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La course contre la montre de Thomas Cook pour éviter la faillite

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Londres (AFP)

Le voyagiste britannique en difficulté Thomas Cook a engagé une course contre la montre afin de trouver rapidement des financements supplémentaires pour boucler sa restructuration et éviter une retentissante faillite... Et un rapatriement massif de touristes.

Le groupe a été contraint de reconnaître vendredi dans un bref communiqué avoir besoin de 200 millions de livres de plus après de récentes informations de presse alarmistes sur son état de santé et évoquant le risque d'un dépôt de bilan ce week-end.

L'addition pour éviter à ce spécialiste des voyages clé en main de sombrer grimpe désormais à plus de 1 milliard de livres (1,13 milliard d'euros).

Thomas Cook tente en effet de mettre la dernière main à son plan de restructuration après avoir trouvé un accord pour céder le contrôle de son activité de tour-opérateur et une partie de sa compagnie aérienne au chinois Fosun.

"Les discussions sur les termes définitifs de la recapitalisation et la réorganisation du groupe se poursuivent avec de nombreux acteurs, dont son premier actionnaire Fosun", ainsi que ses banques et ses créanciers, indique Thomas Cook.

Mais le voyagiste prévient que ces négociations "comprennent une récente demande pour une ligne de crédit saisonnière de 200 millions de livres".

Ce montant s'ajoute aux 900 millions de livres qui doivent être injectés dans le groupe à l'occasion de sa restructuration.

- Rapatriement monstre ? -

Si le groupe ne parvient pas à obtenir les fonds supplémentaires, il risque de faire rapidement faillite, ce qui pourrait laisser en plan 150.000 touristes britanniques avec des coûts de rapatriement de 600 millions de livres pour les autorités, selon la BBC. Thomas Cook emploie en outre 22.000 personnes dans le monde dont 9.000 au Royaume-Uni.

Ce serait l'opération de rapatriement la plus spectaculaire pour le Royaume-Uni depuis la faillite de la compagnie aérienne Monarch en octobre 2017 lors de laquelle le gouvernement avait organisé en catastrophe le retour de 110.000 passagers.

Le syndicat de pilotes britanniques Balpa a quant à lui pointé du doigt la responsabilité des banques RBS et LLoyds qui ont selon lui exigé le financement supplémentaire de 200 millions de livres.

"Il est consternant que ces banques qui ont été sauvées par le contribuable (pendant la crise de 2008, ndlr) ne montrent aucune fidélité envers une grande entreprise britannique, Thomas Cook, quand elle a besoin d'aide", a déclaré son secrétaire général Brian Strutton.

Interrogé sur la situation précaire du groupe, la banque RBS, via un porte-parole, a indiqué "continuer à travailler avec toutes les parties pour tenter de trouver une solution concernant le financement et le besoin de liquidité de Thomas Cook".

Le ministère britannique des Transports a quant lui refusé "de spéculer sur la situation financière d'une entreprise".

- La Bourse déprimée -

Thomas Cook espère pourvoir mener à bien son plan de restructuration qui prévoit que Fosun, jusqu'à présent principal actionnaire du voyagiste britannique avec 17% du capital et propriétaire du Club Med, lui verse 450 millions de livres d'argent frais, ce qui doit lui permettre d'acquérir 75% de l'activité centrale de tour-opérateur, ainsi que 25% de sa compagnie aérienne.

Les créanciers de Thomas Cook, notamment ses banques, s'engagent à apporter par ailleurs 450 millions de livres et à convertir leur dette afin d'acheter 75% de la compagnie aérienne et 25% de l'activité de tour-opérateur.

Thomas Cook, dont la dette nette s'élevait à quelque 1,2 milliard de livres, espère boucler l'opération début octobre mais doit encore obtenir une série de feux verts, notamment des autorités de régulation.

Le groupe a rappelé vendredi que les actionnaires actuels pourraient encaisser de grosses pertes une fois la recapitalisation réalisée, au risque même de perdre leur mise.

Cette perspective, ainsi que le risque de faillite, faisait s'effondrer un peu plus le cours de Bourse de Thomas Cook qui dégringolait de 22,89% à 3,45 pence vers 10H00 GMT à la Bourse de Londres.

Le voyagiste né il y a 178 ans connaît des difficultés financières persistantes à cause de la concurrence d'autres voyagistes et d'un environnement économique incertain, notamment au Royaume-Uni où les incertitudes du Brexit entretiennent la prudence des touristes.

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