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Perquisition à La France insoumise : trois mois de prison avec sursis requis contre Jean-Luc Mélenchon

Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, quittant le tribunal de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, le 20 septembre 2019.
Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, quittant le tribunal de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, le 20 septembre 2019. Martin Bureau, AFP

Le parquet a requis, vendredi, trois mois de prison avec sursis contre Jean-Luc Mélenchon pour les incidents durant la perquisition d'octobre 2018 au siège de La France insoumise. Les juges du tribunal de Bobigny rendront leur décision le 9 décembre.

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Au second jour du procès de Jean-Luc Mélenchon et de cinq de ses proches, le parquet a requis, vendredi 20 septembre, trois mois de prison avec sursis contre le leader de La France insoumise (LFI), à la suite de la perquisition mouvementée au siège du mouvement en octobre 2018.

Le parquet a estimé devant le tribunal de Bobigny que Jean-Luc Mélenchon avait mené "un acte de résistance violente avec usage de la force". Poursuivi pour "actes d'intimidation envers un magistrat et un dépositaire de l'autorité publique, rébellion et provocation", le leader LFI – qui martèle être victime d'un "procès politique" – encourt jusqu'à dix ans de prison, une amende de 150 000 euros et cinq ans d'inéligibilité.

Le ministère public a aussi demandé 8 000 euros d'amende contre Jean-Luc Mélenchon, les députés Alexis Corbière et Bastien Lachaud et l'eurodéputé Manuel Bompard, 10 000 euros contre le président de l'association "L'Ère du peuple", Bernard Pignerol, et 2 000 euros contre l'attachée de presse du mouvement.

Le jugement a été mis en délibéré au 9 décembre.

"La loi a prévu dix ans. De dix ans, on passe à trois mois avec sursis... Tout ce souk pour ça !", s'est exclamé Jean-Luc Mélenchon devant la presse, après avoir salué les dizaines de militants qui attendaient dans le hall pour le soutenir. "J'estime que sur le plan moral notre victoire est totale […]. Il faut que tout se termine par une relaxe et qu'on passe à autre chose", a-t-il ajouté.

"De grâce, arrêtez votre cirque !"

Pour justifier ses réquisitions, le parquet a souligné le rôle décisif du leader LFI dans l'escalade des tensions ayant mené à l'interruption de la perquisition, scène dont les images filmées par des journalistes ont été largement reprises dans les médias.

"La rébellion monte d'un cran dans l'escalier lorsque Jean-Luc Mélenchon arrive", a estimé la procureure, Juliette Gest, égrenant plusieurs phrases du leader insoumis : "Allez, enfoncez-moi cette porte", "Rentrez, on en a rien à foutre de ce qu'ils disent", ou encore "Allez, vas-y, essaie de me pousser pour voir".

"Il lève le doigt menaçant, son visage a touché le sien [du procureur, NDLR], dit : 'Ne me donnez pas d'ordre ou de consigne', puis il le pousse : la rébellion est constituée", a déclaré Juliette Gest. Selon elle, il s'agit "sans conteste d'un acte de résistance violente, avec usage de la force".

Plus tôt dans la matinée, Me Eric Dupond-Moretti, avocat de policiers constitués parties civiles, s'est exclamé dans sa plaidoirie : "De grâce, arrêtez votre cirque !" Il a par ailleurs dénoncé l'argumentaire des six prévenus Insoumis qui dénoncent un "procès politique" : "On n'est pas au Venezuela ici. On est en France et quand on outrage un policier, on est condamné".

Avec AFP

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