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Présidentielle tunisienne : Kaïs Saïed, un candidat conservateur qui revendique son indépendance

Kaïs Saïed en campagne, le 10 septembre dans les rues de Tunis.
Kaïs Saïed en campagne, le 10 septembre dans les rues de Tunis. AFP

Néophyte en politique, le conservateur antisystème âgé de 61 ans affirme avoir remporté le premier tour de la présidentielle et s'être ainsi qualifié pour le suivant prévu le 13 octobre.

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L'universitaire conservateur Kaïs Saïed, candidat à l'élection présidentielle en Tunisie, a déclaré dimanche 15 septembre que les sondages réalisés à la sortie des urnes le donnaient en tête du premier tour. Aucun résultat officiel n'a encore été diffusé mais des sondages effectués par les instituts tunisiens Sigma Conseil et Emrhod attribuent à Kaïs Saïed 19 % des voix, contre environ 15 % à Nabil Karoui, un homme d'affaires incarcéré depuis le 23 août pour fraude fiscale et blanchiment d'argent.

"Ma victoire porte une grande responsabilité pour transformer la frustration en espoir, c'est une nouvelle étape dans l'histoire de la Tunisie, c'est comme une nouvelle révolution", a dit Kaïs Saïed, professeur de droit, inconnu jusqu'au début de la campagne présidentielle, au micro de Radio Mosaïque.

Nombre d'analystes s'attendaient à voir Kaïs Saïed marginalisé en raison des faibles moyens mobilisés autour de sa candidature. Sa campagne, low-cost, n'a donné lieu à aucun meeting, mais il a sillonné une centaine de villes, serrant les mains sur les marchés ou dans les cafés, avec une placidité à toute épreuve.

"Je suis un candidat indépendant, je ne représente aucun des partis", a-t-il fait valoir sur la radio Shems FM. "Je fais ma campagne par mes propre moyens, et je refuse toute aide".

Un "Robocop" conservateur

Surnommé "Robocop" par certains en raison de sa diction, ce juriste adepte d'un arabe littéraire rigoureux est connu pour ses prise de position conservatrices. "Ce spécialiste de droit constitiutionnel qui parle dans un arabe littéraire tranche avec les autres candidats en lice dans cette présidentielle. Il s’est imposé véritablement comme un candidat antisystème", explique Karim Yahiaoui, envoyé spécial de France 24 en Tunisie. Et ses prises de position, notamment sur l’homosexualité ou la peine de mort, ont suscité d’importants débats au cours de la campagne.

Régulièrement entouré de jeunes, étudiants ou actifs, ce père de trois enfants défend des positions socialement conservatrices. Selon le comparatif de l'Observatoire pour la défense du droit à la différence, qui a classé les candidats selon leurs positions sur les libertés individuelles, il est l'un des plus conservateurs : contre l'abolition de la peine de mort et contre l'abrogation des textes punissant l'homosexualité et les atteintes à la pudeur, texte qui a notamment servi à condamner des couples non mariés s'embrassant dans la rue.

Kaïs Saïed s'est également prononcé clairement contre l'égalité en matière d'héritage, une question délicate car elle touche à un principe dicté par le Coran, selon lequel une femme hérite le plus souvent moitié moins qu'un homme du même degré de parenté.

Lors d'un débat jeudi soir sur la chaîne Elhiwar Ettounsi, le candidat a été confronté à une photo de lui en train de boire un café avec Ridha Belhaj, un ex-cadre du mouvement salafiste interdit Hizb ut-Tahrir. Il a indiqué qu'en tant que candidat, il avait le droit de rencontrer tout le monde. "Est-ce que je dois demander l'autorisation pour rencontrer quelqu'un ? Après tout, je n'ai pas rencontré un hors-la-loi," a-t-il justifié à la radio Shems FM.

Avec AFP

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