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A Paris, LREM se résigne à une candidature dissidente de Villani

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Paris (AFP)

Il assure que ce n'est "pas un acte de défiance": Cédric Villani, candidat malheureux à l'investiture pour les municipales à Paris, doit préciser mercredi soir ses "intentions", au grand dam de certains "marcheurs" qui ne doutent plus d'une candidature dissidente.

Depuis une brasserie du XIVe arrondissement, le mathématicien éconduit par les membres de la Commission nationale d'investiture de La République en marche en juillet, qui lui ont préféré Benjamin Griveaux, annoncera sa décision de se présenter tout de même ou non, devant une presse attendue en nombre et des Parisiens.

"Ces derniers mois n'ont pas été simples ... ni pour moi, ni pour vous je pense. En tout cas, j'ai pris l'été pour mûrir ma réflexion", a écrit lundi le mathématicien et député de l'Essonne à Benjamin Griveaux et Stanislas Guerini, patron du parti présidentiel.

Un message concis pour décliner l'offre de l'ancien porte-parole du gouvernement de "co-piloter" la campagne, dans lequel M. Villani regrette que "ces propositions ne dissipent pas le malaise que j'ai ressenti (...) sur le fonctionnement de la procédure d'investiture". Depuis des semaines, le député et son entourage dénoncent en effet un processus "vicié", estimant que la désignation de M. Griveaux, marcheur de la première heure et proche de M. Guerini, était jouée d'avance.

"Mais si c'était à ce point vicié, il ne fallait pas y aller", persifle en retour M. Griveaux.

"On est en train de nous gâcher la campagne", mais "on arrive au dénouement d'une stratégie de long terme qu'on connaissait, même si on a toujours appelé au rassemblement", résume auprès de l'AFP Pacôme Rupin, directeur de campagne de Benjamin Griveaux.

"La pré-campagne a permis de structurer tout cela", notamment en constituant des réseaux chez les "marcheurs", admet Baptiste Fournier, directeur de la campagne interne de M. Villani. Maintenant, "on n'est pas là pour faire de la figuration", prévient-il, après avoir soigneusement orchestré l'intérêt médiatique autour de la décision du médaillé Fields.

Pour Pacôme Rupin, le mathématicien a aussi "bénéficié des mécontentements en interne, nés après l'adoption des statuts de La République en Marche qui n'a pas laissé plus de place aux adhérents". D'où "l'idée d'une primaire", qu'il a appuyée avec force.

- L'été à attendre -

Résultat des courses: "Ca part en couilles", lâche, plus trivial, un élu parisien de la "Macronie", qui note, amer, que "tout l'été a été suspendu à la phrase de Villani, disant qu'il donnerait sa décision début septembre".

Brandi telle une menace, l'article 30 des statuts du parti, qui prévoit une exclusion en cas de dissidence, ne sera pas forcément activé.

"Ce n?est pas à nous de l?exclure, mais à lui de savoir s?il reste et s?il est en ligne avec les valeurs que nous portons", souffle Benjamin Griveaux. "Quand on est un responsable politique, on prend ses responsabilités. Et on est dans la clarté", ajoute-t-il.

Au sein de LREM, "très peu de gens pensaient que ça allait se finir comme ça", concède Pacôme Rupin. En juillet, les cadres du parti et soutiens de M. Griveaux ne doutaient guère d'un rabibochage, à l'instar du patron des députés LREM, Gilles Le Gendre, alors convaincu qu'il "(fallait) laisser le temps qu'il faut pour que (les candidats malheureux) se rassemblent".

"Je suis intimement convaincu qu'on peut le réarrimer", martelait encore mardi M. Griveaux qui se refuse à "lui claquer la porte au nez", se prévalant d'avoir rallié à sa bannière d'autres candidats malheureux (Mounir Mahjoubi, Hugues Renson).

Pour LREM, un cavalier seul de M. Villani pourrait aussi aviver la crainte d'un effet domino et d'une multiplication de candidatures dissidentes au sein des marcheurs déçus.

A Paris, le duel a aussi son incidence au sein du conseil de Paris, où se côtoient des élus macronistes pro-Griveaux et pro-Villani. Ils sont disséminés dans les groupes PPCI (Parisiens, progressistes constructifs et indépendants, droite) et DP (démocrates et progressistes, gauche), sans perspective de fusion pour l'heure.

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