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Présidentielle tunisienne : le parti Ennahda soutiendra Kaïs Saïed au second tour

Le candidat à la présidence tunisienne et professeur de droit, Kaïs Saïed, lors d'une conférence de presse, le 16 septembre 2019 à Tunis.
Le candidat à la présidence tunisienne et professeur de droit, Kaïs Saïed, lors d'une conférence de presse, le 16 septembre 2019 à Tunis. Anis Mili, AFP

Les islamistes d'Ennahda ont annoncé, vendredi, qu'ils soutiendront Kaïs Saïed au deuxième tour de l'élection présidentielle, alimentant les chances de cet ancien professeur de droit de l'emporter organiser le 6 ou le 13 octobre prochain.

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Le parti d'inspiration islamiste Ennahda, dont le candidat ne s'est pas qualifié au premier tour de la présidentielle en Tunisie, a annoncé officiellement, vendredi 20 septembre, son appui à l'universitaire Kaïs Saïed, arrivé en tête.

Ce nouveau rebond dans la campagne d'une présidentielle pleine de surprises, intervient au lendemain du décès du président Zine el-Abidine Ben Ali, chassé par la rue le 14 janvier 2011, et décédé jeudi en exil, à Jeddah en Arabie saoudite. Ennahda, parti réprimé sous Ben Ali, dont de nombreux membres ont été emprisonnés, n'a pas réagi publiquement à cette disparition.

En revanche, le parti, qui ne s'était pas positionné lors de la présidentielle en 2014, a exprimé clairement son soutien en faveur de Kaïs Saïed. "Ennahda a choisi de soutenir le choix du peuple", a déclaré à l'AFP son porte-parole, Imed Khemiri.

Kaïs Saïed en tête avec 18,4 % des voix

Kaïs Saïed, un néophyte en politique et universitaire perçu comme conservateur sur les questions sociétales, a créé la surprise en arrivant en tête du premier tour de la présidentielle dimanche avec 18,4 % des voix. Il sera opposé au second tour au publicitaire Nabil Karoui, soupçonné de blanchiment et incarcéré. Ce dernier avait engrangé 15,6 % des voix.

>> À lire aussi : Kaïs Saïed, un candidat conservateur qui revendique son indépendance

Le candidat d'Ennahda, Abdelfattah Mourou, le premier à briguer la magistrature suprême sous l'étiquette de ce parti, avait recueilli 12,9 %, poursuivant l'érosion constatée depuis 2011.

"C'est l'orientation générale du parti. Toutes ses institutions sont pour le soutien de Kaïs Saïed", a ajouté Imed Khemiri précisant que son parti soutient "la défense de la souveraineté de l'État, le renforcement de la démocratie et la lutte contre la corruption". Pour le politologue Slaheddine Jourchi, la formation islamiste "ne pouvait pas soutenir Nabil Karoui car elle est déjà accusée par sa base d'avoir traité avec le système au détriment de ses principes".

Soutien de Moncef Marzouki

Ennahda a gouverné en coalition avec le parti Nidaa Tounes, dont est issu Nabil Karoui, qui avait gagné les élections en 2014 sur un programme anti-islamiste. Ce choix a apaisé des clivages déstabilisant le paysage politique dans le pays pionnier des Printemps arabe, au prix d'importantes concessions.

La décision de soutenir Kaïs Saïed, qui a fait campagne en critiquant le système politique en place, est une tentative d'Ennahda pour reconquérir ses bases, estime encore le politologue. Il table sur un transfert d'une bonne partie des voix d'Ennahda, estimant que ce soutien devrait lui rapporter plus que cela ne pourrait lui coûter en image, parmi un électorat très divers. Kaïs Saïed a déjà obtenu le soutien d'autres candidats du premier tour, dont Moncef Marzouki, ancien président de la République.

Un homme "intègre"

Parmi eux, le politicien conservateur Lotfi Mraihi, qui avait récolté 6,6 % des voix, ainsi que l'avocat Seifeddine Makhlouf (4,4 %), connu pour avoir assuré la défense de jihadistes, ou encore le militant des droits de l'Homme, Mohamed Abbou (3,63 %). Ils l'ont qualifié d'homme "honnête" ou "intègre", après une campagne low cost avec l'appui de nombreux jeunes bénévoles.

Du côté de Nabil Karoui, peu de soutiens se sont encore officiellement manifestés. Plusieurs recours ont été déposés concernant le scrutin de dimanche, repoussant le second tour de la présidentielle soit au 6 octobre, date des législatives, soit au 13 octobre.

Avec AFP

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