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Les TV locales, fragiles mais prometteuses, aiguisent les appétits

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Paris (AFP)

Les chaînes locales aiguisent les appétits: le modèle économique de ces petites structures reste encore à trouver, mais les groupes Altice et Vià ont déjà commencé à se partager la France.

Le groupe Altice, propriétaire de BFMTV, se déploie région par région, appliquant les recettes de la chaîne News 12 qu'elle possède à New York.

Lancée fin 2016, la chaîne d'info locale en continu BFM Paris attire environ 500.000 téléspectateurs par jour. Elle se lance mardi à Lyon, sera bientôt à Lille et négocierait à Strasbourg.

Le réseau Vià regroupe de son côté une vingtaine de ces chaînes, diffusées sur le canal 30 des box et souvent sur la TNT, de TéléPaese en Corse à Tébéo en Bretagne en passant par ViàMirabelle (Lorraine) et ATV Martinique.

Fondée en 2018 par l?entrepreneur et homme de presse Bruno Ledoux et par Christophe Musset, le président du groupe Médias du Sud (ViàOccitanie), l'alliance compte réunir au total 30 chaînes locales d'ici 2020, sur la cinquantaine que compte le pays.

Les chaînes du réseau vont lancer une matinale commune à l'automne, préparent un jeu présenté par Julien Lepers, et comptent mieux valoriser leurs écrans publicitaires.

Dans le sud, c'est la chaîne de télévision Azur TV qui a retenu l'attention du milliardaire Iskandar Safa, peu après son ouverture vers le Var et la Provence. Et de nombreux groupes de presse locale possèdent ou ont des parts dans des chaînes, à l'image du groupe Sud Ouest avec TV7 Bordeaux.

Ces groupes s'investissent car "il y a un fort intérêt pour les territoires, les +gilets jaunes+ l'ont montré récemment", fait valoir Christophe Musset. "A l'inverse de Colbert, on pense que tout émerge du local".

- Une économie fragile -

L'économie de ces chaînes reste pourtant "à façonner", décrit Fabrice Schlosser, coprésident de Locales.tv, l'association qui les représente.

Ces petites structures aux formats très variés vivent de la publicité mais aussi de contrats avec les collectivités territoriales. Elles présentaient un chiffre d'affaires cumulé de moins de 93 millions d'euros en 2017, en hausse de près de 10 millions d'euros sur un an, selon un rapport du CSA.

"Les chaînes locales ne sont pas toutes déficitaires, mais elles restent fragiles", prévient Roch-Olivier Maistre, le président du CSA, qui suit le secteur de près, car il "contribue au pluralisme".

Le bilan de ces chaînes s'est stabilisé ces dernières années, notamment grâce à des évolutions techniques: dans les rédactions, les coûts de production ont été "divisés par deux en vingt ans", décrit Christophe Musset. A Lyon comme à Paris, les journalistes de BFM filment au smartphone.

Internet a également permis à ces chaînes de toucher un public plus jeune avec leurs vidéos sur l'actualité locale.

"L'offre des chaînes est montée en puissance ces dernières années, le marché arrive à maturité", souligne Guy Détrousselle, directeur du pôle local de Médiamétrie. 1,3 million de téléspectateurs, plutôt âgés, regarde chaque jour en moyenne une des 30 chaînes locales mesurées par l?institut.

- "De la place pour tout le monde" -

"BFM joue une bonne carte, il y a de la place pour tout le monde", opine Christophe Musset chez Vià. Le marché publicitaire local était jusqu'ici "préempté par les journaux locaux et les radios", avec 100 millions d'euros seulement pour la TV sur un gâteau de 2,6 milliards, décrit Christophe Musset. Mais il pourrait favoriser des grands groupes avec des régies centrales, à l'image de ce qui existe dans la radio.

La future loi sur l'audiovisuel pourrait débloquer par ailleurs de nouvelles ressources publicitaires en autorisant les annonceurs à mieux cibler les téléspectateurs selon leur géolocalisation.

L'intérêt pour l'information locale a aussi favorisé les audiences de France 3. Du côté du leader public de l'info locale, "on est serein, mais on ne lâche rien", souligne Laurence Mayerfeld, la directrice du réseau régional.

La chaîne présente aussi des matinales communes avec France Bleu, qui après Nice et Toulouse s'étendront en septembre à Lille et Guéret (Creuse).

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