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En Tunisie, un premier débat pour la présidentielle calme et très suivi

Des Tunisois regardent le débat télévisé avec huit des présidentiables, dans un café à Tunis, le 7 septembre 2019.
Des Tunisois regardent le débat télévisé avec huit des présidentiables, dans un café à Tunis, le 7 septembre 2019. Fethi Belaïd, AFP

Près d'une semaine avant le scrutin, huit des 26 candidats à la présidentielle tunisienne ont exposé, samedi, leurs projets lors du premier débat télévisé, un événement rare dans le monde arabe mais qui a été très bien accueilli par les Tunisiens.

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Concentrés, studieux : huit des 26 candidats à la présidentielle tunisienne ont exposé, samedi 7 septembre, leur credo lors de la première de trois soirées de débat télévisé, un événement très rare dans le monde arabe qui a duré deux heures et a été très suivi par les électeurs.

À huit jours du premier tour de scrutin, ce débat a été salué comme "historique" et comme "un moment de fierté" par des Tunisiens rassemblés dans des cafés ou commentant l'émission en direct sur les réseaux sociaux.

Pendant deux heures et demie, debout derrière leurs pupitres, les postulants ont répondu à des questions tirées au sort et posées par deux journalistes modérateurs.

À l'origine, ils devaient être neuf, mais le candidat et homme d'affaires controversé Nabil Karoui était absent, emprisonné pour blanchiment d'argent depuis le 23 août. Il s'est cependant invité dans le débat en tweetant pendant la soirée.

Les autres candidats, parmi lesquels l'islamiste Abdelfattah Mourou, l'ancien Premier ministre Mehdi Jomaa, l'ancien président Moncef Marzouki, l'avocate anti-islamiste Abir Moussi et le militant des droits de l'Homme Mohammed Abbou, n'ont pas évoqué l'absent.

Sécurité, diplomatie, libertés publiques, questions économiques et sociales... L'éventail était large et chacun disposait de 90 secondes pour répondre, temps de parole impitoyablement ponctué par des bips lorsqu'ils menaçaient de déborder.

L'émission s'est achevée au bout de deux heures, et chacun a pu, pendant 99 secondes, présenter ses grandes lignes et son credo pour ses 100 premiers jours de présidence.

Fort intérêt

Présenté par les organisateurs comme "l'événement" de la campagne électorale et comme un "tournant" dans la vie politique de la Tunisie, pays pionnier du Printemps arabe, le débat, retransmis sur onze chaînes de télé et une vingtaine de radio, a suscité un fort intérêt.

De nombreux Tunisois s'étaient ainsi donné rendez-vous dans des cafés de la capitale pour regarder l'émission. Dans un de ces cafés, dont les chaises débordaient sur la rue, plusieurs dizaines de spectateurs - en majorité des jeunes - ont regardé jusqu'à la fin, sans décrocher, l'exercice politique un peu convenu.

"C'est encore flou pour moi, je n'arrive pas à trouver mon candidat. Ils font des réponses standard", expliquait Imen, une jeune femme. "Historique !", exultait de son côté un internaute sur Twitter, tandis que d'autres s'agaçaient des imprécisions ou des questions posées.

Selon le politologue Ziyed Krichen, de nombreux électeurs, désarçonnés par le nombre pléthorique de candidats et les enjeux difficiles à cerner, pourraient se décider grâce au débat. "Ça va probablement se jouer durant les trois débats télévisés, sur peu de choses, et quelques milliers de voix pourraient changer radicalement le visage du pays", estimait-il avant la diffusion de l'émission.

Une quasi première

L'opération mobilise depuis des semaines les médias audiovisuels publics et privés, ainsi qu'une ONG spécialisée dans le débat politique. Solennellement intitulée "La route vers Carthage. La Tunisie fait son choix", l'émission était aussi retransmise sur des chaînes de télévision irakienne, libyenne ou algérienne.

"C'est un premier pas qui servira d'inspiration", dans un monde arabe où "la culture du débat n'a pas encore sa place", espère Belabbes Benkredda, de l'ONG partenaire, Munathara.

"Souvent dans le monde arabe, quand on parle compétition, on sait d'avance qui gagne à la fin, avec 99,99 %. Aujourd'hui, on ne sait pas qui va gagner", estimait pour sa part Lassad Khedder, un représentant d'un syndicat de chaînes de télévision privées, co-organisateur de l'événement.

En 2012, 15 mois après le renversement du président Hosni Moubarak par un mouvement de contestation inspiré par la révolution tunisienne, l'Égypte avait organisé un duel télévisé, qualifié alors d'"historique", entre seulement deux favoris des 13 candidats à la présidentielle.

Dimanche 8 septembre et lundi 9 septembre au soir, les 17 candidats tunisiens restants, divisés en deux groupes, débattront à leur tour devant les caméras.

Avec AFP

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