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Pour le patron du football français, l'homophobie ne mérite pas l'arrêt des matches

Les banderoles des supporters marseillais lors du match entre l'OM et Saint-Étienne au stade Vélodrome, le 1er septembre 2019.
Les banderoles des supporters marseillais lors du match entre l'OM et Saint-Étienne au stade Vélodrome, le 1er septembre 2019. Christophe Simon, AFP

Estimant mardi sur France Info que l'homophobie "n'est pas la même chose" que le racisme, le président de la fédération française de football, Noël Le Graët, a demandé aux arbitres de ne plus arrêter les matches de Ligue 1 dans ce cas.

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Le président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët, persiste et signe. Mardi 10 septembre, sur France Info, il a fait savoir qu'il était contre l'arrêt des matches de Ligue 1 en raison de chants homophobes dans les stades. Un pavé dans la mare, à quelques heures du match France-Andorre, en qualifications à l'Euro-2020.

Depuis le début de la saison, plusieurs rencontres ont été brièvement interrompues en première et deuxième divisions françaises pour faire cesser des chants homophobes ou des banderoles injurieuses. Une fermeté réclamée et vivement saluée par la ministre des Sports Roxana Maracineanu, sa collègue chargée de la lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa, et par les associations de lutte contre l'homophobie.

Noël Le Graët avait déjà détonné, jeudi, en estimant dans les colonnes du quotidien régional Ouest-France "qu'on arrêtait trop de matches" pour des manifestations homophobes dans les stades.

La différenciation entre "homophobie et racisme est erronnée"

Cette fois, c'est sur la radio France Info que le président de la FFF, 77 ans, a enfoncé le clou, mardi matin : "L'arrêt des matches ne m'intéresse pas. C'est une erreur. J'arrêterais un match pour des cris racistes, j'arrêterais un match pour une bagarre, des incidents, s'il y a un danger dans les tribunes", a poursuivi Noël Le Graët, assurant que le racisme dans les stades et l'homophobie en tribunes, "ce n'est pas la même chose" et appelant les clubs à "agir" via leurs services de sécurité.

"La position qu'a prise Noël Le Graët en faisant une différenciation entre homophobie et racisme est erronnée", a réagi dans la foulée la ministre des Sports Roxana Maracineanu. Elle l'a invité "à prendre sa part de responsabilité dans la lutte contre toutes les dicriminations en général". "Cette actualité dénote du manque de préparation sur ce sujet", a estimé la ministre.

Le président de la FFF "espère" de son côté que sa nouvelle consigne sera prise en compte dès la prochaine journée de championnat. La Direction technique de l'arbitrage (DTA), qui assure la gestion des arbitres de Ligue 1 et de Ligue 2, dépend de la FFF. Du côté du corps arbitral, "le message (du président Le Graët) a été entendu", a indiqué à l'AFP une source proches des arbitres, se disant "dans l'attente d'une consigne qui sera certainement transmise" en vue du prochain week-end de championnat.

Colère des associations

Cette nouvelle sortie du président de la fédération a suscité de vives réactions, et même de la colère parmi les associations qui luttent contre l'homophobie. Le collectif Rouge Direct a lancé ainsi sur Twitter un "appel à la démission" de Noël Le Graët", dont le mandat s'achève en 2020, après les Jeux olympiques de Tokyo.

Le président de la fédération française n'a pas encore faire savoir s'il souhaitait se représenter ou non, mais Dominique Sopo, président de l'association SOS Racisme l'invite déjà "à prendre sa retraite".

Comme la semaine passée, après la première sortie de Noël Le Graët, l'association des PanamBoyz & Girlz United, qui dénonce l'homophobie dans le football et travaille sur le sujet avec la Ligue de football professionnel (LFP), a également exprimé sa consternation. "Arrêter un match pour des cris racistes, oui ! Pour des chants homophobes, non ! Quand le président de la FFF fait un tri immonde entre discriminés. Propos totalement scandaleux. Quelle honte !", écrit sur Twitter l'association.

Réagissant auprès de l'AFP aux propos de Noël Le Graët, le président de l'Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas s'est montré plus nuancé, plaidant pour une utilisation "avec modération" de l'arrêt des matches, en marge de l'assemblée générale de l'Association européenne des clubs (ECA) à Genève.

Avec AFP

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