Accéder au contenu principal

Ingérence russe aux États-Unis : un espion qui accusait Poutine exfiltré de Russie

Image d'illustration.
Image d'illustration. Yuri Kadobnov, AFP

Des médias américains affirment qu'en 2017, la CIA a exfiltré de Russie un haut responsable russe qui travaillait pour les Américains. Il assurait que Vladimir Poutine avait fomenté l'ingérence de Moscou dans la présidentielle américaine en 2016.

Publicité

Les médias américains ont révélé l'affaire cette semaine, mais les faits remontent à 2017. Lundi 10 septembre, CNN et le New York Times ont annoncé qu'un haut reponsable russe, qui travaillait pour les Américains depuis plusieurs décennies, a été exfiltré de Russie. Ce dernier avait assuré que Vladimir Poutine avait personnellement orchestré l'ingérence de Moscou dans la présidentielle américaine de 2016.

Le Kremlin a confirmé mardi avoir employé dans son administration un homme identifié par la presse russe comme un agent de la CIA, exfiltré de Russie il y a deux ans, niant toutefois qu'il était en contact avec Vladimir Poutine.

Pourtant d'après CNN, grâce à son statut, l'agent avait accès au président russe et avait fourni des images de documents photographiés en cachette sur le bureau du président.

Cet informateur, dont le nom n'a pas été dévoilé, s'est révélé être une source d'information capitale pour les services américains, qui ont grâce à lui tiré la conclusion que Vladimir Poutine avait directement orchestré l'ingérence russe en faveur de Donald Trump et au détriment de sa rivale démocrate Hillary Clinton lors de l'election présidentielle de 2016, poursuit le Times.

Selon le quotidien new-yorkais, l'informateur a également directement impliqué Vladimir Poutine dans le piratage du serveur email du Comité national démocrate, qui avait permis de révéler une énorme quantité de messages embarrassants pour le camp Clinton.

Le quotidien russe Kommersant, citant "des sources" non identifiées, a assuré mardi que cette personne serait un employé de l'administration porté disparu au Monténégro avec sa famille en 2017 et que la Russie a un temps cru mort avant d'apprendre qu'il était en vie à l'étranger.

La CIA, la Maison Blanche et le Kremlin démentent

Selon le New York Times, la CIA voulait lui faire quitter la Russie dès fin 2016, mais ce dernier avait refusé en invoquant des problèmes familiaux. Les services secrets américains avaient alors commencé à craindre d'avoir affaire à un agent double, craintes qui se sont révélées infondées plusieurs mois plus tard quand la source a cédé. L'exfiltration a finalement lieu en 2017, alors que la CIA craint que le président américain Donald Trump ou son administration ne trahissent son identité dans l'une de leurs révélations intempestives d'informations classifiées, fait savoir CNN.

La CIA a réfuté cet argument. "Les allégations malencontreuses selon lesquelles la gestion des renseignements les plus sensibles de notre nation par le président - auxquels il a accès absolument chaque jour - aurait provoqué une supposée exfiltration sont inexactes", a déclaré à CNN la directrice des affaires publiques de la CIA, Brittany Bramell.

De son côté, la porte-parole de la Maison Blanche Stephanie Grisham a déclaré à la chaîne de télévision: "Le reportage de CNN n'est pas seulement incorrect, il risque aussi de mettre des vies en danger".

Cet homme a bien "travaillé à l'administration présidentielle mais il a été limogé il y a quelques années", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, sans préciser les raisons du limogeage qui a eu lieu selon lui "en 2016 ou 2017". "Son poste ne faisait pas partie de ceux au plus haut niveau (...) et ne prévoyait aucun contact avec le président" Poutine, a-t-il ajouté, en qualifiant les informations diffusées par les médias américains de "roman à sensation".

L'agent exfiltré était, d'après le Times, la source la plus précieuse de la CIA en Russie, et sa fuite du pays a empêché le renseignement américain de connaître les activités du Kremlin pendant les élections de mi-mandat aux Etats-Unis en 2018, et pendant les préparatifs de la présidentielle de 2020.

Avec AFP

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.