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Google dans la ligne de mire de 50 procureurs aux États-Unis

Les enquêtes sur les pratiques commerciales de Google se multiplient aux États-Unis.
Les enquêtes sur les pratiques commerciales de Google se multiplient aux États-Unis. Toby Melville, Reuters

Les procureurs généraux de tous les États et territoires des États-Unis - à l'exception de la Californie et de l'Alabama-, ont joint leurs efforts, lundi, pour lancer une enquête sur les pratiques commerciales de Google.

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Google dans l'œil du cyclone judiciaire américain. Cinquante procureurs généraux ont lancé, lundi 9 septembre, une enquête sur les éventuelles pratiques antitrust du roi incontesté des moteurs de recherche et de la publicité sur l'Internet.

"Il n'y a rien de mal à ce qu'une entreprise devienne la première dans son secteur, si elle y arrive en respectant les règles de la concurrence libre. Mais nous avons vu des preuves que les pratiques de Google pouvaient avoir réduit le choix, entravé l'innovation et violé le droit à la vie privée des utilisateurs", a affirmé le procureur républicain du Texas, Ken Paxton, à la tête de cette enquête bipartisane de grande ampleur. Seule la Californie (où se trouve le siège de Google) et l'Alabama n'ont pas rejoint cette offensive.

"Je ne me souviens plus de la dernière fois que tous les procureurs se sont ainsi associés", a souligné au site Politico William Kovacic, ancien président de la Federal Trade Commission (FTC, le gendarme américain du commerce). Mais cette alliance exceptionnelle n'est pas la seule mauvaise nouvelle pour Google.

Ken Paxton a précisé que "l'enquête irait où les faits la mèneraient". En d'autres termes, les procureurs se préparent à décortiquer tous les aspects de l'activité du groupe californien sans se cantonner à la publicité, comme cela avait été suggéré par les médias en amont de l'annonce faite lundi. Une approche globale similaire à celle du département américain de la Justice qui, en août 2019, a débuté un "examen détaillé des pratiques commerciales des géants de l'Internet [dont Google, NDLR] pour déterminer si elles abusent de leur position dominante".

Une offensive sur plusieurs fronts qui n'est pas sans rappeler le traitement infligé à Microsoft à la fin des années 1990. Le géant du logiciel avait fini par être reconnu coupable d'avoir constitué un monopole en 1999 à l'issue d'un procès qui est considéré, encore aujourd'hui, comme un cas d'école de lutte contre les abus de positions dominantes. Pour comprendre si Google risque le même sort, il faut se pencher sur les griefs concrets que les procureurs peuvent être amenés à examiner.

- Le moteur de recherche comme outil de domination publicitaire. Avec près de 90 % des parts de marché aux États-Unis, Google.com accapare la quasi-totalité des recherches sur Internet. Le groupe détient aussi la principale plateforme pour acheter et placer des publicités sur son moteur de recherche... et ailleurs. "Cela lui donne un avantage qui peut être considéré comme injuste par rapport aux autres acteurs qui essaient de vendre des espaces publicitaires", explique le Wall Street Journal. Et il en existe une dizaine, comme OpenX, Broadstreet, qui attendront probablement avec impatience les conclusions de l'enquête des procureurs.

- Restreindre la concurrence. Google est souvent accusé d'utiliser sa position dominante afin de créer des obstacles insurmontables pour ses concurrents dans la publicité. Une entreprise qui voudrait faire de la publicité sur YouTube, par exemple, est obligée de passer par la régie pub de Google.
Le géant de l'Internet a beau arguer qu'il existe des alternatives à sa plateforme vidéo, aucune ne jouit de la même popularité. YouTube draine tous les mois deux milliards de visiteurs, ce qui est à des années lumières de Dailymotion, par exemple, qui ne totalise qu'environ 300 millions de visiteurs uniques chaque mois.

- Promouvoir ses propres produits aux dépens des autres. Un tweet de Basecamp, une startup américaine de gestion de projets Web, a résumé cette critique adressée à Google. Posté la semaine dernière, le message explique que Basecamp s'est senti obligé d'acheter des publicités sur Google pour le mot clef "basecamp" parce qu'ils ont constaté que Google plaçait des annonces sponsorisées pour ses propres produits, notamment, tout en haut des résultats d'une recherche où leur site aurait dû naturellement être la première occurrence.

Une étude publiée en 2017 a démontré que cette habitude de Google de mettre en avant ses propres services sur son moteur de recherche avait pour conséquence que moins de 50 % des internautes cliquaient sur un lien autre que vers un produit Google.

Pour Jason Fried, PDG de Basecamp, c'est tout simplement du "racket" puisque ça oblige les petits sites comme lui à payer de la pub pour ne pas être noyé sous les annonces sponsorisées.

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