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Présidentielle tunisienne : Kais Saïed confirme son avance, la deuxième place indécise

Kais Saïed lors d'une intervention auprès des médias le 15 septembre 2019 à son QG de campagne à Tunis.
Kais Saïed lors d'une intervention auprès des médias le 15 septembre 2019 à son QG de campagne à Tunis. Mohamed Khalil, AFP

L'outsider Kais Saïed, un universitaire sans parti politique, confirme son avance, lundi, au premier tour de la présidentielle tunisienne, selon des résultats partiels officiels. Derrière, l'écart se resserre entre Nabil Karoui et Abdelfattah Mourou.

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Les premiers résultats officiels, publiés lundi 16 septembre, confirment l'avance prise par Kais Saïed après le premier tour du scrutin présidentiel en Tunisie, qui n'a guère mobilisé l'électorat.

Kais Saïed, un constitutionnaliste austère de 61 ans, arrive en tête du premier tour avec 18,7 % des voix, d'après les chiffres de l'instance électorale (Isie) portant sur plus de la moitié des suffrages.

Il devance l'homme d'affaires emprisonné Nabil Karoui (15,5 % des suffrages), devant le candidat du parti d'inspiration islamiste Ennahdha, Abdelfattah Mourou (13,1%).

Selon les résultats partiels donnés par l'Isie, le ministre de la Défense Abdelkarim Zbidi arrive en 4e position avec 9,6 % des voix et le Premier ministre Youssef Chahed 5e avec 7,4 % des suffrages. Une défaite cuisante pour les candidats de la famille libérale "centriste" issus du parti de l'ancien président Béji Caïd Essebsi, décédé en juillet.

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Vers une possible situation inédite

Si ces résultats du scrutin de dimanche se confirment, Kais Saïed et Nabil Karoui, actuellement incarcéré pour fraude fiscale, se retrouveront face à face au second tour le 13 octobre.

Fin connaisseur de la Constitution, Kais Saïed s'est fait connaître comme commentateur politique et cultive une image de "M. Propre" incorruptible et au-dessus de la mêlée. Surnommé "Robocop" en raison de son attitude et sa diction rigides, il a multiplié les déplacements de terrain pour sa première campagne électorale.

Nabil Karoui, lui, est issu de l'establishment tunisien, mais il a vu son image d'"antisystème" renforcée après son incarcération, fin août, dans le cadre d'une enquête pour blanchiment et fraude fiscale. Cet homme d'affaires de 56 ans a bâti sa popularité ces dernières années en organisant des opérations caritatives dans les régions défavorisées du pays, et il a derrière lui la puissance d'une chaîne privée, Nessma, dont il est le fondateur.

Si sa présence pour le 2e tour est confirmée et qu'il reste en prison, la Tunisie va se retrouver dans une situation quasiment sans précédent dans le monde. "La loi électorale a prévu plusieurs cas comme la maladie ou la mort d'un candidat, mais pas la prison. Tant que la justice ne s'est pas prononcée sur le cas de Karoui, rien ne changera lors de ce second tour vis-à-vis de ce candidat", a souligné le responsable de l'Isie, Adil Brinsi.

Mais "s'il est condamné entre le premier et le second tour, il faudra effectivement se passer de lui, et organiser un second tour avec le candidat arrivé en 3e position", a-t-il ajouté.

Sept millions d'électeurs étaient appelés dimanche à départager 26 candidats pour le premier tour de ce scrutin, qui s'est déroulé sur fond de grave crise économique et sociale, et dans un contexte de rejet des élites politiques traditionnelles.

La participation a été d'environ 45 % selon des chiffres encore provisoires de l'Isie, un taux faible en regard des 64 % enregistrés lors du premier tour de la présidentielle de 2014.

Avec AFP et Reuters

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