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Erdogan et Poutine partagent des "graves inquiétudes" sur Idleb

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan lors d'une précédente rencontre, à Téhéran, le 7 septembre 2018.
Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan lors d'une précédente rencontre, à Téhéran, le 7 septembre 2018. AFP

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est rendu mardi à Moscou pour rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine. Selon ce dernier, les deux chefs d'État ont étudié de nouvelles mesures pour éradiquer les "terroristes" d'Idlib, en Syrie.

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Vladimir Poutine s'est entretenu, mardi 27 août, avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan en marge du salon aéronautique MAKS, à Moscou. Les deux présidents ont assuré partager de "graves inquiétudes" sur la situation dans la région syrienne d'Idleb (Nord-Ouest), étudiant de nouvelles façons d'éradiquer les "terroristes" de la région, selon le président russe.

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan ont dit souhaiter travailler ensemble pour apaiser la situation dans cette région frontalière de la Turquie, et ce malgré leurs intérêts divergents.

"La situation dans la zone de désescalade d'Idleb soulève de graves inquiétudes et chez nous, et chez nos partenaires turcs", a déclaré le président russe au cours d'une conférence de presse commune avec son homologue turc. "Nous comprenons les inquiétudes de la Turquie concernant la sécurité à sa frontière sud", a-t-il ajouté, assurant avoir évoqué "des mesures communes supplémentaires" pour "normaliser" la situation dans cette zone, sans donner plus de détails.

Un convoi militaire turc pris pour cible dans des raids aériens

Cette visite surprise survient quelques jours après qu'un convoi militaire turc a été pris pour cible lors de raids aériens en Syrie. Sur le terrain, les forces du président Bachar al-Assad progressent grâce au soutien de la Russie, ce qui a pour conséquence un regain de tension avec la Turquie dans le nord-ouest de la Syrie.

"De concert avec le président turc, nous avons défini de nouvelles mesures communes visant à neutraliser les repaires de terroristes à Idlib et à normaliser la situation, là-bas comme dans le reste de la Syrie", a déclaré Vladimir Poutine.

Le président Erdogan a de son côté prévenu que la Turquie prendrait "toutes les mesures nécessaires" pour protéger ses soldats déployés dans la région, selon des propos traduits en russe.

"La position de Vladimir Poutine est claire depuis l'intervention de la Russie dans le conflit syrien : aider l'allié syrien à reconstituer son intégrité territoriale. Aider Bachar al-Assad à reconquerir les zones qui échappent encore à son contrôle, dont Idleb", explique Ludovic de Foucaud, correspondant de France 24 en Turquie.

L'éclairage de notre correspondant en Turquie, Ludovic de Foucauld

Idleb censée être une "zone démilitarisée"

"Les Russes accusent cependant les Turcs d'être des soutiens actifs des rebelles sur place", poursuit Ludovic de Foucaud. S'opposant à Bachar al-Assad, la Turquie soutient des groupes rebelles syriens et est intervenue militairement dans le conflit contre les Kurdes syriens et des jihadistes. Ankara déploie depuis près de deux ans des forces dans les provinces d'Idleb et de Hama. Mais la région d'Idleb était censée être protégée par un accord sur une "zone démilitarisée", dévoilée en septembre 2018 par la Turquie et la Russie pour séparer les zones gouvernementales des territoires jihadistes et insurgés.

"Les Turcs veulent eviter que se forme un continuum continental entre les Kurdes de Syrie et ceux d'Irak", résume Ludovic de Foucauld. De plus, "Erdogan veut s'assurer qu'il n'y aura pas de nouvel afflux de migrants syriens en Turquie. Politiquement, Erdogan ne peut pas se faire permettre d'une nouvelle arrivée."

Recep Tayyip Erdogan doit recevoir ses homologues russe et iranien pour un sommet sur la Syrie le 16 septembre à Ankara. L'Iran et la Russie sont alliés à Bachar al-Assad mais cherchent une résolution politique au conflit avec la Turquie.

Depuis la fin du mois d'avril, la Syrie et la Russie ont augmenté leurs bombardements sur la région d'Idleb, faisant plus de 860 morts parmi les civils.

Avec AFP

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