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Le Zimbabwe a rendu un dernier hommage au "héros" de l'indépendance Robert Mugabe

Des personnes se rassemblent dans le stade national des sports pour rendre hommage à l’ancien président Robert Mugabe, le 13 septembre 2019 à Harare.
Des personnes se rassemblent dans le stade national des sports pour rendre hommage à l’ancien président Robert Mugabe, le 13 septembre 2019 à Harare. Jekesai Njikizana, AFP

Le Zimbabwe a dit adieu samedi à l'ancien président Robert Mugabe, passé du statut de père de l'indépendance à celui de dictateur après un règne autoritaire de trente-sept ans. Plusieurs dirigeants africains ont participé aux obsèques.

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Le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, plusieurs homologues africains et des milliers de fidèles ont salué samedi 14 septembre la mémoire du "héros" et du "chef visionnaire" Robert Mugabe, lors d'obsèques où son héritage plus que controversé a été soigneusement ignoré.

L'ex-président Mugabe s'est éteint le 6 septembre dernier à l'âge de 95 ans dans un hôpital de luxe de Singapour où il venait se faire soigner depuis des années.

Ecarté il y a deux ans par un coup de force de l'armée après trente-sept ans de règne, il a laissé derrière lui un pays meurtri par la répression et ruiné par une crise économique sans fin qui a plongé une large part de sa population dans la misère.

Ce bilan n'a pas été évoqué lors des funérailles nationales offertes à Robert Mugabe samedi à Harare, dans un stade national des sports dont les 60 000 places sont restées aux deux tiers vides.

Devant son cercueil recouvert du drapeau national et sa veuve Grace Mugabe toute de noir vêtue, plusieurs chefs d'État africains sont eux venus longuement chanter les louanges du disparu.

Le Sud-Africain Cyril Ramaphosa a été hué

Le Kényan Uhuru Kenyatta a salué "une icône de la libération africaine". "Une boussole morale", a osé l'ex-président ghanéen Jerry Rawlings. "Un grand combattant", a conclu l'Équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, détenteur du record mondial de longévité des chefs d'État de la planète avec... quarante ans de règne.

Seule fausse note dans ce concert de flatteries, le Sud-Africain Cyril Ramaphosa a été hué par la foule et a dû s'excuser pour les récentes émeutes xénophobes qui ont secoué son pays.

"Patrie en larmes"

Successeur du disparu qu'il a contribué à pousser vers la sortie, Emmerson Mnangagwa n'a pas été en reste.

"Nous honorons la mémoire de notre icône africaine (...), notre patrie est en larmes", a dit le chef de l'État. "Il était la flamme héroïque du nationalisme, du patriotisme et de la liberté."

"Nous continuerons à nous inspirer de sa lumière (...), nous continuerons à écouter sa voix", a-t-il ajouté, avant de demander la levée des sanctions financières "imméritées" imposées à son prédécesseur par l'Occident, grand absent de la cérémonie.

Le ton était le même dans les gradins, garnis de fidèles nostalgiques de l'ère Mugabe.

Les éloges étaient plus rares samedi à l'extérieur du stade, où les Zimbabwéens sont restés accaparés par leur survie quotidienne, entre chômage de masse, inflation à trois chiffres et pénuries de produits de première nécessité.

>> À lire aussi : "De l'Afrique du Sud à la Chine, les timides hommages à Robert Mugabe"

En novembre 2017, l'armée avait poussé Robert Mugabe vers la sortie après sa décision de limoger Emmerson Mnangagwa, alors vice-président, sur l'insistance de son épouse Grace Mugabe. La première dame de l'époque convoitait alors de plus en plus ouvertement la succession de son nonagénaire de mari.

Avec AFP

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