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En Italie, le Mouvement 5 Étoiles pose ses conditions pour un nouveau gouvernement

Le chef du Mouvement 5 Étoiles, Luigi Di Maio, s'adressant aux médias à la suite d'une réunion avec le président italien, le 28 août 2019.
Le chef du Mouvement 5 Étoiles, Luigi Di Maio, s'adressant aux médias à la suite d'une réunion avec le président italien, le 28 août 2019. Filippo Monteforte, AFP

Le chef du Mouvement 5 Étoiles, Luigi Di Maio, a posé vendredi ses conditions à la participation de sa formation à un nouveau gouvernement en Italie avec le Parti démocrate (PD). "Incompréhensible", d'après Andrea Orlando, numéro deux du PD.

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Les tractations s'annoncent difficiles. Le dirigeant du Mouvement 5 Étoiles (M5S), Luigi Di Maio, a posé, vendredi 30 août, ses conditions à la participation de sa formation à un nouveau gouvernement en Italie avec le Parti démocrate (PD). Le Parti démocrate s'est dit surpris par les exigences de son éventuel partenaire de coalition.

Enterrant la hache de guerre après des années d'hostilités, le M5S et le PD ont conclu un accord aux termes duquel Giuseppe Conte a été reconduit, jeudi, à la présidence du Conseil. Mais ils doivent encore s'entendre sur un programme commun et la répartition des ministères.

>> À lire aussi : Reconduit par le président, Giuseppe Conte veut faire revenir l'Italie au "premier plan en Europe"

Augmenter le pouvoir d'achat

Reçu vendredi par Giuseppe Conte, Luigi Di Maio a déclaré que le soutien effectif du M5S au prochain gouvernement dépendrait de l'accueil qui serait fait à ses propositions, notamment sur la réduction du nombre des parlementaires et sur
la révocation de la concession autoroutière accordée à la société Atlantia.

"Les points de notre programme sont clairs. S'ils sont inclus dans le programme du gouvernement, alors nous pourrons y aller. Sinon, il sera préférable d'avoir de nouvelles élections et cela le plus tôt possible", a-t-il dit.

Luigi Di Maioa souligné la nécessité de réduire la pression fiscale pour augmenter le pouvoir d'achat des Italiens. Il a également demandé l'abandon de la hausse projetée de la TVA. Le prochain gouvernement devra réduire les impôts sur le revenu des classes moyennes pour stimuler la consommation, a déclaré pour sa part le numéro un du PD, Nicola Zingaretti, après son entretien avec Giuseppe Conte.

Des règles "totalement réécrites"

Sur l'immigration, Luigi Di Maio a estimé que les règles européennes actuelles devaient être "totalement réécrites". Et de réclamer qu'une récente loi restreignant drastiquement les secours de migrants en mer soit acceptée par son partenaire.

Le M5S a cependant publié dans la foulée un programme en vingt points où ne figure aucune allusion à cette loi sur les migrants voulue par le ministre sortant de l'Intérieur Matteo Salvini, chef de la Ligue d'extrême droite.

De source proche du M5S, la dureté du ton adoptée par Luigi Di Maio est un message envoyé à la base de son mouvement, alors que de nombreux militants du M5S voient dans le PD le symbole même d'un système corrompu.

Une consultation auprès des membres du M5S

Le M5S a décidé de soumettre à l'approbation de ses membres tout accord avec le PD, lors d'un vote en ligne. La date de cette consultation n'a pas encore été fixée mais il est probable que le vote aura lieu dans les prochains jours.

Luigi Di Maio a également accusé le PD de trop se focaliser sur les noms de possibles ministres. "Incompréhensible (...). Avez-vous changé d'avis ?", a
tweeté en réaction le numéro deux du PD, Andrea Orlando.

"Ces menaces et ultimatums de Di Maio sont inacceptables", a renchéri la députée du Parti démocrate Maria Elena Boschi.

Après une semaine de gains alimentés par l'espoir de voir l'Italie éviter un retour aux urnes – avec une possible victoire de la Ligue – et se doter d'un gouvernement pro-européen, la Bourse a cédé du terrain à la clôture (-0,35 %).

Un sondage publié vendredi par La Stampa montre que la Ligue a perdu quelques soutiens depuis que Matteo Salvini a torpillé le 8 août dernier la coalition gouvernementale qu'il formait depuis juin 2018 avec le M5S, mais qu'elle demeure nettement le parti le plus populaire d'Italie, avec 32 % d'intentions de vote
(contre toutefois 36 % il y a un mois).

Avec Reuters

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