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Des restes humains découverts au Paraguay dans une maison de l'ex-dictateur Stroessner

Les Paraguayens commémorent le 30e anniversaire de la fin de la dictature d'Alfredo Stroessner à Asuncion, au Paraguay, le 2 février 2019 (image d'illustration).
Les Paraguayens commémorent le 30e anniversaire de la fin de la dictature d'Alfredo Stroessner à Asuncion, au Paraguay, le 2 février 2019 (image d'illustration). Jorge Adorno, Reuters

Des ossements humains ont été découverts dans une maison appartenant à l'ancien dictateur paraguayen Alfredo Stroessner, mort en 2006 en exil sans avoir été jugé.

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Des crânes, des fémurs et d'autres restes humains... La découverte d'ossements enterrés dans une des maisons du général Alfredo Stroessner a suscité l'émoi au Paraguay. Les autorités tentent de vérifier s'ils pourraient appartenir à des disparus de la plus longue dictature d'Amérique du Sud.

Construite sur une propriété de 30 hectares à Ciudad del Este, à 325 kilomètres à l'est d'Asuncion, à la frontière entre le Paraguay, le Brésil et l'Argentine, la maison date des années 1970. Elle était abandonnée depuis de nombreuses années, jusqu'à l'installation il y a deux semaines de près de 200 familles sans abri. Des squatteurs ont alors découvert trois crânes et des restes humains sous le sol d'une des salles de bain.

"Ils ont trouvé trois crânes, deux fémurs, un humérus et d'autres restes. [Ces ossements] ont tous été conservés, marqués et scellés. Ils ont été envoyés sous protection à Asuncion, à l'unité spécialisée sur les droits humains" de la Commission vérité, justice et réparation, qui dépend du ministère de la Justice, a indiqué à l'AFP son président, Rogelio Goiburu. Certains d'entre eux affirment avoir retrouvé d'autres ossements, mais il s'agit d'animaux, selon Rogelio Goiburu.

Quatre identifications

"Ils ont découvert un tunnel rempli de décombres. Ils nous ont dit qu'il faisait 100 mètres de long et qu'il se terminait par une fosse où il y a d'autres ossements", a affirmé à l'AFP Rafael Esquivel, un porte-parole des occupants.

La découverte des restes humains début septembre a suscité l'émoi dans le pays sud-américain, trente ans après la fin de la dictature (1954-1989) au cours de laquelle plus de 400 personnes ont disparu.

À ce jour, seuls quelques responsables ont été condamnés. Mais les principaux protagonistes du régime n'ont pas été inquiétés. Alfredo Stroessner lui-même, déposé par un coup d'État militaire en 1989 et décédé en 2006 en exil à Brasilia (Brésil), n'a jamais été jugé.

Des quelque 400 disparus pendant la dictature, seuls 40 cadavres ont été retrouvés, dont uniquement quatre ont été identifiés. Avec l'aide de médecins légistes argentins, les quatre corps, découverts il y a quatre ans dans le bâtiment d'un commissariat de police, ont été identifiés par la Commission vérité, justice et réparation.

Parmi eux, deux étaient des militants argentins, Rafael Filipazzi et José Agustin Potenza, arrêtés dans la capitale uruguayenne Montevideo, victimes du Plan Condor, programme destiné à coordonner la répression en Amérique du Sud et soutenu par la CIA.

Abus sur des jeunes femmes

"De nombreuses personnes ne savent pas quelles bêtes nous ont gouverné durant 35 ans", se désole Rogelio Goiburu, un ancien médecin dont le père, Agustin Goiburu, opposant à la dictature, a disparu en 1977, victime du Plan Condor.

Outre les disparitions, le travail de la Commission se penche désormais sur les abus présumés commis par Alfredo Stroesser sur des jeunes femmes. Des accusations de viols émergent peu à peu. "Que Stroessner aimait les femmes, ce n'est pas une légende. Nous avons des femmes qui sont prêtes à témoigner devant la justice. Il apparaît que des jeunes filles ont été violées", assure Rogelio Goiburu, inlassable défenseur du devoir de mémoire.

Avec AFP

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