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Crise des opiacés : le laboratoire pharmaceutique américain Purdue se déclare en faillite

Le siège de l'entreprise pharmaceutique Purdue, à Stamford dans le Connecticut, le 2 avril 2019.
Le siège de l'entreprise pharmaceutique Purdue, à Stamford dans le Connecticut, le 2 avril 2019. Drew Angerer, AFP

Le groupe pharmaceutique américain Purdue Pharma a annoncé qu'il allait se déclarer en faillite dans le cadre d'un accord à l'amiable, espérant en tirer 10 milliards de dollars pour solder des milliers de plaintes liées à la crise des opiacés.

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Purdue Pharma, fabricant de l'analgésique OxyContin, s'est placé dimanche 15 septembre à New York sous la protection de la loi sur les faillites, cédant à la pression de quelque 2 600 poursuites judiciaires dans lesquelles il est accusé d'avoir contribué à la crise des opiacés qui ravage les États-Unis.

Le conseil d'administration de Purdue Pharma s'est réuni dimanche soir pour approuver le placement sous le "chapitre 11" de la loi sur les faillites, qui permet à l'entreprise de poursuivre sa restructuration dans le cadre d'un projet de règlement global des litiges. Le président de Purdue, Steve Miller, a précisé dans un communiqué que cet accord "fournira des milliards de dollars et des ressources essentielles aux collectivités de tout le pays qui tentent de faire face à la crise des opiacés".

En vertu de cet accord, toutefois assujetti à l'approbation d'un tribunal, la totalité de la valeur du groupe Purdue sera versée à un organisme établi au bénéfice des plaignants et de la population américaine.

Des oppositions à cet accord

Purdue Pharma a trouvé un accord de principe afin de résoudre les litiges avec 24 États et cinq territoires américains, ainsi que les avocats représentant plus de 2 000 villes, comtés et autres plaignants, a annoncé le groupe pharmaceutique. Mais une vingtaine d'États restent opposés ou non engagés dans la proposition de règlement, ouvrant la voie à des batailles juridiques pour déterminer qui est responsable de la crise des opioïdes aux États-Unis, qui aurait fait 400 000 morts entre 1999 et 2017, selon les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies.

Les plaignants dénoncent les pratiques commerciales de Purdue auquel ils reprochent de ne pas avoir mis en garde les médecins et les patients sur les risques liés à une consommation prolongée de ses opiacés.

Les États opposés à ce règlement, dont le Massachusetts, New York et le Connecticut, veulent que la famille Sackler garantisse plus que leur fortune personnelle et ont contesté les calculs de Purdue, évaluant à 10 milliards de dollars l'accord visant à mettre fin aux plaintes.

La famille Sackler, qui céderait le contrôle de Purdue Pharma dans cet accord, a proposé d'injecter 3 milliards de dollars et 1,5 milliard de dollars supplémentaires, voire plus, dans le cadre de la vente éventuelle d'une autre société leur appartenant, Mundipharma, selon le groupe et des personnes proches du dossier. Les Sackler ont refusé de revoir leur offre.

Dans le cadre de l'accord, l'entreprise pourrait également fournir des millions de médicaments nécessaires au traitement de la toxicomanie, tels que le Nalmefene et le Naloxone, gratuitement ou à coût faible.

Très influents au sein du gotha new-yorkais, les Sackler ont bâti leur fortune sur l'OxyContin, ce puissant antidouleur accusé d'être au cœur de la crise des opiacés.

Avec AFP et Reuters

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