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Avec ou sans sucre, les sodas sont nocifs pour la santé

Jannes Pockele, Flickr

Selon une étude du Centre international de recherche sur le cancer, deux verres de sodas par jour suffiraient à augmenter le risque de mortalité, toutes causes confondues.

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Coca-Cola, Orangina et autres Schweppes, les boissons sucrées sont une nouvelle fois pointées du doigt. D’après une étude réalisée par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) et publiée le 3 septembre par la revue en ligne JAMA Internal Medicine, boire deux verres ou plus de boissons sucrées ou édulcorées par jour augmenterait les risques de mortalité, toutes causes confondues. Selon les chercheurs, les consommateurs réguliers de ces breuvages (plus de deux verres par jour) seraient sujets à 17 % de risques mortels supplémentaires que ceux qui n’en boivent presque jamais.

Menée sur 451 743 individus de dix pays européens (dont la France, l’Allemagne, la Grèce ou encore l’Italie), l’étude a recensé les habitudes de consommation de boissons sucrées ou édulcorées pendant seize ans. Résultat : 9,3 % des participants buvant moins d’un verre de soda par mois sont décédés durant la période, contre 11,5 % de ceux qui en buvaient plus de deux verres de 25 cl par jour.

"Éviter les raccourcis"

Dans l’étude, les chercheurs ont également pris en compte des facteurs comme le régime alimentaire, l’activité physique, le tabagisme, l’indice de masse corporelle (IMC) ou l’éducation des interrogés. Ils en ont conclu que les amateurs de sodas sucrés s’exposaient davantage à des risques de maladies digestives, tandis que pour les consommateurs de boissons édulcorées – à savoir une grande partie des boissons étiquetées "light" –, les maladies cardiovasculaires seraient plus fréquentes. Enfin, la consommation de ces deux types de sodas favoriserait le développement de la maladie de Parkinson.

Un constat peu surprenant pour le médecin spécialisé en nutrition Éric Ménat. "Le sucre est la première source d’obésité et de diabète, responsables de problèmes cardiovasculaires", explique-t-il à France 24. "Après, il s’agit d’études statistiques. Il faut toujours prendre en compte le mode de vie de ces individus afin d’éviter les raccourcis." Même son de cloche du côté de Boris Hansel, endocrinologue-diabétologue et nutritionniste à l’hôpital Bichat. "On sait que les sodas ont des effets sur la paroi de l’intestin, ils le rendent plus vulnérable aux infections et donc aux maladies digestives", détaille-t-il à France 24. "Cependant, on ne sait toujours pas précisément pourquoi les boissons édulcorées causent ces maladies", admet-il. "C’est pourquoi il faut prendre en compte bien d’autres paramètres : peut-être que les personnes qui se sont tournées vers les boissons "light" avaient déjà un passif avec les boissons non "light". On sait qu’elles sont nocives, mais on ne peut pas encore parler de lien direct de causalité."

Une prévention encore peu efficace

Pour arriver à un résultat fiable, les recherches se sont multipliées ces dernières années. "C’est la troisième grande étude publiée en 2019 qui associe les boissons sucrées aux décès, toutes causes confondues", affirme le docteur Neil Murphy, impliqué dans les recherches du Circ. En juillet dernier, une étude de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) mettait en évidence le rôle des boissons sucrées dans la "maladie du foie gras", une pathologie hépatique due à l’accumulation de sucre et de gras dans cet organe. Pour la première fois, des estimations officielles étaient alors avancées : environ 8 millions de Français auraient le foie trop gras en 2019.

Pourtant, malgré la prévention sur les produits et la "taxe soda" entrée en vigueur en 2012 en France, la consommation de ces boissons n’aurait pas diminué dans le pays. "Le bandeau 'manger, bouger' est une hypocrisie", affirme Éric Ménat. "Les campagnes de sécurité routière fonctionnent, car elles sont longues et explicites. Imaginez si l’on proposait de vraies images des risques de ces sodas à la télévision ? Avec un temps de parole équivalent à celui des pubs en leur faveur ?" En attendant, les scientifiques du Circ affirment continuer leurs recherches, notamment du côté de l‘impact direct des édulcorants sur le corps humain.

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