Accéder au contenu principal

Après six mois de grève aux urgences, Agnès Buzyn dévoile son plan d'action

Une grève touche les services d'urgences hospitaliers français depuis près de six mois, comme ici à Nantes.
Une grève touche les services d'urgences hospitaliers français depuis près de six mois, comme ici à Nantes. Loïc Venance, AFP

La ministre française de la Santé, Agnès Buzyn, doit annoncer lundi des nouvelles mesures aux partenaires sociaux pour tenter d'enrayer le mouvement social qui touche les services d'urgences depuis bientôt six mois.

Publicité

Dernière chance de convaincre pour Agnès Buzyn. La ministre française de la Santé doit annoncer une série de mesures, lundi 9 septembre, pour convaincre les services d'urgences de mettre fin à leur mouvement social, qui dure depuis près de six mois. La semaine sera décisive alors qu'une assemblée générale des grévistes aura lieu mardi et une manifestation à l'appel de la CGT mercredi.

Aux grands maux, les grands remèdes ? Après deux timides séries d'annonces, mi-juin puis début septembre, Agnès Buzyn présentera un autre "plan d'actions" pour la "refondation des urgences", inspiré des propositions du député LREM de Charente Thomas Mesnier et du chef du Samu de Paris, Pierre Carli.

La ministre a promis dimanche "un budget dédié pour régler la crise" en cours dans la moitié des services d'urgences publics. Mieux encore : "Je vais mettre de l'argent dans des solutions pérennes, restructurantes, qui vont régler le problème des urgences sur le long terme", a-t-elle affirmé.

Selon le Journal du dimanche, "trois mesures choc sont en préparation", avec "des réouvertures de lits", une "réforme de la tarification" et un "numéro de téléphone unique" pour les secours médicaux.

La primeur de ce plan sera réservée aux représentants des personnels et dirigeants hospitaliers, qu'Agnès Buzyn recevra à 15 h avec les syndicats de médecins libéraux et le collectif Inter-Urgences, à l'origine de ce mouvement social inédit.

249 hôpitaux en grève

Selon cette association de paramédicaux, 249 sites étaient en grève vendredi – tout en continuant d'assurer les soins. De son côté, le ministère en avait recensé 195 mi-août, seul pointage rendu public à ce jour. Si ce nombre sonne comme une reconnaissance de l'ampleur de la crise débutée mi-mars, il dit aussi l'insuffisance des premières réponses apportées avant l'été.

Malgré la prime mensuelle de 100 euros net versée dès juillet et les 15 millions d'euros débloqués pour recruter des renforts saisonniers, la grogne n'a cessé de s'étendre.

"La prime Buzyn a eu l'effet inverse de celui escompté : elle a montré que c'était possible", explique Hugo Huon, président du collectif Inter-Urgences, dans un entretien au Journal du dimanche.

Sur le terrain, "les gens ont la rage, ils sont désespérés", ajoute cet infirmier de l'hôpital Lariboisière, à Paris.

Obligée de revoir son dosage, Agnès Buzyn a dévoilé en début de semaine une deuxième salve de mesures "remontées du terrain", comme "l'admission directe" des personnes âgées sans passer par les urgences, la "vidéo-assistance" entre les Ehpad et les régulateurs du Samu, ou encore l'envoi d'une ambulance vers un médecin libéral pour les cas les moins graves.

Une panoplie censée limiter l'afflux de patients dans des services déjà saturés, dont la fréquentation a plus que doublé en vingt ans, atteignant 21,4 millions de passages en 2017.

Mais la ministre n'a pas chiffré le coût de ses promesses, ni satisfait les revendications des grévistes, qui réclament davantage de postes et de lits dans les hôpitaux.

Le "plan d'actions" qui sera détaillé lundi aura donc des airs de plan de la dernière chance pour sortir du conflit.

Une série d'actions déjà planifiées dans la semaine

D'autant plus que "l'assemblée générale nationale" du collectif Inter-Urgences se tiendra mardi à partir de 12 h à Saint-Denis, afin notamment de définir "un calendrier d'action".

"On réfléchit à de nouveaux arrêts maladie groupés", prévient M. Huon, qui estime que sans ce type d'électrochoc au printemps, Agnès Buzyn "n'aurait pas bougé".

À présent, "il faudrait qu'elle mette beaucoup d'argent sur la table, que Bercy ouvre les vannes", ajoute-t-il.

L'événement a reçu le soutien de plusieurs syndicats et associations de médecins hospitaliers, invitant les praticiens "à rejoindre la mobilisation" pour "mettre fin aux restrictions budgétaires pour l'hôpital public".

Un mot d'ordre semblable à celui de la CGT, qui tente depuis des mois d'élargir le mouvement à tout le secteur sanitaire et social, notamment la psychiatrie et les Ehpad.

Son appel à une "grande journée d'action nationale" mercredi, avec une manifestation parisienne à 13 h depuis la place d'Italie jusqu'au ministère de la Santé, n'a cependant pas trouvé d'écho parmi les autres syndicats.

Avec AFP

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.