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Hiroto Saikawa, fossoyeur de Carlos Ghosn, quitte la direction de Nissan

Hiroto Saikawa lors d'une conférence de presse à Yokohama, au Japon, en décembre 2018.
Hiroto Saikawa lors d'une conférence de presse à Yokohama, au Japon, en décembre 2018. Behrouz Mehri, AFP

La démission de Hiroto Saikawa, le directeur général de Nissan, sera effective le 16 septembre. Très critique des malversations présumées de son mentor Carlos Ghosn, il a lui aussi été poussé vers la sortie en raison d'une prime indûment perçue.

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Le fossoyeur de Carlos Ghosn tombe à son tour. Le directeur général exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa, rattrapé par un scandale de prime indûment perçue, quittera ses fonctions le 16 septembre, a annoncé lundi 9 septembre le groupe, qui vit un nouvel épisode de sa profonde crise depuis l'arrestation et l'éviction de Carlos Ghosn.

L'actuel directeur opérationnel du groupe, Yasuhiro Yamauchi, assurera l'intérim dans l'immédiat. Puis, le comité des nominations au sein du conseil d'administration a l'intention de choisir "d'ici fin octobre" un successeur à Hiroto Saikawa, a déclaré le président du conseil d'administration du groupe, Yasushi Kimura, lors d'une conférence de presse au siège de Nissan à Yokohama, près de Tokyo.

Les conclusions de l'audit interne mené par Nissan et présenté lundi aux membres du Conseil d'administration ont confirmé ce que des médias japonais indiquaient : en 2013, Hiroto Saikawa a délibérément fait en sorte que ses "share appreciation rights" (SAR), une prime en numéraire correspondant à une plus-value liée à la hausse de l'action Nissan sur une période définie, soient gonflées.

À la demande de Hiroto Saikawa, la date d'exercice de ses SAR avait été différée d'une semaine, entraînant une hausse "illégitime" de sa prime à hauteur de 47 millions de yens (environ 400 000 euros au cours actuel), selon l'audit de Nissan.

"Je ne suis pas fier"

Le successeur de Carlos Ghosn, Hiroto Saikawa, 65 ans, était directeur général de Nissan depuis 2017, quand son mentor lui avait cédé les commandes exécutives du groupe.

Après l'arrestation de Carlos Ghosn en novembre dernier pour des malversations financières présumées, Hiroto Saikawa avait retourné sa veste avec fracas et s'érigeait en modèle de vertu.

À ce moment-là, il n'avait pas de mots assez durs pour fustiger "la face obscure" du tout-puissant Ghosn, qui venait d'être arrêté au Japon, après une enquête interne de Nissan menée dans le plus grand secret. Son ancien mentor est désormais assigné à résidence à Tokyo dans l'attente de son procès prévu en 2020.

Trop associé à l'ère Ghosn

Les  jours de Hiroto Saikawa à la tête de Nissan semblaient comptés depuis plusieurs mois : certains actionnaires réclamaient en effet son départ, le jugeant trop associé à l'ère Ghosn.  

Le dirigeant, qui avait déjà reconnu les faits la semaine dernière, a fait une apparition surprise à la fin de la conférence de presse de lundi. "Je ne suis pas fier", a-t-il reconnu. Il a néanmoins persisté à vouloir distinguer son cas des "véritables mauvaises pratiques intentionnelles qui ont émergé depuis novembre, décembre dernier", dans une allusion à Carlos Ghosn.

Nombreux chantiers

Son départ précipité arrive à un moment peu propice pour Nissan, dont les profits et les ventes sont au plus mal.

Le groupe vient aussi d'entamer une vaste restructuration de ses activités de production, qui va passer par la suppression de 12 500 emplois dans le monde.

Nissan et son partenaire français Renault s'efforcent aussi de rebâtir leur alliance, mise à mal depuis l'éviction de Carlos Ghosn, qui était la clé de voûte de l'édifice.

Actuellement, Renault - dont l'État français détient 15 % du capital - contrôle 43 % de Nissan, lequel possède 15 % du constructeur tricolore.

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