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Grève massive à la RATP contre la réforme des retraites, fortes perturbations dans les transports

Une grève massive a touché la RATP le 13 septembre 2019.
Une grève massive a touché la RATP le 13 septembre 2019. Bertrand Guay, AFP

La grève des personnels de la RATP a été très suivie vendredi, obligeant les usagers à s'organiser pour leurs déplacements et ouvrant le bal de la contestation de la réforme des retraites et de la disparition des régimes spéciaux.

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Dix lignes de métro totalement fermées, d'autres partiellement ouvertes, très peu de RER, un tiers des bus seulement en circulation, des tramways au garage... Le trafic RATP a été extrêmement perturbé, vendredi 13 septembre, par une grève d'une ampleur inégalée depuis 12 ans.

Plusieurs syndicats, dont les trois principaux, avaient appelé à faire grève contre la réforme des retraites et pour le maintien de leur régime spécial. Conséquence : aucun métro sur les lignes 2, 3, 3 bis, 5, 6, 7 bis, 10, 11, 12 et 13.

Une telle mobilisation était inédite depuis une précédente réforme des régimes spéciaux en 2007, sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Réunis à l'appel de plusieurs syndicats, dont les trois organisations représentatives Unsa, CGT et CFE-CGC, plusieurs centaines d'agents se sont rassemblés le matin devant le siège de la RATP, où les leaders syndicaux ont salué une "réussite".

"La force de cette mobilisation montre bien que ce régime de retraite est au cœur de notre contrat social (...). À la RATP, c'est un deal entre le nouvel embauché et l'entreprise", a déclaré Thierry Babec de l'Unsa.

Taux de grévistes estimé entre 60 % et 98 %, selon la CFE-CGC

Si un salarié de la RATP entre à un niveau de salaire modeste, il est assuré jusqu'à présent d'une retraite calculée sur les six derniers mois de salaire et d'un âge de départ plus précoce que dans le régime général : ainsi, début 2019, un conducteur pouvait partir à 50 ans et 8 mois et un agent affecté aux travaux à 55 ans et 8 mois.

Le régime spécial de retraite, "c'est du salaire différé" pour compenser "les contraintes et pénibilités" du travail, a lancé Thierry Babec, en plaidant pour "une convergence" des actions "avec tous ceux qui vivent les contraintes du transport, les routiers, les cheminots".

Selon FO, la remise en cause du régime spécial "aurait pour conséquence une baisse de 30 %" des pensions à la RATP.

Fabrice Ruiz de la CFE-CGC a évoqué un "taux de grévistes estimé entre 60 % et 98 % selon les secteurs", non confirmé par la RATP.

Dans un communiqué, les trois syndicats représentatifs réclament au gouvernement "de véritables négociations" et "des garanties concrètes rapidement".

 

Grève des transports : L'analyse de notre correspondant Florent Rodo

De nombreux Franciliens ont anticipé la grève

"Consciente" des difficultés que devaient connaître vendredi ses clients, la RATP avait préparé avec des partenaires des "solutions alternatives de mobilité".

La matinée a été plus calme que l'après-midi. Télétravail, jour de congé ou taxis : beaucoup de Franciliens avaient préféré éviter les bousculades sur les quais, paradoxalement moins bondés qu'à l'accoutumée.

"Beaucoup de collègues se sont arrangés pour ne pas venir. On avait par exemple une réunion aujourd'hui mais elle a été reportée à la semaine prochaine", rapporte Gwenn, 39 ans, contrôleuse de gestion, croisée à la station Bastille.

"Je suis arrivée ce matin vers 7 h 45 sur le quai, étonnée de voir si peu de monde. Mon train est arrivé une minute après et j'avais le choix des places, ce qui est rare en temps normal", a témoigné Bernadette, une francilienne qui prend le RER B tous les jours dans les Hauts-de-Seine pour venir travailler dans le centre de Paris.

En revanche, à la gare du Nord, première d'Europe avec 700 000 voyageurs par jour (hors métro), les RER étaient bondés d'usagers contraints de bricoler un trajet inhabituel.

Avec AFP

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