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L’armée algérienne veut empêcher l'accès d'Alger aux manifestants d’autres régions

Les forces de sécurité algériennes forment une barrière devant les protestataires à Alger, le 17 septembre 2019.
Les forces de sécurité algériennes forment une barrière devant les protestataires à Alger, le 17 septembre 2019. Ryad Kramdi, AFP

Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée et homme fort de l'Algérie, a indiqué mercredi avoir ordonné à la gendarmerie d'empêcher les manifestants d'autres régions du pays d'accéder à la capitale Alger.

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L'armée durcit le ton en Algérie. Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major, a indiqué mercredi 18 septembre qu’il empêcherait désormais les manifestants des autres régions de se joindre aux cortèges de la capitale Alger.

Sa déclaration intervient trois jours après l'annonce de la tenue d'une élection présidentielle le 12 décembre.

"J'ai donné des instructions à la gendarmerie nationale" pour empêcher la venue de manifestants "d'autres wilayas" (préfectures) à Alger, a annoncé le chef de l'armée. À cette fin, il a appelé à "l'application rigoureuse des réglementations en vigueur, y compris l'interpellation" et la saisie "des véhicules et des autocars utilisés", ainsi que la délivrance d'"amendes à leurs propriétaires".

"Dangereux comportement" et "slogans tendancieux"

Dans ce discours prononcé à Tamanrasset, dans l'extrême sud du pays, le général Gaïd Salah a motivé sa démarche par l'existence de "certaines parties (...) aux intentions malveillantes, (qui) font de la liberté de déplacement un prétexte pour justifier leur dangereux comportement", lequel "consiste à créer tous les facteurs qui perturbent la quiétude des citoyens".

Ces "parties", non identifiées, drainent "chaque semaine des citoyens (...) vers la capitale afin d'amplifier les flux humains dans les places publiques, avec des slogans tendancieux qui n'ont rien d'innocent", a argué Ahmed Gaïd Salah.

"Leur véritable objectif est d'induire l'opinion publique nationale en erreur avec ces moyens trompeurs pour s'autoproclamer fallacieusement comme les porte-voix du peuple", a tonné le chef de l’armée algérienne.

22 manifestants en détention provisoire

L’interdiction de rejoindre la capitale constitue un tour de vis supplémentaire du pouvoir dans son face-à-face avec les manifestants. Depuis plusieurs semaines, la police procède à des arrestations avant le début de la grande manifestation du vendredi à Alger.

Selon le coordinateur du Comité national pour la libération des détenus (CNLD), 22 manifestants, qui avaient été interpellés vendredi dernier, ont été placés dimanche en détention provisoire.

Lundi, Samir Benlarbi, autre figure du mouvement de contestation, a été placé en détention préventive. Celle-ci intervient après celles de l'opposant Karim Tabbou, écroué le 12 septembre, et de l'ancien vétéran de la guerre d'indépendance Lakhdar Bouregaâ, incarcéré depuis le 30 juin. Tous deux sont poursuivis pour "atteinte au moral de l'armée".

Avec AFP

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