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Coupe du monde de rugby : les Bleus à la chasse aux Pumas

Romain Ntamack sera titulaire à l'ouverture, samedi 21 septembre, face aux Pumas.
Romain Ntamack sera titulaire à l'ouverture, samedi 21 septembre, face aux Pumas. AFP / Franck Fife

Les rugbymen tricolores disputeront, samedi, leur premier match face à une équipe d'Argentine qu'ils connaissent bien et dont ils se méfient énormément. Car les Pumas savent se transcender face aux Français.

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Les chants et les watts de la sono argentine résonnent encore 12 ans après dans la tête des rugbymen français. Le 19 octobre 2007, les Pumas avaient fêté avec fracas la médaille de bronze décrochée lors de la Coupe du monde organisée en France, avec une nette victoire sur les Bleus (34-10) au Parc des Princes. Ce jour-là, les Argentins, qui avaient déjà battu les Français lors du premier match de poule, avaient bruyamment exprimé leur joie dans la zone mixte réservée aux médias. Les joueurs français n'avaient guère apprécié leur exhubérance. Et la tension était aussi palpable que sur le terrain lors du match.

Les deux équipes ont  eu l'occasion de s'affronter 11 fois depuis cette compétition, avec 6 victoires pour la France et 5 pour l'Argentine. Un bilan équilibré qui ne traduit pas la montée en puissance des Pumas au cours des dernières années. Lors de la Coupe du monde 2015, les Sud-Américains ont en effet réussi à accéder aux demi-finales, tombant face à l'Australie (15-29), tandis que les Bleus étaient balayés dès les quarts de finale (13-62) par les Néo-Zélandais, futurs champions du monde. Les Argentins se sont lancés depuis dans un nouveau cycle de préparation destiné à les amener encore plus haut.

Après avoir cherché en vain à se rapprocher des nations europééennes dans lesquelles évoluaient ses éléments les plus brillants, l'Argentine a finalement opté pour un modèle de développement tourné vers l'hémisphère Sud. En plus du Rugby Championship qu'elle a commencé à disputé en 2012 contre l'Afrique du Sud, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, elle possède également depuis 2016 une équipe dans le Super Rugby, le championnat qui rassemble les meilleures provinces de ces mêmes nations sudistes. Du coup, les meilleurs joueurs du pays, salariés par la fédération argentine, évoluent lors du premier semestre de l'année avec les Jaguares avant de poursuivre leur saison sous le maillot des Pumas.

Cette nouvelle organisation permet à l'Argentine de disputer beaucoup plus de matches internationaux et de ne plus courir après ses joueurs disséminés dans les meilleurs clubs européens. À eux de choisir entre une carrière avec les Jaguares et les Pumas ou bien une expérience plus rémunératrice sur le Vieux Continent. La deuxième option l'a majoritaireent emporté : lors de la Coupe du monde 2015, environ 80 % des joueurs argentins évoluaient en Europe. Quatre ans plus tard, la proportion s'est complètement inversée. Seules quelques exceptions ont été faites pour des joueurs indispensables, à l'instar des deux ouvreurs Nicolas Sanchez et Benjamin Urdapilleta qui jouent respectivement au Stade français de Paris et au Castres Olympique : ils porteront le maillot des Pumas au Japon.

Les Pumas sur une série de 9 défaites

Lors de leur premier match de Coupe du monde, les Bleus croiseront donc un peu moins de têtes connues dans les rangs adverses. Et les retrouvailles devraient donc être un peu moins bouillantes. "À mon époque, on affrontait les Bleus tous les week-end sur les terrains du championnat de France. On savait qu'on pouvait rivaliser et on avait moins de complexes. On savait que l'on pouvait les battre", confie à France 24 Rimas Alvarez Kairelis, qui a porté 44 fois le maillot argentin et a notamment disputé les Coupes du monde 2003 et 2007.

Aujourd'hui, dans l'encadrement du club de Perpignan (USAP) où il a joué pendant 10 ans, il ne sait  pas si la même envie de battre les Bleus habite des joueurs plus habitués à affronter des équipes de l'autre hémisphère. Mais il ne doute pas de la détermination des Pumas qui ont besoin de gagner pour lancer leur Coupe du monde, dans une poule de qualification très relevée qui comprend également la redoutable Angleterre, les États-Unis et les Tongas. "J'espère que les Argentins vont battre la France. Ce qui me fait un peu peur, c'est qu'ils ont fait de très bons matches ces derniers mois mais qu'ils ont souvent perdu", ajoute cet ancien deuxième-ligne, champion de France avec les Catalans en 2009.

De fait, la dernière victoire des Pumas remonte à un an, avec un exploit signé en Australie. Depuis, l'Argentine a perdu 9 fois : 6 fois contre des équipes de l'hémisphère sud et 3 fois en Europe lors de la tournée organisée en novembre dernier. Les Pumas avaient alors été nettement battus par les Bleus à Lille (13-28) qui se réjouissaient de dominer leur futur adversaire en Coupe du monde. Une bouffée de confiance bienvenue pour des tricolores mal en point sur la scène internationale depuis plusieurs saisons. Pour les deux équipes qui s'affronteront samedi 21 septembre à Tokyo, la victoire est donc indispensable. Car en plus de permettre d'envisager plus sereinement une qualification pour les quarts de finale, elle marquera une nouvelle étape dans les relations ovales franco-argentines. Elle peut permettre aux Pumas de montrer qu'ils évoluent désormais dans une autre dimension et aux Bleus de prouver qu'ils font toujours partie des meilleures nations mondiales.

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