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Débat démocrate : les "petits" candidats tiennent tête à Biden, Warren et Sanders

Dix candidats démocrates ont débattu jeudi 13 septembre à Houston, au Texas.
Dix candidats démocrates ont débattu jeudi 13 septembre à Houston, au Texas. Robyn Beck, AFP

Dix candidats démocrates se sont affrontés, jeudi soir, à Houston, lors d'un quatrième débat. Joe Biden, Bernie Sanders et Elizabeth Warren, qui font la course en tête, se sont fait voler la vedette par des candidats moins populaires.

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, correspondante à Washington

On attendait de voir briller le trio de tête formé par Joe Biden, Elizabeth Warren et Bernie Sanders. Ce sont les "petits" candidats qui leur ont volé la vedette lors du troisième débat démocrate en vue de la présidentielle américaine de 2020, organisé jeudi 12 septembre à Houston, au Texas.

Pour ce faire, chacun a misé sur une tactique bien particulière. Le maire de San Antonio, Julian Castro, (1 % des intentions de vote selon la moyenne de Real Clear Politics) s’est donné pour mission d’attaquer le favori Joe Biden (26,8 % des intentions de vote). Dans ce qui restera comme le moment fort du débat, alors que les dix candidats sur scène débattaient de l’assurance santé, l’ex-secrétaire au Logement de Barack Obama a répété à l’ex-vice-président de 76 ans : "Avez-vous oublié ce que vous venez de dire il y a deux minutes ?"

Ce n’est pas la première fois que Joe Biden, qui a pris l’habitude d’encaisser, est mis en difficulté sur son âge. Ses interventions encore bafouillantes, jeudi soir, n’ont d’ailleurs pas arrangé son image. À la fin du débat, alors qu’on lui posait une question sur les réparations liées à l’esclavage, il s’est lancé dans une tirade décousue sur l’éducation, l’Amérique latine et le Venezuela. "Ça fait beaucoup", s’est encore moqué Julian Castro. Après le débat, certains internautes - le républicain Mike Huckabee en tête - se demandaient même si le candidat n’avait pas failli perdre son dentier lors de la soirée.

Le tacle de Julian Castro n’a pas pour autant été applaudi par ses collègues. "Voilà ce que les gens détestent à propos de Washington", a déploré le candidat Pete Buttigieg (4,8 % des intentions de vote), qui a lui misé sur son côté force tranquille. Mais le candidat latino ne s’est pas arrêté là et a assumé son rôle de méchant de la soirée. "Lorsqu’on dit quelque chose de positif sur Barack Obama, Joe Biden dit qu’il était là. Mais lorsqu’on évoque un épisode négatif, il affirme qu’il n’était que vice-président", a raillé Julian Castro après une question sur l’immigration.

L'analyse de notre correspondant à Washington Matthieu Mabin

"Vous pouvez retourner regarder Fox News"

Kamala Harris (6,5 % des intentions de vote), qui s’était elle aussi illustrée lors du premier débat par une vive attaque contre Joe Biden, a changé de cible. Cette fois, elle n’avait que Donald Trump à la bouche. Objectif : montrer qu’elle a les épaules pour l’affronter en duel. Elle a commencé par s’adresser directement au président, lui rappelant ses "12 000 mensonges" répertoriés jusqu’ici ainsi que le rapport Mueller. "La seule raison pour laquelle vous n’avez pas été inculpé, c’est à cause d’un mémo du ministère de la Justice qui stipule qu’on ne peut pas inculper un président en exercice", a-t-elle rappelé. Avant de conclure : "Et maintenant, monsieur le président, vous pouvez retourner regarder Fox News." La petite phrase - comme d’autres pendant la soirée - était préparée de longue date mais a fait son effet sur le public.

Beto O’Rourke (2,8 % des intentions de vote), lui, s’est concentré sur le sujet des violences par armes à feu. Alors que sa ville d’El Paso a été meurtrie par une fusillade visant des Latinos dans un supermarché début août, il a accusé la rhétorique de Donald Trump d’être responsable : "Nous avons un suprémaciste blanc à la Maison Blanche." Il s’est aussi montré intransigeant avec ceux qui possèdent des armes de guerre : "Oh que oui, nous allons vous prendre votre AR-15 et votre AK-47 !" L’ex-représentant du Texas avait momentanément mis sa campagne en pause après la tragédie et a passé beaucoup de temps auprès des victimes. Il avait l’air fatigué jeudi soir, mais toujours déterminé. Sur scène, plusieurs de ses collègues ont salué son dévouement.

D’autres candidats s’en sont bien sortis, comme la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar (1,2 % des intentions de vote), qui a joué la carte de la modération, l’énergique sénateur du New Jersey Cory Booker (2,3 %), ou encore l’entrepreneur aux idées fraîches Andrew Yang (3 %). Si bien qu’on a presque oublié Elizabeth Warren et Bernie Sanders. Ce dernier a tenté plusieurs fois d’attaquer Joe Biden pour se démarquer de sa concurrente qui l’a légèrement dépassé dans les derniers sondages. Selon la dernière moyenne de Real Clear Politics, Bernie Sanders est repassé devant avec 17,3 % des intentions de vote contre 16,8 % pour Elizabeth Warren. Mais le sénateur du Vermont de 77 ans, au dos plus courbé et à la voix plus cassée que d’habitude, avait lui aussi l’air éreinté.

La course reste ouverte

Elizabeth Warren n’est pas passée à côté du débat, mais force est de constater que sa performance n’a pas été époustouflante. La sénatrice du Massachusetts, qui fourmille de propositions très à gauche, n’a pas profité de l’occasion pour défier Joe Biden directement. Comme elle en a pris l’habitude, elle s’est focalisée sur le fond des dossiers : "Je sais ce qui est cassé, je sais comment le réparer et je mènerai le combat pour que cela soit fait", a-t-elle promis.

À l’issue de ce troisième débat, la course reste donc ouverte. Joe Biden doit-il s’inquiéter ? Ses deux premières prestations furent mauvaises mais ne l’ont pas empêché de rester en tête. Et son équipe de campagne semble penser que les démocrates sont bien plus modérés que ce que les candidats les plus progressistes avancent. Pour rester dans le trio de tête, Bernie Sanders devra rassurer sur son âge et Elizabeth Warren devra se dépêtrer de son image de "prof" et oser la confrontation. Quant aux autres, ils auront une nouvelle chance de montrer ce dont ils sont capables lors d’un quatrième round le 15 octobre dans l’Ohio.

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