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Au Maroc, le procès de la journaliste jugée pour "avortement illégal" reporté

Des manifestantes dénoncent le sort réservé à Hajar Raissouni, devant le tribunal de Rabat le 9 septembre 2019.
Des manifestantes dénoncent le sort réservé à Hajar Raissouni, devant le tribunal de Rabat le 9 septembre 2019. Youssef Boudlal, Reuters

Le tribunal de Rabat a décidé lundi de renvoyer au 16 septembre le procès de la journaliste marocaine Hajar Raissouni, poursuivie pour "avortement illégal". Sa demande de remise en liberté a par ailleurs été rejetée.

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L'audience tant attendue n'a finalement pas eu lieu. Alors que plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées devant le tribunal de Rabat, lundi 9 septembre, pour apporter leur soutien à la journaliste Hajar Raissouni, 28 ans, la justice marocaine a finalement décidé de reporter son procès pour "avortement illégal". La date est fixée au 16 septembre.

Les avocats de la reporter du quotidien arabophone Akhbar Al-Yaoum ont longuement plaidé pour sa remise en liberté devant une salle comble mais le tribunal a rejeté cette demande, après avoir délibéré pendant plusieurs heures.

Jusqu'à deux ans de prison

Hajar Raissouni, également poursuivie pour "débauche" (sexe hors mariage), risque jusqu'à deux ans de prison. Au Maroc, le code pénal sanctionne l'avortement quand la vie de la mère n'est pas en danger.

Arrêtés et jugés en même temps qu'elle, son fiancé, le médecin traitant, un infirmier et une secrétaire médicale vont eux aussi rester en prison jusqu'à la prochaine audience, selon les avocats de la défense.

L'affaire a suscité ces derniers jours un débat indigné dans les médias et sur les réseaux sociaux, avec des questions sur les libertés individuelles au Maroc, sur le droit des femmes à disposer de leur corps, sur le respect de la vie privée ou sur l'indépendance de la presse, revenant toutes à accuser les autorités de harcèlement.

"Une affaire politique", selon Hajar Raissouni

De son côté, la journaliste, en détention depuis son arrestation le 31 août devant un cabinet médical de Rabat, dénonce une "affaire politique" et assure avoir été soignée pour une hémorragie interne. "On l'a arrêtée, on l'a placée en détention et après on a cherché les preuves d'un possible avortement, le dossier est vide", tranche son avocat, Saad Sahli.

Le parquet de Rabat, lui, assure que cette arrestation "n'a rien à voir avec sa profession de journaliste" mais est intervenue dans le cadre d'une enquête judiciaire plus globale visant le cabinet médical.

Depuis son arrestation, féministes et défenseurs des droits humains avaient appelé à sa libération dans différents messages de soutien. Au Maroc, les arrestations dans les affaires d'avortement concernent en général les praticiens et très rarement les patientes, selon un communiqué de l'organisation Human Rights Watch (HRW), citant Chafik Chraibi, le président de l'Association marocaine contre les avortements clandestins (Amlac).

Plus de 600 avortements clandestins par jour

"La façon sélective d'appliquer les lois dans notre pays (...) montre le refus de l'État marocain de mettre en place un véritable État de droit", a estimé l'homme d'affaires engagé Karim Tazi, présent à la manifestation.

En 2018, la justice marocaine a poursuivi 14 503 personnes pour "débauche", 3 048 pour "adultère", 170 pour "homosexualité" et 73 pour "avortement", selon les chiffres officiels. Entre 600 et 800 avortements clandestins sont pratiqués chaque jour au Maroc, selon des estimations d'associations.

Avec AFP

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