Accéder au contenu principal

Crise au Monde: Pigasse accepte le "droit d'agrément" réclamé par la rédaction

Publicité

Paris (AFP)

Après des mois de blocage, une possible sortie de crise se dessine au Monde : Matthieu Pigasse a annoncé jeudi avoir accepté d'octroyer au Pôle d'indépendance du quotidien un "droit d'agrément" en cas de changement d'actionnaire, en échange de garanties sur le plan financier.

L'autre investisseur clé du journal, Xavier Niel, a annoncé pour sa part qu'il soutenait désormais la création d'une fondation pour "sanctuariser" l'indépendance du quotidien.

LNEI, la société regroupant les activités de M. Pigasse dans les médias et la culture, a annoncé dans un communiqué la signature d'un accord avec le Pôle d'indépendance (qui représente les salariés, journalistes et lecteurs du Monde) dans lequel M. Pigasse lui concède un "droit d'agrément".

"Ce droit permet au Pôle d'indépendance de refuser l'agrément d'un nouvel actionnaire contrôlant du Groupe Le Monde, moyennant l'obligation de racheter sa participation dans des conditions financières encadrées et objectives", a expliqué LNEI.

Depuis un an et la cession de 49% des parts de Matthieu Pigasse au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, le Pôle d'indépendance réclamait l'instauration d'un tel droit aux coactionnaires du journal. Si Xavier Niel (qui avait recapitalisé le Monde en 2010, aux côtés de Matthieu Pigasse et de Pierre Bergé, décédé en 2017) avait déjà donné son accord, les discussions avec M. Pigasse butaient jusqu'ici sur les conséquences financières de ce dispositif.

Le banquier d'affaires craignait en effet que le "droit d'agrément" se retourne contre lui, en l'obligeant à céder ses parts dans le Monde à vil prix si l'acquéreur initial était rejeté par le Pôle d'indépendance. Mais le Pôle lui a proposé d'instaurer un "prix plancher", qui empêcherait, en cas d'exercice du droit d'agrément, qu'il soit financièrement perdant.

- "Soulagement" de Niel -

En outre, LNEI a fait un geste en direction du Pôle d'indépendance et de Xavier Niel au sujet de son projet de rachat des parts du groupe espagnol Prisa dans le quotidien. Un projet qui avait été accueilli comme une "agression" par M. Niel et qui suscitait beaucoup d'inquiétude au sein du journal car, sans changer les pouvoirs de M. Pigasse en tant qu'actionnaire, il romprait l'équilibre qui prévalait jusqu'ici avec M. Niel.

Matthieu Pigasse propose désormais à Xavier Niel de racheter à parts égales la participation de Prisa, ce qui maintiendrait un "strict équilibre" dans l'actionnariat du Monde. Il dit ainsi démontrer "sa bonne foi et sa volonté de conforter la pleine indépendance éditoriale du Groupe".

Dans l'immédiat, ni le Pôle d'indépendance ni la direction du journal n'ont commenté ces annonces, alors que des assemblées générales étaient prévues jeudi au sein des rédactions du quotidien et de ses filiales pour faire le point sur les discussions avec M. Pigasse.

De son côté, Xavier Niel a accueilli avec "soulagement" les annonces de son coactionnaire, tout en posant à son tour des conditions avant de graver dans le marbre le "droit d'agrément".

Le trublion des télécoms se dit prêt à participer au rachat des parts de Prisa, mais seulement si M. Pigasse s'engage, comme lui-même, à apporter les titres ainsi acquis au Pôle d'indépendance du Monde. Dans ce cas, estime M. Niel, l'instauration du "droit d'agrément" pourra être définitivement scellé.

Et en outre, M. Niel a annoncé qu'il proposerait lors d'un conseil de surveillance début octobre de travailler à la création d'une fondation permettant de "sanctuariser" l'indépendance du journal, et à laquelle serait apporté "100% du capital" du groupe.

Ce bras de fer autour du Monde a été déclenché par l'entrée surprise à son capital du milliardaire tchèque Daniel Krestinsky, devenu son actionnaire indirect il y a un an grâce au rachat de 49% des parts de M. Pigasse.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.