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Yémen : les rebelles houthis se disent prêts à faire la paix avec l'Arabie saoudite

De jeunes recrues des Houthis lors d'un rassemblement dans la capitale yéménite Sanaa, le 3 janvier 2017.
De jeunes recrues des Houthis lors d'un rassemblement dans la capitale yéménite Sanaa, le 3 janvier 2017. Mohammed Huwais, AFP (archives)

La rébellion yéménite des Houthis s'engage à cesser les attaques de drones et de missiles contre l'Arabie saoudite si la coalition militaire dirigée par Riyad au Yémen fait de même.

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C'est une annonce pour le moins inattendue formulée par les rebelles houthis du Yémen, à l'occasion des cinq ans de la prise de la capitale Sanaa. Contre toute attente, ils ont déclaré, vendredi 20 septembre, être prêts à faire la paix en arrêtant les attaques contre l'Arabie saoudite, au moment où leur allié iranien fait face à d'énormes pressions pour son implication présumée dans la destruction d'infrastructures pétrolières saoudiennes.

Dans un discours, le président du Conseil politique des Houthis, Mehdi Machat, a indiqué que ceux-ci envisageaient "l'arrêt de toutes les attaques contre le territoire de l'Arabie saoudite", en espérant que "ce geste aura pour réponse un geste plus fort" de la part des Saoudiens.

Il s'agit, selon Mehdi Machat dont les propos sont été rapportés par la télévisiondes rebelles Al-Massirah, d'une initiative "pour parvenir à la paix par le biais de négociations sérieuses en vue d'achever une réconciliation nationale globale qui n'exclut personne". Elle engage les rebelles à "cesser toutes les attaques contre le territoire saoudien par des drones, des missiles balistiques et d'autres moyens".

"Poursuivre la guerre n'est dans l'intérêt de personne"

Les Houthis ont revendiqué haut et fort les attaques du 14 septembre contre les installations pétrolières dans l'est de l'Arabie saoudite, qui ont eu pour conséquence de diviser par deux la production de pétrole du royaume, premier exportateur mondial, et de provoquer une flambée des prix. Au delà, cela a ravivé les craintes d'un affrontement militaire entre les États-Unis et l'Iran, accusé par Washington d'être responsable de ces attaques.

L'annonce yéménite est en totale contradiction avec la posture prise jusqu'ici par les Houthis, qui étaient dans une position de défiance et qui ont menacé ces derniers jours de lancer de nouvelles attaques contre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

"Nous attendons de cette initiative une meilleure réponse qui comporte l'arrêt de toutes les attaques et tous les raids aériens de nos territoires" par la coalition militaire dirigée par Riyad, a ajouté le dirigeant rebelle.

"Poursuivre la guerre n'est dans l'intérêt de personne", a-t-il affirmé, en demandant la réouverture de l'aéroport international de Sanaa et l'accès libre au port stratégique d'Hodeïda, dans l'ouest du Yémen, essentiel pour l'acheminement de l'aide humanitaire et les importations.

La coalition est intervenue pour soutenir le gouvernement yéménite en 2015 lorsque le président Abedrabbo Mansour Hadi s'est enfui en exil en Arabie saoudite, alors que les rebelles s'approchaient de son dernier réduit, Aden, la deuxième ville du Yémen.

De fortes tensions après l'attaque contre l'Arabie Saoudite

Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts, des civils pour la plupart, et plongé ce pays dans la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU.

Les attaques revendiquées par les rebelles houthis ont provoqué il y a une semaine des incendies sur deux sites dans l'est du royaume saoudien : l'usine d'Abqaïq, la plus grande au monde pour le traitement de pétrole, et le champ pétrolier de Khurais. Elles ont entraîné une chute de moitié de la production saoudienne, soit environ 6 % de l'approvisionnement mondial.

L'attaque a été qualifiée d'"acte de guerre" par le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, qui a été envoyé par le président Donald Trump dans la région pour sonder les dirigeants saoudiens et émiratis sur une possible riposte à l'Iran.

Le chef du Pentagone, Mark Esper, a annoncé vendredi l'envoi de renforts dans la région du Golfe à la demande de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. "En réponse aux demandes des royaumes, le président a approuvé le déploiement de forces américaines, qui seront défensives par nature, et principalement axées sur les forces aériennes et la défense antimissile", a-t-il précisé.

Avec AFP et Reuters

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