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Greta Thunberg à l'ONU : "Vous avez volé mes rêves et mon enfance !"

Greta Thunberg s'est exprimée au siège de l'ONU le 23 septembre 2019.
Greta Thunberg s'est exprimée au siège de l'ONU le 23 septembre 2019. Timothy A. Clary, AFP

Invitée au sommet sur le climat qui s’est ouvert lundi à l’ONU, la jeune Suédoise Greta Thunberg a fustigé l’inaction des dirigeants de la planète. Son appel n'a pas suscité l'impulsion recherchée chez les chefs d'État.

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Dans un discours très engagé à l'ONU, la Suédoise Greta Thunberg a réprimandé les dirigeants de la planète pour leur inaction contre le changement climatique, au début d'un sommet sur le climat qui s'est ouvert lundi 23 septembre à New York.

"Je ne devrais pas être là, je devrais être à l'école, de l'autre côté de l'océan", a lancé l'adolescente, la voix tremblante mais forte, lisant un texte depuis sa chaise. "Comment osez-vous ? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses".

"Je fais pourtant partie de ceux qui ont de la chance. Les gens souffrent, ils meurent. Des écosystèmes entiers s'effondrent, nous sommes au début d'une extinction de masse, et tout ce dont vous parlez, c'est d'argent, et des contes de fées de croissance économique éternelle ? Comment osez-vous !"

"Nous ne vous pardonnerons jamais"

Ce court discours est l'un des plus percutants que l'adolescente de 16 ans ait prononcés depuis son arrivée aux États-Unis fin août. Elle a, comme auparavant, répété les faits scientifiques confirmant le réchauffement accéléré de la planète, puis s'en est pris aux chefs d'États et de gouvernements présents au même sommet, auquel le secrétaire général de l'ONU l'avait invitée.

"Vous nous avez laissés tomber. Mais les jeunes commencent à comprendre votre trahison", a dit Greta Thunberg. "Si vous décidez de nous laisser tomber, je vous le dis : nous ne vous pardonnerons jamais. Nous ne vous laisserons pas vous en sortir comme ça". "Le monde se réveille et le changement arrive, que cela vous plaise ou non. Merci", a-t-elle conclu, très applaudie dans la grande salle de l'Assemblée générale.

Peu d'écho chez les dirigeants

La jeune fille a ensuite laissé sa place à une soixantaine de dirigeants censés annoncer de nouveaux engagements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. C'était du moins ce qu'avait promis Antonio Guterres. En réalité, beaucoup se sont contentés de résumer les actions déjà engagées, dont on sait qu'elles sont insuffisantes, au lieu d'annonces comme la fin du charbon ou un calendrier accéléré pour passer à 100 % d'électricité propre.

Certes, 66 États souscrivent désormais au principe d'une neutralité carbone d'ici 2050, a annoncé l'ONU. Mais il s'agit surtout de petits pays et de pays en développement, et ces engagements restent en majorité des déclarations de principe.

Ni le Brésil, qui contient une majorité de l'Amazonie, gigantesque puits de carbone naturel, ni les États-Unis, deuxième émetteur mondial, n'ont participé, si ce n'est une brève apparition de Donald Trump, venu s'asseoir une dizaine de minutes à la surprise générale. Ni la Chine, ni l'Inde, champions de l'éolien et du solaire mais qui continuent de dévorer du charbon, n'ont pris de nouveaux engagements.

Sans nommer Greta Thunberg, Emmanuel Macron a salué la mobilisation des jeunes, affirmant qu'aucun responsable ne pouvait "rester sourd à cette exigence de justice entre les générations". Mais il a déclenché des critiques en France après avoir dit, pendant son voyage, que les jeunes devaient plutôt manifester contre les pays qui ne "bougent" pas... citant la Pologne, accusée de bloquer le consensus européen pour l'adoption de la neutralité carbone à l'horizon 2050.

Offensive juridique

Seize jeunes, dont Greta Thunberg, ont par ailleurs annoncé une nouvelle offensive, sur le terrain juridique cette fois, en dénonçant l'inaction des dirigeants comme une atteinte à la convention de l'ONU sur les droits de l'enfant.

Bien que les leaders du monde aient signé cette convention il y a 30 ans, par laquelle ils s'engagent à protéger la santé et les droits des enfants, "ils n'ont pas tenu leurs engagements", a déclaré l'égérie suédoise du climat, en marge du sommet sur le climat de l'ONU.

La quasi-totalité des pays, à l'exceptoin des États-Unis, ont ratifié cette convention censée protéger la santé et les droits des enfants, et pourtant, "chacun de nous a vu ses droits violés et reniés. Nos avenirs sont en train d'être détruits", a ajouté Alexandria Villasenor, parfois surnommée la Greta Thunberg américaine.

Pratiquement, cette plainte inédite déposée par des jeunes âgés de 8 à 17 ans et venus de 12 pays, avec l'aide du cabinet international d'avocats Hausfeld et la bénédiction de l'Unicef, vise cinq pays pollueurs : la France, l'Allemagne, l'Argentine, le Brésil et la Turquie.

Avec AFP

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