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YÉMEN

Au Yémen, tensions exacerbées entre le gouvernement et les Émirats arabes unis

Des combattants séparatistes du Sud patrouillent une route lors d'affrontements avec les forces gouvernementales à Aden, le 29 août 2019.
Des combattants séparatistes du Sud patrouillent une route lors d'affrontements avec les forces gouvernementales à Aden, le 29 août 2019. Fawaz Salma, Reuters
5 mn

Le gouvernement yéménite a accusé vendredi les Émirats arabes unis d'avoir mené des raids aériens en soutien aux séparatistes qui affrontent l'armée à Aden, dans le sud du pays. Les Émiratis assurent avoir visé des "milices terroristes".

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Le torchon brûle entre le Yémen et les Émirats arabes unis. Le gouvernement yéménite a en effet qualifié vendredi 30 août de "fausses justifications" les déclarations des Émirats arabes unis, qu'il accuse d'avoir mené des raids aériens en soutien à des séparatistes qui affrontent l'armée à Aden, dans le sud du Yémen en guerre.

Vendredi, les Émirats ont confirmé avoir mené cette semaine des raids aériens contre des cibles à Aden, mais ont dit avoir visé des "milices terroristes" et agi en "légitime défense".

Les Émirats sont l'un des piliers d'une coalition militaire commandée par l'Arabie saoudite soutenant depuis 2015 le président et le gouvernement yéménites face aux Houthis qui se sont emparés de vastes régions du nord du pays, y compris la capitale Sanaa.

"Tentative misérable"

Mais depuis début août, un nouveau front s'est ouvert au sein même de cette guerre : des combats ont opposé les forces gouvernementales et les séparatistes voulant l'indépendance du sud du Yémen, et qui avaient pris le contrôle d'Aden.

Le pouvoir a accusé ouvertement les Émirats de les aider militairement, notamment avec des raids aériens contre ses troupes. Aden est devenue la "capitale provisoire" du pouvoir après la prise de Sanaa par les Houthis en 2014.

Les séparatistes ont dit jeudi avoir repris Aden aux loyalistes qui la contrôlaient mercredi. Les séparatistes l'avaient conquise une première fois le 10 août.

Le gouvernement yéménite, dont le président Abd Rabbo Mansour Hadi vit en exil à Riyad, a rejeté vendredi "les fausses justifications données par les Émirats arabes unis pour dissimuler leurs attaques flagrantes contre les forces armées nationales".

"La tentative des Émirats arabes unis d'associer le terrorisme à l'armée nationale est simplement une tentative misérable de dissimuler son ciblage flagrant et illégal de l'armée", a déclaré le gouvernement dans un communiqué.

Attentats suicide

Aden a connu vendredi deux attentats dont l'un, revendiqué par l'organisatoin État islamique, a coûté la vie à trois combattants séparatistes. Le deuxième a fait cinq blessés parmi les gardes d'un chef militaire des séparatistes qui en a réchappé.

L'attentat a tué "des membres du Cordon de sécurité (...) dans l'explosion d'une moto piégée dans le quartier Saad à Aden", a affirmé l'agence de propagande du groupe EI, faisant référence à une force séparatiste yéménite.

Les forces séparatistes ont arrêté plusieurs personnes à Aden après ces attentats, ont indiqué des sources de sécurité, disant vouloir démanteler des "cellules dormantes" de jihadistes.

Des habitants ont fait état d'arrestations de militaires loyaux au gouvernement. "Le terrorisme de Daech et d'Al-Qaïda est l'autre visage du gouvernement et de ses institutions infiltrées", a réagi le Conseil de transition du sud (STC - séparatiste) dans un communiqué.

"La lutte contre le terrorisme" a été l'une des causes invoquées par les séparatistes pour prendre le contrôle d'Aden. Ils avaient accusé auparavant le gouvernement de complicité dans deux attentats ayant fait 49 morts le 1er août dans leurs rangs.

La diplomatie émiratie assure que parmi les forces gouvernementales luttant contre les séparatistes à Aden, se trouvent des "éléments appartenant à des groupes terroristes", qui ont été visés par des raids des Émirats.

Silence de Ryad

Le président yéménite a en outre appelé Riyad à "intervenir pour arrêter les ingérences flagrantes des Émirats, leur soutien aux milices (séparatistes) et leurs raids aériens contre les forces armées yéménites".

Intervenue au Yémen contre une influence accrue de l'Iran, son rival régional, perçu comme un allié des Houthis, l'Arabie saoudite observe pour le moment un silence embarrassé sur les affrontements à Aden et face à cette dispute sans précédent parmi les membres de la coalition qu'elle conduit.

Au début des violences entre séparatistes et gouvernement, Riyad a proposé un dialogue entre les deux camps dans la ville saoudienne de Jeddah. Si le STC s'y est dit favorable, le gouvernement Hadi a exigé pour y participer un retrait des séparatistes des positions conquises à Aden et ailleurs dans le sud du Yémen.

Le ministre d'État émirati aux Affaires étrangères Anwar Gargash a défendu vendredi dans un tweet, un tel dialogue. "C'est une porte de sortie de la crise", a-t-il dit.

Avec AFP

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