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Jean-Paul Delevoye, "Monsieur réforme des retraites", rejoint le gouvernement

Jean-Paul Delevoye, lors de la cérémonie de passation de pouvoirs entre Emmanuel Macron et François Hollande, le 14 mai 2017.
Jean-Paul Delevoye, lors de la cérémonie de passation de pouvoirs entre Emmanuel Macron et François Hollande, le 14 mai 2017. Benoit Tessier, Reuters

Le gouvernement d'Édouard Philippe s'est élargi, mardi, avec la nomination de Jean-Paul Delevoye pour défendre politiquement la réforme des retraites, et de Jean-Baptiste Djebbari qui hérite du portefeuille des Transports.

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Le Haut-Commissaire chargé de la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a fait son entrée, mardi 3 septembre, au gouvernement, aux côtés de la ministre des Solidarités Agnès Buzyn, à deux jours de la reprise des négociations entre exécutif et partenaires sociaux sur ce dossier potentiellement explosif. Jean-Baptiste Djebbari a également rejoint les rangs gouvernementaux, devenant secrétaire d'État chargé des Transports.

Un communiqué de l'Élysée a officialisé cette nomination, annoncée plus tôt dans la journée par l'intéressé dans un entretien à la Voix du Nord. "Il était logique qu’ayant commencé comme Haut-Commissaire, je poursuive mon travail comme tel", déclare l'ancien président du Conseil économique, social et environnemental (Cese). "Je garde la même équipe, le même lieu, pour être l’interlocuteur privilégié des partenaires et écrire la future loi".

La présidence a également annoncé la nomination du député La République en marche (LREM) Jean-Baptiste Djebbari au poste de secrétaire d'État chargé des Transports au sein de l'équipe dirigée par la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne.

Ce remaniement "technique" intervient à la veille du conseil des ministres et du séminaire gouvernemental à l'Élysée.

Création d'un système de retraites par points

Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, le projet de loi sur la réforme des retraites vise à créer un système universel par points "plus lisible et plus équitable" en 2025 dans lequel "un euro cotisé donne les mêmes droits".

Signe de la sensibilité du sujet - les différentes tentatives de réforme ont donné lieu à d'importants mouvements sociaux et manifestations massives en France notamment en 1995 et en 2003 -, l'exécutif s'est engagé à une longue concertation pour en définir les paramètres.

Encore récemment, l'exécutif espérait mettre rapidement la dernière main à son texte, afin de le présenter en conseil des ministres à la fin de l'année et de le faire voter en 2020.

Mais ce calendrier pourrait être chamboulé par la "concertation citoyenne" qui pourrait s'étaler sur un an et qui doit servir à recueillir l'avis des Français sur les pistes avancées en juillet par Jean-Paul Delevoye, au terme d'un premier travail de concertation de 18 mois avec les partenaires sociaux.

La position d'Emmanuel Macron à rebours des préconisations de Delevoye

Une nouvelle série de consultations est prévue jeudi 5 et vendredi 6 septembre à Matignon, entre les partenaires sociaux et un exécutif qui avance à pas mesurés pour s'épargner une nouvelle crise sociale après le mouvement des "Gilets jaunes".

Promettant une "grande négociation" et un "grand débat", Emmanuel Macron a créé la surprise la semaine dernière en marquant sa préférence pour un compromis sur la durée de cotisation plutôt que l'âge.

Cette position, à rebours des préconisations de Jean-Paul Delevoye, entérinées par Matignon, n'enterre nullement l'idée d'un âge pivot, a précisé toutefois par la suite la porte-parole du gouvernement. "La position d’Emmanuel Macron fait partie du débat", estime Jean-Paul Delevoye dans les colonnes de La Voix du Nord. "La loi s’écrit en marchant. Il faut considérer que la solution est à trouver entre deux".

"La confiance que me montre le président par ma nomination montre en réalité qu’il nous faut réapprendre en France la culture de la controverse", poursuit-il. "Le président n’est pas lié par mon rapport. Il apporte sa clarification".

Remaniement avant les municipales ?

Figure remarquée du parti présidentiel depuis son entrée à l'Assemblée nationale au printemps 2017, Jean Baptiste Djebbari s'occupera des Transports au sein de l'équipe d'Elisabeth Borne, qui compte aussi Emmanuelle Wargon et Brune Poirson.

À 37 ans, l'élu de la Haute-Vienne, ancien pilote de ligne, a notamment été le rapporteur du projet de loi sur le "nouveau pacte ferroviaire" en 2018 et était porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée nationale.

Le 21 août, Emmanuel Macron avait exprimé le souhait, lors d'une rencontre avec l'Association de la presse présidentielle à Paris, de changer de méthode afin d'être mieux compris des Français, sans forcément modifier son gouvernement.

Avec Reuters

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