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FRANCE

Les arrêtés antipesticides se multiplient dans l'Hexagone

Manifestation devant le tribunal administratif de Rennes en soutien au maire de Langouët, Daniel Cueff, le 22 août 2019.
Manifestation devant le tribunal administratif de Rennes en soutien au maire de Langouët, Daniel Cueff, le 22 août 2019. Sébastien Salom-Gomis, AFP
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Soucieux de "protéger" leurs administrés, des maires de tous bords politiques multiplient les arrêtés anti-pesticides à travers la France, après la suspension très médiatisée, le 27 août, de celui du maire de Langouët, en Bretagne.

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L’arrêté antipesticides du maire de Langouët fait des émules. En dépit de sa suspension, mardi 27 août, par le tribunal administratif de Rennes, de nombreux maires ont reproduit l’exemple de l'édile breton, pour protéger leurs concitoyens.

Audincourt, Revest-des-Brousses, Val de Reuil… "Chaque jour, un maire prend un nouvel arrêté" explique Daniel Cueff, maire de Langouët. "D’après ce que je sais, on a dépassé la trentaine en France" poursuit-il, précisant que certains l’appellent même pour lui demander si son arrêté est libre de droits.

Le 18 mai, Daniel Cueff avait pris un arrêté interdisant l'utilisation de produits phytopharmaceutiques "à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d'habitation ou professionnel". Un texte suspendu trois mois plus tard par le tribunal administratif de Rennes, saisi par la préfète d'Ille-et-Vilaine, au motif qu'un maire n'est pas compétent pour prendre des décisions sur l'utilisation des pesticides.

"C’est à nous de pousser"

"Ce qui exaspère les maires, c'est que le gouvernement ne fait rien et qu'il empêche en plus les maires d'agir pour protéger les habitants", a affirmé Daniel Cueff, qui dit avoir reçu 47 000 messages de soutien et un appel de Nicolas Hulot.

"On soutient le maire de Langouët. Il faut se tenir les coudes", a quant à elle expliqué Brigitte Moya, maire d'Aubenas-les-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), qui a pris un arrêté en août.

Dans le même département, Brigitte Reynaud, maire de Revest-des-Brousses, a fait de même. "C'est à nous de pousser pour que les pratiques agricoles changent", juge-t-elle.

Dans le Val-d’Oise, le maire PCF de Pierrelaye, Michel Vallade, a pris lui aussi un arrêté, même si "je sais qu'il va subir le même sort que mon camarade de Langouët".

Mais l’élu ne veut pas laisser de côté les agriculteurs. "Je veux aussi protéger les ouvriers agricoles pour que cela ne se termine pas comme l'amiante. Je ne suis pas contre l'agriculture, il faut une concertation avec les acteurs de l'agriculture", a-t-il expliqué.

Au Val-de-Reuil, commune de 16 000 habitants située dans l’Eure, Marc-Antoine Jamet (PS), a lui pris un arrêté pour interdire les pesticides à moins de 150 mètres de la voie publique, le jour même où celui de Langouët était suspendu.

90% de la population pour l’interdiction des pesticides

Secrétaire général de l’Association des maires de France, le maire UDI de Sceaux (Hauts-de-Seine), Philippe Laurent, a également signé un arrêté, car selon lui la population est "à 90 % en faveur de l'interdiction, même plus."

"Ce n'est pas un coup d'épée dans l'eau, il ne faut pas que ce soit un truc ponctuel. C'est pour cela d'ailleurs qu'autant de maires ont pris ce type d'arrêtés", dit-il.

Certains vont plus loin encore. Comme Bertrand Astric, maire sans étiquette de Boussières, dans le Doubs. Ce dernier a simplement interdit le glyphosate sur tout le territoire de la commune. "Les maires prennent les choses en main puisque l'État ne le fait pas", affirme-t-il. "C'est un cri d'alerte. Je suis apiculteur amateur, je vois les colonies d'abeilles s'effondrer, la biodiversité s'effondrer".

Contestés par les préfectures, tous ces arrêtés devraient donner lieu à des recours en justice.

Interpellé sur le sujet, le ministère de l'Agriculture a indiqué qu'une consultation publique allait être lancée "début octobre pendant six semaines dans les préfectures", réunissant tous les acteurs (préfet, agriculteurs, associations, etc…).

Des "règles" d'épandage et de pulvérisation au plan national devraient en sortir, dans le but de parvenir à un arrêté début 2020. Mais localement, riverains, agriculteurs et autorités peuvent aussi s'entendre sur des chartes territoriales plus adaptées aux réalités locales.

Avec AFP

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