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Vive inquiétude après la promesse de Netanyahu d'annexer un pan de la Cisjordanie

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, exposant son projet d'annexion, près de Tel-Aviv, le 10 septembre 2019.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, exposant son projet d'annexion, près de Tel-Aviv, le 10 septembre 2019. Menahem Kahana, AFP

La promesse de Benjamin Netanyahu d'annexer un pan stratégique de la Cisjordanie occupée s'il remportait les élections législatives a fait réagir la communauté internationale. Elle craint une nouvelle escalade de violences.

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La promesse du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'annexer un pan stratégique de la Cisjordanie occupée, faite mardi 10 septembre pour tenter de séduire son électorat de droite, n'a pas été du goût de tous.

Benjamin Netanyahu a précisé vouloir annexer les colonies juives, qui représentent environ 90 % du territoire de la vallée du Jourdain, mais "pas des villages ou des villes arabes comme Jéricho". La vallée du Jourdain représente environ 30 % de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. Si le chef du Likoud a précisé que ce plan n'affecterait pas "un seul Palestinien", beaucoup y voient là un nouveau recul vers une tentative de paix.

Violation flagrante du droit international

À commencer par les Palestiniens, qui ont perçu dans ce projet une volonté d'anéantir "toute chance de paix". "C'est une violation flagrante du droit international, c'est du vol de terre flagrant, c'est du nettoyage ethnique, a réagi Hanane Achraoui, une cadre de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), selon des propos rapportés par l'Agence France-Presse. Il détruit non seulement la solution à deux États, mais toute chance de paix, ça change la donne."

Du côté du Hamas, même défiance devant l'annonce du chef de file du Likoud : "Netanyahu est à la recherche de votes d'extrême droite en vendant à son public l'illusion qu'il peut occuper les terres palestiniennes pour toujours", a ainsi dit à l'AFP Hazem Qassem, porte-parole du mouvement islamiste palestinien, au pouvoir à Gaza.

"Dangereuse escalade"

L'Arabie saoudite a qualifié de "dangereuse escalade" cette promesse du Premier ministre israélien en cas de réélection lors des élections législatives du 17 septembre.

"Le royaume affirme que cette déclaration est une très dangereuse escalade contre le peuple palestinien et représente une violation flagrante de la charte de l'ONU et des principes du droit international", a rapporté mardi soir l'agence officielle Saudi Press Agency (SPA), citant la cour royale.

Riyad a également demandé une "réunion d'urgence" des ministres des Affaires étrangères des 57 membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), ajoute l'agence SPA.

"Perspective dévastatrice"

L'ONU a mis en garde mardi Israël : "Une telle perspective serait dévastatrice pour la possibilité de relancer les négociations, la paix régionale et l'essence même d'une solution à deux États", Israël et la Palestine, a affirmé le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric. "Toute décision israélienne visant à imposer ses lois, ses juridictions et son administration en Cisjordanie occupée n'aurait aucun effet international légal", a-t-il ajouté. Interrogé sur la réaction du chef des Nations unies, Antonio Guterres, le porte-parole a répondu : "La position du secrétaire général est claire. Les actions unilatérales n'aident pas au processus de paix".

Quant à la Jordanie, gardienne des lieux saints musulmans à Jérusalem-Est, elle a rapidement averti que cette décision "entraînerait toute la région dans la violence".

Les États-Unis, qui ont apporté un soutien indéfectible à Israël depuis l'accession de Donald Trump à la Maison Blanche, doivent présenter le détail de leur plan de paix pour le Moyen-Orient après les élections israéliennes.

Netanyahu, qui fait campagne à droite et courtise l'électorat des colons juifs favorables à l'annexion de la Cisjordanie, est actuellement au coude-à-coude avec son rival, l'ancien chef de l'armée Benny Gantz, à la tête du parti centriste Bleu-blanc. "Nous comprenons de ce que le Premier ministre a dit que (l'annexion) est la carotte du plan de Trump. La question qui demeure est de savoir quel est le bâton ? Que devrons-nous donner ? Que devrons-nous payer ?", a réagi sur la chaîne israélienne Kan, Ayelet Shaked, ancienne ministre à la tête d'une coalition de petits partis de droite pro-colonies.

La survie politique

Selon des analystes, le Premier ministre israélien, qui doit être entendu le mois prochain par la justice dans des affaires de "corruption" et de "malversations", joue sa survie politique dans ces élections.

À quelques jours des dernières législatives d'avril, qui n'avaient pas débouché sur la formation d'un gouvernement - d'où ce nouveau scrutin-, Benjamin Netanyahu avait déjà promis d'annexer des colonies juives en Cisjordanie occupée.

Si la colonisation par Israël de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, elle s'est accélérée ces dernières années sous l'impulsion de Benjamin Netanyahu et de son allié à Washington, Donald Trump. À ce jour, plus de 600 000 Israéliens mènent une coexistence souvent conflictuelle auprès de 3 millions de Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Avec AFP et Reuters

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