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Yémen : plus de 100 morts dans une frappe de la coalition, selon la Croix-Rouge

Une équipe de la Croix-Rouge recherche d'éventuels survivants sous les décombres du centre de détention frappé par la coalition au Yémen, le 1er septembre 2019.
Une équipe de la Croix-Rouge recherche d'éventuels survivants sous les décombres du centre de détention frappé par la coalition au Yémen, le 1er septembre 2019. AFP

Une frappe de la coalition emmenée par l’Arabie Saoudite sur un centre de détention tenu par les rebelles Houthis au Yémen a fait plus de 100 morts selon la Croix-Rouge internationale.

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Selon la Croix-Rouge internationale, une frappe de la coalition emmenée par l’Arabie Saoudite sur un centre de détention tenu par les rebelles Houhis a fait plus de 100 morts au Yémen. L’institution d’aide humanitaire a affirmé s’efforcer de fournir une "aide médicale urgente" aux victimes.

La coalition intervient depuis 2015 au Yémen pour soutenir les forces progouvernementales contre les rebelles qui se sont emparés de vastes zones de l'ouest et du nord du Yémen, dont la capitale Sanaa.

Dimanche, celle-ci a annoncé avoir mené des raids aériens contre une "position militaire où sont stockés des drones et des missiles" dans la ville de Dhamar (à l’ouest du pays), selon un communiqué relayé par la chaîne de télévision saoudienne Al-Ekhbariya.

À la tête de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Yémen, Franz Rauchenstein a indiqué depuis Dhamar que "plus de 100 personnes avaient été tuées" dans cette frappe.

Selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l'Homme, 52 prisonniers ont été tués dans la frappe, 68 sont portés disparus et le bilan risque de s'alourdir.

Des victimes sous les décombres

Des équipes médicales du CICR se sont rapidement rendues sur place avec des sacs mortuaires. Il s’agit d’un "bâtiment universitaire qui a été vidé et est utilisé comme centre de détention", a indiqué Franz Rauchenstein.

"Frapper un tel bâtiment est choquant et triste, les prisonniers sont protégés par le droit international", a-t-il rappelé. Selon lui, au moins 40 blessés ont été hospitalisés dans des hôpitaux de Dhamar.

"À l'heure à laquelle nous parlons, les équipes [du CIRC] sont en train de travailler sans relâche pour trouver des survivants sous les décombres", a-t-il ajouté, estimant que les chances de survie étaient "très faibles".

Crimes de guerre

Affirmant avoir pris toutes "les mesures de précaution nécessaires pour protéger les civils", la coalition a assuré avoir visé dimanche "une cible militaire légitime".

Selon la coalition, des explosions ayant eu lieu après la frappe montrent que le bâtiment ciblé servait à stocker des armes : "Les Houthis mentaient donc en disant qu'il s'agissait d'une prison secrète."

Ces derniers ont, eux, assuré sur leur chaîne de télévision Al-Massirah que "des dizaines de personnes avaient été tuées ou blessées" dans sept frappes sur un bâtiment servant de prison.

"L'ennemi a délibérément visé des prisonniers à Dhamar, dont beaucoup s'apprêtaient à être libérés dans le cadre d'un échange de prisonniers", a déclaré le chef des rebelles, Abdelmalek al-Houthi, dans un discours télévisé.

Martin Griffiths, émissaire de l'ONU au Yémen, a dit "espérer que la coalition lance une enquête", ajoutant dans un communiqué que "la tragédie d'aujourd'hui nous rappelle que le Yémen ne peut pas attendre".

Le conflit au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts depuis 2014, dont de nombreux civils d'après des ONG. Il a plongé ce pays –le plus pauvre de la péninsule arabique – dans la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU.

Les Houthis comme l'Arabie saoudite et ses alliés sont accusés de violations qui pourraient être considérées comme des crimes de guerre.

En 2017, l'ONU avait placé la coalition sur sa liste noire des pays et entités commettant lors de conflits des exactions contre des enfants.

Nouveau front

Ces frappes interviennent alors qu'un nouveau front s'est ouvert dans la guerre au Yémen.

Depuis plusieurs semaines, la coalition est ébranlée par des combats internes dans le sud entre séparatistes sudistes yéménites, soutenus par les Émirats arabes unis, et forces progouvernementales, soutenues par Riyad.

Début août, les séparatistes ont pris le contrôle de la ville d'Aden, devenue la "capitale provisoire" du gouvernement après la prise de Sanaa par les Houthis. Gouvernement qui a accusé les Émirats arabes unis d'avoir soutenu un "coup d'État".

Selon des analystes, ces affrontements dans le sud sont un test pour Riyad, qui espère un cessez-le-feu, pour pouvoir se concentrer sur la guerre contre les rebelles, soutenus par son rival iranien.

Avec AFP

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