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Boris Johnson annonce la suspension du Parlement britannique jusqu'au 14 octobre

Les drapeaux du Royaume-Uni et de l'Union européenne flottant devant le Parlement, le 28 août 2019 à Londres.
Les drapeaux du Royaume-Uni et de l'Union européenne flottant devant le Parlement, le 28 août 2019 à Londres. Niklas Halle'n, AFP

Le Premier ministre britannique a annoncé, mercredi, la suspension du Parlement du 9 septembre au 14 octobre, soit deux semaines avant le Brexit. Ce calendrier parlementaire rend improbable la possibilité de voter une loi contre un "no deal".

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Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, qui s'est dit prêt à quitter l'Union européenne "coûte que coûte" a annoncé, mercredi 28 août, que le Parlement serait suspendu durant la deuxième semaine de septembre et ce jusqu'au 14 octobre, soit à deux semaines du Brexit, dont la date est prévue le 31 octobre.

"Les députés auront amplement le temps de débattre", a-t-il ajouté dans une déclaration à la télévision Sky, alors que cette suspension a entraîné la chute de la livre d'environ 0,6 % face à l'euro et au dollar.

Une chance de décrocher un nouvel accord

Alors que la rentrée parlementaire est prévue mardi, le Premier ministre a annoncé avoir écrit à la reine Elizabeth II pour lui demander de suspendre le Parlement après les débats du 9 septembre, et jusqu'au 14 octobre. La session parlementaire reprendrait alors avec le traditionnel discours de la Reine, dans lequel elle expose le programme du gouvernement.

"Les semaines précédant le Conseil européen sont vitales pour mes négociations avec l'UE", a souligné Boris Johnson, ajoutant : "en montrant unité et détermination, nous avons une chance de décrocher un nouvel accord qui puisse être adopté par le Parlement".

Le précédent accord de sortie de l'UE, conclu avec le gouvernement de Theresa May après plus de deux ans de négociations acharnées, avait été rejeté à trois reprises par les députés. En effet, ces derniers n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur la forme que doit prendre le Brexit, voté en juin 2016 par 52 % des Britanniques.

"Affront à notre démocratie"

Le calendrier parlementaire défini par Boris Johnson rend improbable que les députés opposés à une sortie sans accord de l'Union européenne puissent faire voter des lois pour empêcher un Brexit sans accord le 31 octobre.

Cette suspension a été dénoncée par l'opposition comme un moyen d'empêcher les députés de stopper un Brexit sans accord le 31 octobre.

"Je suis consterné par l'inconscience du gouvernement de Boris Johnson, qui parle de souveraineté mais qui pourtant cherche à suspendre le Parlement pour éviter un examen précis de ses projets irresponsables de Brexit sans accord", a réagi Jeremy Corbyn dans un communiqué. "C'est un scandale et une menace pour notre démocratie."

De son côté, le président conservateur de la Chambre des communes, John Bercow, a évoqué "un affront à la Constitution", visant à empêcher les députés de débattre, tandis que la porte-parole de l'opposition travailliste pour les Affaires intérieures, la députée Diane Abbott, parle sur Twitter d'un "coup d'État" visé par le Premier ministre pour un "no deal désastreux".

Boris Johnson a fait preuve de "lâcheté", selon Jo Swinson, cheffe du parti libéral. "Il sait que les gens ne choisiraient pas le 'no deal' et que les représentants élus ne le permettraient pas. Il tente d'étouffer leurs voix", a-t-elle déclaré.

La veille de l'annonce, les chefs de file des partis d'opposition s'étaient réunis afin de convenir d'une stratégie commune pour éviter ce départ de l'Union européenne sans accord en votant une loi dans ce sens.

Londes et l'UE s'opposent essentiellement sur le sort de la future frontière irlandaise, qui séparera le Royaume-Uni du marché unique européen, tout en se disant prêts à en discuter.

Parmi les rares soutiens du Premier ministre, dont l'annonce a provoqué un véritable tollé, le Parti unioniste démocrate (DUP) nord-irlandais s'est, lui, félicité de la décision de Boris Johnson.

Avec AFP

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