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Mort de Steve Maia Caniço : un rapport pointe un "manque de discernement", un commissaire muté

Un homme traverse à Nantes la place Royale, recouverte d'affiches avec l'inscription "Justice pour Steve", le 6 septembre 2019.
Un homme traverse à Nantes la place Royale, recouverte d'affiches avec l'inscription "Justice pour Steve", le 6 septembre 2019. Sébastien Salom-Gomis, AFP

Après la publication d'un rapport de l'IGA, Christophe Castaner a annoncé vendredi la mutation, pour "manque de discernement", du commissaire en charge des opérations à Nantes le soir où Steve Maia Caniço a disparu dans la Loire.

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Première sanction après la Fête de la musique à Nantes. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé vendredi 13 septembre que le commissaire en charge des opérations le soir de la disparition de Steve Maia Caniço – lors de la Fête de la musique à Nantes le 21 juin – a été muté vers "un emploi sans responsabilité de maintien de l'ordre, dans l'attente des conclusions de l'enquête" judiciaire.

Le ministre a fait cette annonce le jour de la publication du rapport de l’Inspection générale de l’administration (IGA). L’organe, rattaché au ministère de l'Intérieur pour lequel il exerce une mission de "contrôle supérieur" notamment de l'action des préfets, avait été saisi par le gouvernement le 30 juillet afin d’évaluer "les modalités de préparation des concerts de sound systems en vérifiant les dispositions prises en matière de sécurité des participants (...) et de dimensionnement des dispositifs de police et de secours".

Dans une partie de ce rapport, l’IGA, tout en soulignant que l’intervention policière était "légitime", affirme que "la gestion des dispositifs de sécurité et de secours conduit à s’interroger sur la pertinence de certains choix opérés quai Wilson (où Steve Maia Caniço a disparu, NDLR) et à constater un manque de discernement dans la conduite de l’intervention de police".

L’organe rappelle par ailleurs qu’un "événement comparable" était survenu lors de la Fête de la musique 2017 "sans donner lieu à une intervention policière du même ordre". Les forces de l’ordre avaient alors fait le choix d’un repli tactique plutôt que celui d’une intervention contre "les teufers" en juin dernier. Et pendant ces deux soirées, le même chef du dispositif de surveillance générale était à la manœuvre.

Le commissaire n'est cependant pas le seul mis en cause par l’IGA, qui souligne que "ni le préfet ni ses collaborateurs, ni le sous-préfet de permanence n'ont été informés des incidents dans la nuit", pas plus que la ville de Nantes.

"Ce rapport est intéressant, il confirme ce que nous (les associations Freeform et Media'son, qui accompagnent des événements de musique électronique, NDLR) et les 89 personnes qui ont porté plainte disions, à savoir qu’il y a clairement eu des disproportions et dysfonctionnements dans l’intervention de la police", explique Samuel Raymond, directeur de Freeform, contacté par France 24. "Ce problème-là est acté de facto avec la mutation du commissaire en charge des opérations."

Un bornage de téléphone qui contredit la version de l'IGPN

La famille de Steve Maia Caniço va dans le même sens et a eu une "réaction de soulagement" après la sortie du rapport de l’IGA, comme l’a expliqué vendredi son avocate à franceinfo. Me Cécile de Oliveira a aussi ajouté que "cet élément d'une reconnaissance de responsabilité est évidemment important pour la famille de Steve".

Ce rapport était attendu, un peu plus d’un mois après la sortie de la synthèse du rapport – sujette à controverse – de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), fin juillet.

Le Premier ministre, Édouard Philippe, s’était appuyé sur ce travail de la police des polices pour affirmer : "À la lumière des faits connus aujourd’hui, je cite, 'il ne peut être établi de lien entre l’intervention des forces de police et la disparition de Steve Maia Caniço'." L’IGPN, dans sa synthèse, a expliqué cette absence de causalité par le fait que le téléphone de Steve Maia Caniço "(a déclenché) un dernier relais téléphonique à 3 h 16 le 22 juin 2019", heure du dernier SMS envoyé. L’intervention policière quai Wilson aurait, quant à elle, eu lieu aux alentours de 4 h 20.

Une version qui a été battue en brèche par un article du Canard enchaîné publié le 11 septembre. L’hebdomadaire satirique fait le récit des investigations en cours de la police judiciaire, qui a établi que le portable de Steve Maia Caniço "bornait" quai Wilson pendant l’intervention de la police, le dernier bornage ayant eu lieu "à 4 h 33". Des sources proches de l'enquête ont confirmé à l'AFP cette information, renforçant le flou sur les circonstances de la chute du jeune homme dans la Loire.

Vendredi, lors de la publication des conclusions du rapport de l’IGA, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a déclaré à propos de Steve Maia Caniço : "La vérité est que nul ne peut dire à ce stade, avec certitude, comment il est mort. Je n'exclus rien."

Avec AFP

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