner en cas de bombardements. Inutilisé sous l’Occupation, il a été choisi par Rol-Tanguy pour abriter son état-major au début de l’insurrection parisienne. C’est ici, dans ce sous-sol inhospitalier et humide, derrière une lourde porte blindée, qu’il a discrètement installé son poste de commandement à partir du 20 août 1944.

"Après-guerre, cela a été laissé à l’abandon. Henri Rol-Tanguy y organisait des visites de temps en temps. Ce sont ensuite des cataphiles (nom donné à ceux qui parcourent clandestinement les anciennes carrières souterraines de Paris, NDLR) qui passaient ici", explique Sylvie Zaidman, la directrice du musée. Un important travail de rénovation a été réalisé. Les nombreux graffitis ont été effacés. Résultat, soixante-quinze ans plus tard, même si le mobilier a disparu, on pourrait croire que les FFI sont parties la veille. Les panneaux électriques sont encore là, les câbles sont d’origine et, sur les murs, des inscriptions toujours visibles comme celle qui indique d’une flèche : "le PC ROL".

Un déménagement nécessaire

La visite de cet abri est la pièce maîtresse du nouveau musée de la Libération de Paris. Ce dernier existait déjà auparavant, mais était situé au-dessus de la gare Montparnasse et souffrait d’un manque de visiteurs, à peine 14 000 par an. "Il avait été inauguré en 1994, mais il était un peu difficile d’accès et pas du tout indiqué. La fréquentation n’était pas du tout à la hauteur de ce que souhaitait la ville. Il y avait la volonté de mettre cette histoire en valeur, mais à Montparnasse, cela n’était pas possible", décrit Sylvie Zaidman.

Pour marquer les 75 ans de l’insurrection de la capitale, la mairie a donc décidé de le déménager. Face aux catacombes, aimant à touristes, et au-dessus de l’ancien PC historique de Rol-Tanguy, le lieu était tout indiqué. Un nouveau site, mais aussi une toute nouvelle présentation. La scénographie du musée de la Libération a été totalement repensée. Alors qu’à Montparnasse, il comprenait des salles différentes consacrées au général Leclerc, de son vrai nom Philippe de Hautecloque, et à Jean Moulin, leurs parcours sont désormais imbriqués et forment un fil rouge qui mènent jusqu’à la Libération de Paris. "Les visiteurs vont suivre la vie de ces deux hommes et découvrir l’histoire de la Seconde Guerre mondiale à travers eux", résume la directrice du musée. "Pourquoi eux ? Car à l’origine du musée, nous avons eu un legs sur Jean Moulin et une donation sur le général Leclerc."

Visite du nouveau musée de la Libération de Paris, du général Leclerc et de Jean Moulin
{{ scope.counterText }}
{{ scope.legend }}© {{ scope.credits }}
{{ scope.counterText }}

{{ scope.legend }}

© {{ scope.credits }}

Moulin, Leclerc, deux personnalités de l’histoire de France

Le musée s’est ainsi construit autour de cette incroyable collection. Dans les vitrines, les visiteurs peuvent voir des objets personnels ayant appartenu à ces deux grandes figures de l’histoire de France. Un fauteuil renvoie à l’intimité de Jean Moulin, tandis qu’une valise qu’il a utilisée durant l’Occupation rappelle son action dans la Résistance. "On ne sait d’ailleurs toujours pas si elle recèle encore des choses secrètes à l’intérieur", précise Sylvie Zaidman en montrant cet objet et notamment sa poignée un peu trop rembourrée à laquelle personne n’a osé toucher.

Un peu plus loin, c’est une vareuse portée par le général Leclerc au Tchad et en Tunisie, ainsi que sa célèbre canne, qui sont exposées. "Ce sont finalement deux hommes, certes peu ordinaires, mais normaux", souligne la directrice. "Vous avez d’un côté Jean Moulin, républicain, laïc, qui mène une carrière de préfet, et de l’autre Philippe de Hautecloque, issu d’un milieu chrétien traditionnel très fier de ses origines aristocratiques et qui a choisi le métier des armes. Ce sont aussi deux personnalités, qui ne vont jamais se croiser, et qui sont à l’opposé l’une de l’autre. C’est cela qui est intéressant."

Plus de 300 objets

Le parcours ne s’arrête pas seulement à la vie de ces deux hommes. Il présente aussi le destin d’autres acteurs ou simples témoins de la Libération. La résistante Madeleine Riffaud a notamment donné au musée un petit livre qu’elle avait trouvé dans sa cellule de la prison de Fresnes en 1944 et sur lequel elle avait noté ses pensées. Dans une autre vitrine, c’est une spectaculaire robe tricolore, sur lesquelles la tour Eiffel et l’Arc de Triomphe ont été peints, qui fait face au visiteur. Elle a été confectionnée par Marguerite Sabaut, une mère de famille parisienne, à l’approche de la Libération. Elle a porté ce vêtement sur les Champs-Élysées le 26 août 1944 lors de la descente victorieuse de Charles de Gaulle : "Elle avait fait aussi une petite poche avec une croix de Lorraine qu’elle a fait signer par un FFI et un soldat de la 2e division blindée. Tout un symbole", précise Sylvie Zaidman.

En tout, plus de 300 objets, mais aussi des vidéos d’archives et des témoignages, sont présentés au public. Pédagogique, sans être trop exhaustif, moderne, sans perdre son âme, ce nouveau musée, dont l’entrée est gratuite, pourrait bien devenir un incontournable des guides touristiques. Inauguré dimanche 25 août, il ouvrira ses portes aux visiteurs le même jour à partir de 18 h 30.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.