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Dans la presse

Avortement au Maroc : "Des lois du Moyen-Âge"

France 24

Dans la presse, ce jeudi 5 septembre, le très lourd bilan des bombardements menés ces derniers mois en Syrie par le régime, une journaliste marocaine en prison après une visite chez son médecin, un nouvel épisode du feuilleton du Brexit, et le sourire de Theresa May.

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Dans la presse, ce jeudi matin, le très lourd bilan des bombardements massifs menés depuis quatre mois par le régime de Bachar al-Assad et son allié russe, sur les provinces de Hama et Idleb, dans le nord de la Syrie.

D'après la Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Michelle Bachelet, ces bombardements ont tué plus de 1 000 civils, dont 304 enfants, entre la fin du mois d'avril et la fin du mois d'août – un chiffre relayé par le quotidien saoudien Arab News, qui rapporte qu'un "cessez-le-feu fragile est entré en vigueur samedi dernier dans la région d'Idleb", dont près de la moitié de la population, soit 1,5 million de personnes, a été déplacée. Cette situation risque d'empêcher des dizaines de milliers d'enfants de retrouver les bancs de l'école, a alerté l'ONG Save The Children, citée par le quotidien libanais L'Orient-Le Jour. Selon l'association britannique, 87 établissements scolaires "ont été endommagés ou touchés par les combats" dans le nord-ouest de la Syrie, et plus de 200 écoles "sont actuellement utilisées comme abri", ce qui conduit de nombreux parents à refuser d'envoyer leurs enfants à l'école, par crainte de les exposer à des attaques.

Après huit ans de guerre, Bachar al-Assad semble sur le point de remporter la victoire. Foreign Policy rappelle que cette victoire annoncée s'est construite sur "le massacre de la population syrienne avec l'aide de la Russie" – un massacre dont l'intensité n'a pas faibli ces derniers mois, au cours desquels "la Syrie n'a plus fait les gros titres des journaux, remplacée par le Brexit, le Cachemire, les ouragans et les manifestations à Hong Kong". Quand finira le calvaire des civils syriens ? D'après le site américain, "seule la peur de l'Europe d'être confrontée à un nouvel afflux de réfugiés syriens, pourrait la décider à agir pour stopper le carnage", "comme si l'Occident était davantage hanté par le spectre des réfugiés que par la souffrance des enfants syriens".

Au Maroc, l'arrestation d'une jeune journaliste accusée de "relations sexuelles hors mariage" et d'"avortement illégal" après une visite chez son médecin, suscite l'indignation d'une partie de l'opinion. D'après le magazine Paris Match, Hajar Raissouni, 28 ans, est détenue depuis samedi, en attendant son procès prévu la semaine prochaine. Selon son avocat, la jeune femme, mariée religieusement à son compagnon, a été soignée pour une hémorragie interne et non un avortement – qui est passible de six mois à cinq ans de prison au Maroc, où le code pénal sanctionne aussi bien celle qui avorte que ceux qui pratiquent l'avortement, les relations sexuelles hors mariage étant quant à elles sanctionnées par un mois à un an de prison. Des sanctions qui relèvent de "lois du Moyen-Âge", selon la journaliste et sociologue marocaine Sanaa El Aji, dont la tribune est publiée par le Huffington Post Maghreb, qui considère que "seul un État arriéré peut jeter en prison des adultes pour avoir eu une relation amoureuse ou sexuelle". "Peu importe si Hajar Raissouni a avorté ou non. L'essentiel est qu'elle est poursuivie pour un motif que nous devrions avoir honte de voir figurer dans l'arsenal juridique", dénonce Sanaa El Aji. Celle-ci prend à partie "certains courants islamistes et conservateurs" : "Lorsqu'ils comprendront que cette liberté individuelle est celle qui les protège de l'exploitation de leur vie privée contre eux par leurs adversaires idéologiques, alors chacun contribuera à construire une société mature où les individus ne seront pas emprisonnés pour l'amour et le plaisir".

Le feuilleton du Brexit fait toujours la une de la presse britannique. Dernier épisode en date : le double revers essuyé par Boris Johnson au Parlement mercredi. Ses menaces n'y auront rien fait. Les députés ont dit deux fois "non" au Premier ministre : non à la possibilité de quitter l'Union européenne sans accord et non à des élections anticipées. Bref, Boris Johnson est désormais "acculé", résume The Independent. Un constat partagé par la presse tabloïd, pourtant fervente adepte du Brexit en général, et du style Johnson en particulier. "Boris Johnson le mou n'arrive pas à avoir une élection", ironise The Sun, avec un jeu de mot contenant une allusion érectile dont je vous laisse juges, tandis que The Daily Mirror le présente même comme "le pire Premier ministre que le Royaume-Uni ait jamais connu" – depuis celle qui l'a précédé, entendez : Theresa May.

The New York Times n'a pas oublié la longue descente aux enfers de l'ancienne Première ministre. "Theresa May a essuyé pendant trois ans les critiques sur le Brexit. Maintenant, regardez qui rigole." Celle qui a précédé Boris Johnson à Downing street a effectivement plutôt l'air de s'amuser, sur une photo où on la voit souriante sur les bancs du Parlement, il y a deux jours. "Certes, on ne connaît pas les raisons précises de ce sourire, écrit le journal, en rappelant que Theresa May a elle-même échoué à trois reprises à faire adopter son projet de Brexit par le parlement. Certes, poursuit le NYT, Theresa May n'a pas rejoint les rangs des 21 rebelles conservateurs qui ont voté contre Boris Johnson et contre leur propre camp. Mais elle souriait toujours, mardi soir, après une journée de drame, d'insultes, et de récriminations à Westminter." Ce sourire exprime-t-il le simple soulagement de ne plus être au centre de toutes les critiques ? Ou la joie mauvaise qu'on éprouve parfois devant les malheurs d'autrui ? Ça l'histoire, ne le dit pas.

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