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À Moscou, Jean-Yves Le Drian et Florence Parly plaident la détente

De gauche à droite, les ministres russes Sergueï Lavrov et Sergueï Shoigu derrière les ministres français Florence Parly et Jean-Yves Le Drian, lundi 9 septembre 2019 à Moscou.
De gauche à droite, les ministres russes Sergueï Lavrov et Sergueï Shoigu derrière les ministres français Florence Parly et Jean-Yves Le Drian, lundi 9 septembre 2019 à Moscou. Alexander Nemenov, AFP

Les ministres français des Affaires étrangères et de la Défense ont rencontré lundi leurs homologues russes à Moscou. L’occasion d’appeler à la fin de la "défiance" et de proposer un "nouvel agenda de confiance".

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"Le moment est venu, le moment est propice pour travailler à réduire la défiance" avec la Russie, a lancé lundi 9 septembre à Moscou le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, sur fond d'apaisement des relations prôné par le président français Emmanuel Macron. "Nous sommes venus proposer (...) un nouvel agenda de confiance", a encore déclaré le chef de la diplomatie française.

Jean-Yves Le Drian s'exprimait à l'issue d'une rencontre sous le format "2+2", une première depuis 2012 mais surtout depuis l'annexion de la Crimée en 2014, qui a replongé le monde dans une atmosphère de Guerre froide. Aux côtés de la ministre française de la Défense, Florence Parly, il a retrouvé le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, et le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou.

"Un signal diplomatique fort"

Les relations entre l'Union européenne et la Russie, visée depuis 2014 par de lourdes sanctions occidentales en raison de l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée et de son rôle dans le conflit dans l'est de l'Ukraine, restent à un niveau très bas. Pour réchauffer les relations, Emmanuel Macron a reçu Vladimir Poutine en août, juste avant le G7 de Biarritz, dans la résidence d'été des présidents français du sud de la France. Il plaide pour une normalisation des relations avec Moscou, qu'il dit vouloir ancrer à l'Europe malgré des désaccords sur plusieurs sujets importants.

"Nous n'avons pas toujours la même vision", a relevé lundi Florence Parly, mais "il est important de pouvoir se parler, d'éviter des incompréhensions, des frictions". "La qualité de nos échanges", qui ont notamment porté, selon elle, sur la situation en Ukraine et la crise en Syrie, "me laisse penser que nous sommes peut-être sur la bonne voie".

Vers un sommet de paix pour l'Ukraine

Pour sa part, Sergueï Lavrov a salué dès le début de l'entretien "les initiatives" de la France, assurant qu'un "renforcement de la coopération russo-française sur la scène internationale (...) correspond entièrement à la position du président Poutine et aux intérêts de la Russie".

Ces discussions à Moscou interviennent au lendemain d'un entretien téléphonique entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron, qui ont notamment salué l'échange de 70 prisonniers intervenu samedi entre l'Ukraine et la Russie comme un pas de plus vers la paix. Un échange qualifié de "bon signe" par Sergueï Lavrov, qui a émis l'espoir que "les relations russo-ukrainiennes vont se normaliser".

Dans ce contexte, un sommet de paix au format dit "de Normandie", qui réunit la chancelière allemande Angela Merkel et les chefs d'État français, russe et ukrainien – Volodymyr Zelensky –, afin de trouver une issue au conflit ukrainien, pourrait également être organisé en septembre à Paris, une première depuis trois ans.

"Je constate qu'il y a une fenêtre d'opportunité" pour la paix en Ukraine, a déclaré lundi Jean-Yves Le Drian. "Tout cela crée un état d'esprit, il faut maintenant le renforcer, le fertiliser, et c'est la raison pour laquelle nous pensons qu'une initiative 'Sommet de Normandie' serait opportune dans les semaines qui viennent", a-t-il poursuivi, tout en soulignant qu'il est trop tôt pour évoquer une levée des sanctions économiques imposées à la Russie.

Avec AFP

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