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L'Ukraine libère un journaliste accusé de trahison au profit de Moscou

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Kiev (AFP)

L'Ukraine a remis mercredi en liberté conditionnelle le journaliste russo-ukrainien Kyrylo Vychynsky, jugé pour "haute trahison", une décision surprise qui peut s'inscrire dans la ligne d'un prochain échange de dizaines de prisonniers entre Kiev et Moscou.

M. Vychynsky a été "remis en liberté" après l'annonce de cette décision par la cour d'appel de Kiev, a indiqué à l'AFP son avocat Andriï Domansky. Après plus d'un an de détention, le journaliste s'est engagé à ne pas s'enfuir et à se présenter au tribunal dans le cadre de son procès, qui se poursuit.

"La cour a enfin pris une décision juste à mon égard", a déclaré M. Vychynsky devant le tribunal, selon des images de la télévision ukrainienne. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a salué cette décision lors d'un briefing avec la presse.

Cette libération surprise intervient au moment où Kiev et Moscou discutent d'un possible échange de plusieurs dizaines de prisonniers détenus par les deux pays, qui pourrait avoir lieu dans les prochains jours.

Elle survient également deux jours après l'annonce par le président français Emmanuel Macron d'un futur sommet quadripartite sur l'Ukraine.

Plusieurs médias ont affirmé ces dernières semaines que cet échange, le premier depuis plusieurs années, pourrait être mis en oeuvre d'ici fin août et inclure notamment les 24 marins ukrainiens détenus en Russie après un incident naval en mer Noire en novembre dernier.

M. Vychynsky "sera échangé, voilà pourquoi la décision a été prise", a confirmé mercredi sans davantage de détails une source ukrainienne proche du dossier, citée par l'agence Interfax-Ukraine.

- "Premier pas" -

Kyrylo Vychynsky, 52 ans et ex-responsable en Ukraine de l'agence de presse russe Ria Novosti, a été arrêté en mai 2018 à Kiev et inculpé pour "haute trahison" par la justice, crime passible de 15 ans de prison.

Les services de sécurité ukrainiens l'accusent d'avoir mené des "activités subversives" à la demande de Moscou, et d'avoir notamment cherché à "justifier" l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie en 2014. Il est également accusé d'avoir "soutenu" les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine.

L'arrestation du journaliste a été maintes fois vivement dénoncée par Moscou et notamment par le président russe Vladimir Poutine, qui lui avait octroyé par décret la citoyenneté russe en 2015.

Le Kremlin avait estimé en juillet que son "retour" en Russie serait "un excellent premier pas" vers le rétablissement des relations entre les deux ex-républiques soviétiques, à couteaux tirés depuis cinq ans.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait proposé d'échanger M. Vychynsky contre le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné en Russie pour "terrorisme", en précisant que leur libération devrait être "simultanée".

Interrogé samedi par l'AFP pour savoir si M. Sentsov était sur la liste des personnes pouvant être échangées prochainement, M. Zelensky s'est cependant refusé à tout commentaire.

M. Sentsov, 43 ans, a été arrêté en mai 2014 en Crimée après des protestations contre l'annexion de cette péninsule par Moscou. Son cas est le plus connu parmi les dizaines d'Ukrainiens détenus en Russie et considérés comme des "prisonniers politiques" par Kiev.

- Prochain sommet -

La libération de M. Vychynsky intervient deux jours après l'annonce par Paris d'un nouveau sommet en "format Normandie", qui réunira en septembre France, Allemagne, Ukraine et Russie.

Cette rencontre, la première depuis octobre 2015, visera à faire avancer le processus de paix dans l'Est de l'Ukraine, en proie à une guerre face à des séparatistes prorusses soutenus par Moscou, selon Kiev et les Occidentaux.

Ce conflit a fait environ 13.000 morts depuis cinq ans et, malgré une baisse considérable du niveau de violences, le règlement politique reste au point mort.

L'élection en avril en Ukraine de Volodymyr Zelensky, ex-comédien novice en politique, a été considérée comme une chance de relancer le dialogue entre les deux voisins. Il a succédé à Petro Porochenko, partisan d'une ligne dure face à Moscou.

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