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Dans la presse

Deux "antisystème" qualifiés pour le second tour en Tunisie : "Quelque chose a forcément foiré"

France 24

A la Une de la presse, lundi 16 septembre, les estimations des instituts de sondage tunisiens, qui donnent deux candidats dits "antisystème" en tête de la présidentielle. L’annonce de la date de la présidentielle en Algérie. Le pétrole saoudien pris pour cible. Et l’incroyable "Hulk" Johnson.

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A la Une de la presse, les estimations à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle d’hier, en Tunisie. Les résultats officiels ne seront annoncés demain.

A l’issue du scrutin, les instituts de sondage donnent Kaïs Saïed et Nabil Karoui en tête - deux candidats dont la qualification pour le second tour, si elle est confirmée, serait l’équivalent d’un «tremblement de terre» politique, selon Al Chourouk. Le journal tunisien voit dans l’arrivée en tête de Kaïs Saïed, un universitaire conservateur et de l’homme d’affaires Nabil Karoui, actuellement incarcéré pour «fraude fiscale» et «blanchiment d’argent» présumés le résultat de la désaffection des Tunisiens envers les partis politiques traditionnels, au pouvoir depuis la révolution de 2011. Business News évoque le «désintérêt» - et même «le dégoût» des Tunisiens qui auraient produit ce face à face Saïed/Karoui, qui donnerait «des sueurs froides» à ceux «ayant encore foi en la démocratie»: «Conservatisme contre populisme: le choix ne sera pas simple et ne se fera pas sans larmes et sans douleur», prévient déjà le site tunisien, qui cite aussi le taux de participation assez faible de ce premier tour, autour de 45%, soit 20 points de moins, que lors de la présidentielle de 2014. Huit ans après la révolution, le site a le vague à l’âme. «Alors que le pays construit – doucement mais sûrement – les bases d’une démocratie solide et pérenne, les citoyens ne trouvent pas de meilleur choix que de se réfugier dans le conservatisme ou le populisme». «Quelque chose a forcément foiré».Tunisie Numérique, un autre site tunisien, se veut optimiste. Le site rappelle que cette présidentielle tunisienne reste malgré tout «une exception, et un exemple de démocratie dans le monde arabe», tant par «la multitude des candidatures», 26 au total, que par «le respect du droit de tout citoyen à se porter candidat», ou encore «le nombre de débats télévisés». Tunisie Numérique évoque un exercice démocratique «dans toute sa splendeur», dans un monde arabe «où l’on connait, généralement d’avance, l’identité du nouveau président et les puissances occultes, souvent étrangères, derrière son intronisation».

Et c’est un fait, cette élection est suivie de près par les voisins de la Tunisie, à commencer par l’Algérie, où le pouvoir a annoncé hier la date de la présidentielle. D’après El Moudjahid, le président par intérim Abdelkader Bensalah a fixé cette date au 12 décembre prochain, conformément à la volonté du chef d’état-major de l’armée, le général Gaïd Salah, qui veut que la présidentielle ait lieu avant la fin de l’année: «un objectif stratégique», selon le journal officiel – qui explique que cette décision permet d’éviter «un vide constitutionnel préjudiciable», et d’élire un président de la République «légitime». Mais ces arguments ne convainquent pas le quotidien d’opposition El Watan, qui regrette de voir «le pouvoir (aller) jusqu’au bout de sa logique», «malgré l’opposition du mouvement populaire», qui voit dans surtout dans la tenue rapide de l’élection un moyen pour le « ystème» de se maintenir au pouvoir. Les manifestants continuent de demander le départ de Gaïd Salah et d’Abdelkader Bensalah, qu’on voit dans le dessin de Hic, leur proposant, puis les suppliant, en vain, de se rendre aux urnes. Un dessin trouvé sur Twitter.

A la Une également ce matin, les attaques de drones perpétrées samedi contre des installations pétrolières en Arabie saoudite. Des attaques revendiquées par les rebelles houthis du Yémen voisin. Selon le quotidien émirati The National, ces attaques entraînent une réduction de la moitié de la production saoudienne, ce qui provoque des inquiétudes mondiales sur une possible hausse des prix du brut. Des inquiétudes que la compagnie pétrolière saoudienne, Aramco, tente de calmer en tentant de remettre en route ses installations le plus vite possible. «L’Arabie saoudite frappée en son cœur économique», annonce L’Orient Le Jour. D’après le journal libanais, «dans un contexte de fortes tensions entre les Etats-Unis et l’Iran, qui soutient les houthis, ces frappes pourraient provoquer une nouvelle escalade et réduire les chances d’une prochaine rencontre entre le président américain Donald Trump et son homologue iranien Hassan Rohani». Alors que le site panarabe Middle East Eye affirme que ces frappes ont été lancées depuis le territoire irakien, en représailles à des attaques saoudiennes de drones contre des milices chiites irakiennes, soutenues par Téhéran, The Iran Daily réfute ces accusations et cite la réaction du porte-parole du ministre des Affaires étrangères, qui les a qualifiées d’«incompréhensibles et (d’)insensées», Téhéran laissant entendre que ces accusations ont en réalité pour but de justifier «des actions futures» contre l'Iran.

Pas question de se quitter sans évoquer la dernière déclaration de Boris Johnson. Le Premier ministre britannique a assuré ce week-end que d’«énormes progrès» avaient été faits ces derniers jours pour aboutir à un accord sur le Brexit, avant de comparer son pays au super-héros Hulk: «Plus Hulk se met en colère, plus Hulk devient fort et il s’échappe toujours, même s’il avait l’air bien ligoté, et c’est le cas de ce pay». Ben Johnson pensait-il en réalité à lui-même? C’est ce qu’ont compris les dessinateurs de presse britanniques, comme en témoigne le dessin de Ben Jennings pour The Guardian, qui le montre en Hulk, «le boudeur», soulevant Westminster sous l’œil impassible des négociateurs européens. Dessin de Morland, pour The Times, où on le voit tenter de réparer le Royaume-Uni à la manière de Hulk. Ce n’est pas d’une précision chirurgicale… Pas sûr que sa méthode suffise à ranimer le patient anglais.

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