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Washington accuse le pétrolier iranien arraisonné à Gibraltar d’avoir livré du pétrole à la Syrie

Un drapeau iranien flotte à bord du pétrolier Adrian Darya 1, le 18 août 2019.
Un drapeau iranien flotte à bord du pétrolier Adrian Darya 1, le 18 août 2019. Johnny Bugeja, AFP

Washington a accusé jeudi Téhéran d'avoir "menti" aux Européens et à la communauté internationale en livrant à la Syrie le pétrole du navire arraisonné en juillet à Gibraltar et autorisé à repartir à la mi-août.

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Le pétrole de la discorde. Les États-Unis ont accusé, jeudi 12 septembre, l'Iran d'avoir "menti" aux Européens et à la communauté internationale en livrant du pétrole à la Syrie après s'être engagé à ne pas le faire, ce que Téhéran dément.

Cette accusation trouve son origine au large de Gibraltar quand, en juillet dernier, le navire Grace 1 – depuis rebaptisé Adrian Darya 1 – a été arraisonné par les forces britanniques, soupçonné de transporter à son bord du pétrole à destination de la Syrie.

Le navire, d'abord sous pavillon panaméen puis iranien, a été autorisé à repartir à la mi-août, après que le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, a assuré avoir reçu la promesse écrite de l'Iran de ne pas envoyer en Syrie les 2,1 millions de barils de pétrole iranien qu'il transportait. Téhéran a nié avoir pris un tel engagement.

Le pétrolier a ensuite été signalé dans le port syrien de Tartous.

"Le tissu de mensonges du régime iranien"

"Nous venons de voir en direct comment le régime iranien a manqué à sa parole donnée à l'Union européenne selon laquelle le navire n'acheminerait pas son pétrole au régime meurtrier d'al-Assad", a déclaré jeudi la porte-parole de la diplomatie américaine, Morgan Ortagus.

"Le régime iranien a livré le pétrole à la Syrie, et ce carburant va directement dans les réservoirs des soldats qui massacrent des Syriens innocents", a-t-elle ajouté, estimant que l'Iran a "menti à ce sujet à l'UE et a menti à ce sujet à la communauté internationale".

Priée de dire si les États-Unis disposaient d'éléments pour étayer cette accusation, elle a répondu : "Je ne le dirais pas devant les caméras si ce n'était pas le cas." "Cela s'inscrit dans le tissu de mensonges du régime iranien depuis 40 ans", a-t-elle estimé.

Le Royaume-Uni accuse aussi Téhéran

Plus tôt dans la semaine, mardi, le ministère britannique des Affaires étrangères avait déjà accusé l'Iran d'avoir manqué à sa parole en livrant du pétrole en Syrie et avait convoqué l'ambassadeur iranien au Royaume-Uni pour "condamner les actions" de Téhéran.

"L'Iran a de manière répétée donné des assurances (...) que son pétrolier Adrian Darya 1 ne livrerait pas de pétrole à des entités qui font l'objet de sanctions en Syrie", a affirmé le ministère dans un communiqué. "Mais il est maintenant clair que l'Iran a enfreint ces assurances et que du pétrole a été livré à la Syrie et au régime meurtrier d'Assad."

Londres compte aborder cette "violation inacceptable des normes internationales" aux Nations unies "plus tard dans le mois". Pour Dominic Raab, le chef de la diplomatie britannique cité dans le communiqué, le "comportement" de l'Iran "vise à perturber la sécurité régionale".

"Nous attendons maintenant des détails sur la destination finale du pétrole avant de faire d'autres commentaires", a réagi mardi le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo. Mais "si l'Iran n'a pas honoré son engagement écrit" et a donc effectué une "volte-face massive", ce pays "apparaîtra vraiment comme sournois et non fiable" sur la scène internationale, a-t-il prévenu.

L'ambassadeur iranien au Royaume-Uni a dit mercredi que le navire Adrian Darya 1 avait été vendu dans les eaux internationales à une compagnie privée, niant que Téhéran n'avait pas tenu les garanties données aux autorités de Gibraltar. Il a aussi dit que c'est l'acquéreur privé du pétrole qui "décide de la destination".

Avec AFP et Reuters

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